Airbus invente l’interopérabilité temps réel entre hélicoptères et drones

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Airbus Helicopters vient de dévoiler HTeaming, un système modulaire destiné à permettre la coordination en vol entre hélicoptères habités et drones aériens. Présenté juste avant l’ouverture du Salon du Bourget 2025, ce système marque une avancée décisive dans la mutualisation des plateformes aéroportées.

Contrairement à une simple interconnexion, il s’agit ici d’un pilotage en temps réel d’UAS (Uncrewed Aerial Systems) par l’équipage d’un hélicoptère, sans recours à une infrastructure au sol.

Une architecture modulaire pensée pour l’adaptabilité

Le premier bloc de HTeaming se compose d’une interface homme-machine sur tablette, d’un logiciel de pilotage UAS, d’un modem, et de quatre antennes à fixer sur l’hélicoptère. L’objectif : confier au pilote ou copilote la gestion d’un drone sans surcharge cognitive.

La configuration peut être utilisée en solution autonome ou intégrée au système de mission de l’hélicoptère. C’est cette version autonome qui sera exposée à Paris.

Cette modularité permet à Airbus de concevoir des versions évolutives. Chaque composant est conçu pour être remplacé, amélioré ou ajouté sans reconfigurer l’ensemble. Une logique « plug-and-play » adaptée aux réalités du terrain militaire et civil.

Une compatibilité multi-plateformes assumée

HTeaming n’est pas limité à un tandem drone-hélicoptère figé. Selon Victor Gerin Roze, responsable UAS chez Airbus Helicopters, la solution est agnostique : elle peut équiper n’importe quel type d’hélicoptère et piloter différents types d’UAS, quelle que soit leur architecture logicielle initiale.

Le système a été testé en vol avec succès en mai 2025, lors d’une campagne menée avec un H135 de la Marine espagnole et un drone Flexrotor d’Airbus. Des essais similaires avec d’autres configurations sont déjà planifiés dans les mois à venir.

Une logique opérationnelle basée sur la complémentarité des vecteurs

Airbus défend une vision dans laquelle le drone ne remplace pas l’équipage, mais l’augmente. Cette approche s’inscrit dans une tendance structurelle des opérations combinées : les aéronefs inhabités sont utilisés comme capteurs avancés ou plateformes d’intervention à distance.

En doublant les capacités de perception et d’action d’un hélicoptère, un drone augmente l’efficacité d’une mission sans exposer davantage l’équipage. Surveillance, désignation de cibles, relais de communication ou cartographie instantanée sont autant de cas d’usage envisagés.

Une intégration progressive dans la gamme Airbus

Airbus travaille sur le concept de “crewed-uncrewed teaming” depuis plusieurs années. Des vols tests ont été menés avec les modèles H135, H145 et H130, intégrant progressivement des niveaux croissants d’interopérabilité avec des UAS variés.

HTeaming est donc l’aboutissement de ces expérimentations. Le lancement de la version autonome constitue la première étape d’un déploiement progressif vers des solutions embarquées natives sur les futurs modèles de la gamme Airbus Helicopters.

Une mise à disposition prévue dès 2026

Airbus annonce que HTeaming sera proposé aux opérateurs dès 2026. Les clients institutionnels ou civils pourront alors adapter leurs flottes sans reconception structurelle, en intégrant un module logiciel et quelques équipements physiques.

Cette stratégie vise à démocratiser l’usage du drone tactique au sein des missions héliportées, en le rendant accessible au plus grand nombre d’opérateurs, quel que soit leur budget ou leur doctrine d’emploi.

HTeaming s’inscrit dans un changement de paradigme : celui d’une aviation décentralisée, distribuée, où la valeur opérationnelle réside non plus uniquement dans la puissance d’un vecteur unique, mais dans l’efficacité collective d’un essaim coordonné.

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Eric GARLETTI
Eric GARLETTIhttps://www.eric-garletti.fr/
Je suis curieux, défenseur de l'environnement et assez geek au quotidien. De formation scientifique, j'ai complété ma formation par un master en marketing digital qui me permet d'aborder de très nombreux sujets. Depuis 2025 Ambassadeur du Spatial pour le CNES

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