La Suisse va faire découvrir à la troisième ville des États-Unis les joies du train électrique à batterie avec 8 rames FLIRT

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Chicago vient de commander huit trains de banlieue à batterie au constructeur suisse Stadler. 

Le 5 octobre 2026, au salon des transports publics américains APTA EXPO de Chicago, Stadler et l’opérateur de trains de banlieue Metra présenteront le premier FLIRT électrique à batterie conçu pour les États-Unis.

Huit rames sont commandées pour rouler dès 2028 sur une ligne de la banlieue sud de Chicago. Derrière cet événement se cache un rattrapage : l’Amérique, championne du diesel ferroviaire, découvre enfin le train à batterie et c’est la Suisse qui va lui faire découvrir !

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Chicago va acquérir huit électriques auprès du constructeur suisse Stadler

Le FLIRT de Metra est un train électrique classique, à ceci près qu’il emporte ses propres batteries au lieu de puiser le courant dans une caténaire au-dessus des voies. Sur les portions sans fil électrique (ce qui est la norme aux États-Unis), il roule sur ses accumulateurs, sans rejeter le moindre gaz d’échappement. Quand il passe sous une caténaire ou s’arrête en gare, il recharge.

Concrètement, ces rames stockent leur énergie dans des batteries au lithium-titanate, une variante robuste et à charge rapide du lithium-ion, qui leur donnent entre 70 et 105 kilomètres d’autonomie sans fil. Pour se recharger, elles se branchent sur les prises électriques 480 volts déjà présentes dans les dépôts et les terminaux, utilisent des bornes dédiées, et récupèrent aussi de l’énergie au freinage.

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Plus de fumée, moins de bruit, et surtout, aucun besoin de dérouler des kilomètres de caténaires coûteuses !

FLIRT ( Fast Light Innovative Regional Train ) - crédit : Stadler
FLIRT ( Fast Light Innovative Regional Train ) – crédit : Stadler
Caractéristique FLIRT à batterie de Metra
Constructeur Stadler (Suisse), assemblage à Salt Lake City (États-Unis)
Plateforme FLIRT (Fast Light Innovative Regional Train)
Type Automotrice électrique à batterie
Composition 2 voitures et un module de batteries
Places 112 par rame
Batteries Lithium-titanate (charge rapide)
Autonomie sur batterie 70 à 105 km (45 à 65 miles)
Recharge Prises 480 V des dépôts, bornes dédiées, freinage régénératif
Ligne desservie Rock Island, Beverly Branch (26 km, Chicago-Blue Island)
Flotte commandée 8 rames, avec une option pour 8 de plus
Mise en service 2028

Un contrat largement financé par l’argent public

Metra n’a pas signé ce chèque toute seule. La commande de base, passée début 2024, porte sur huit rames pour 154 millions de dollars (131 millions d’euros), formation des équipes et pièces détachées comprises. S’y ajoute une option pouvant grimper jusqu’à 181 millions de dollars pour huit rames supplémentaires et des voitures d’appoint.

Surtout, l’opération repose en grande partie sur une subvention fédérale de 169 millions de dollars (144 millions d’euros), tirée d’un programme américain de lutte contre la pollution de l’air, complétée par des fonds de l’État de l’Illinois.

Autrement dit, c’est en bonne partie de l’argent public, fléché vers la qualité de l’air, qui finance le remplacement du diesel par la batterie. Un signal, dans un pays où l’écologie ferroviaire n’a jamais été une priorité.

L’Amérique, cancre de l’électrification ferroviaire

Les États-Unis sont, de très loin, la lanterne rouge des grands pays sur le rail propre. Moins de 1 % de leur réseau ferroviaire est électrifié, contre près de 60 % dans l’Union européenne, 75 % en Chine et pratiquement 100 % en Suisse ou en Inde !

Hors du corridor Nord-Est reliant Washington à Boston, la quasi-totalité des trains américains, voyageurs comme marchandises, roule au gasoil, et 99 % des locomotives de fret sont des diesels.

Pourquoi un tel retard ? Une affaire d’histoire et d’argent. Aux États-Unis, les voies appartiennent à des compagnies privées, peu enclines à financer les investissements colossaux qu’exige l’électrification. Tendre des caténaires sur les 225 000 kilomètres du réseau coûterait, selon les estimations, près de 980 milliards de dollars. Face à un tel mur, la batterie ressemble à une porte dérobée : elle permet de faire rouler des trains propres sur les lignes existantes, sans toucher aux rails ni planter un seul poteau. Pour une agence comme Metra, c’est le moyen de commencer à verdir sa flotte sans attendre une hypothétique électrification qui ne viendra sans doute jamais.

La France détient depuis 54 ans un record de vitesse grâce à cet ancêtre de notre TGV moderne qui a malheureusement connu une triste fin : le TGV 001

Après Chicago, la vague va-t-elle déferler ?

Huit rames, c’est bien mais cela reste une goutte d’eau à l’échelle d’un pays-continent, et il ne faut pas confondre zéro émission locale et zéro émission tout court. Ces trains ne crachent rien là où ils roulent, mais l’électricité qui les recharge sort d’un réseau américain encore largement alimenté au charbon et au gaz. Le bénéfice climatique dépendra donc du verdissement du courant, un autre chantier.

Reste que Chicago sert de tête de pont. D’autres agences américaines, de la Californie au Texas, lorgnent déjà la batterie pour décarboner leurs lignes de banlieue sans se ruiner en caténaires, et Stadler, qui assemble ses trains dans son usine de l’Utah, est idéalement placé pour en profiter. Ce qui se joue sur la petite Beverly Branch dépasse donc de loin la banlieue de Chicago : c’est un test grandeur nature pour toute une nation ferroviaire restée à l’âge du diesel.

Si ces rames tiennent leurs promesses, la vague de la batterie, qui a déjà gagné l’Allemagne, la Nouvelle-Zélande et bientôt la France, pourrait enfin atteindre les rives de l’Amérique.

Sources principales :

  • Railway-News — Stadler and Metra to Present Battery-Electric FLIRT Train at APTA EXPO 2026 (28 septembre 2026)
    https://railway-news.com/stadler-and-metra-to-present-battery-electric-flirt-train-at-apta-expo-2026/
    Présentation du train, technologie batterie, recharge et calendrier de mise en service.
  • Railway Supply — Metra to show first battery train meant for its Beverly Branch on Oct. 5 (septembre 2026)
    https://www.railway.supply/metra-to-show-first-battery-train-meant-for-its-beverly-branch-on-oct-5
    Montant du contrat (154 millions de dollars), options, subvention fédérale, autonomie et capacité.
  • Stadler — FLIRT Akku, le train à batterie
    https://www.stadlerrail.com/fr/flirt-akku/
    Déploiement européen du FLIRT à batterie et mise en service en Allemagne depuis 2023.

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
Très curieux et tourné vers l'économie, la science et les nouvelles technologies, (particulièrement ce qui touche à l'énergie et les entreprises françaises) je vous propose de de découvrir les dernières actualités autour de cette passion

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