Le numéro 1 de l’énergie française s’associent au numéro 1 de la recherche internet mondiale.
Aux États-Unis, dans l’Ohio, une immense centrale solaire baptisée « Montpelier » s’apprête à envoyer ses premiers électrons sur le réseau. Leur but sera de nourrir pendant 15 ans les centres de données (data centers chez nos amis anglo-saxons) de Google installés dans l’État (dont le coût est estimé à 2,3 milliards de dollars soit 2 milliards d’euros).
TotalEnergies et Google viennent en effet de signer un contrat de vente d’électricité renouvelable (PPA) portant sur 1,5 TWh d’énergie certifiée. C’est l’équivalent de la consommation annuelle d’une ville de plus de 300 000 habitants.
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Google et TotalEnergies s’allient pour alimenter l’internet mondial en énergie décarbonée
Les équipes de Google, comme de nombreuses entreprises du secteur numérique, ont entrepris depuis quelques années de verdir l’électricité là où leurs infrastructures consomment, en s’appuyant sur des acteurs proches.
D’où cet accord ciblé sur l’Ohio, où la centrale Montpelier est connectée au réseau PJM, le plus vaste des États-Unis.
Will Conkling, directeur de l’énergie propre chez Google, le résume ainsi :
« Renforcer le réseau en déployant une énergie plus fiable et propre est essentiel pour soutenir l’infrastructure numérique dont dépendent les entreprises et les particuliers »
Les centres de données représentaient près de 3 % de la demande électrique mondiale en 2024. Si l’on veut que l’internet continue de fonctionner sans accroître les émissions, il faut trouver des contrats de ce type, capables de garantir à la fois disponibilité et faible empreinte carbone.
TotalEnergies, qui a fait de l’électricité bas carbone un pilier central de sa stratégie, se positionne ici comme un fournisseur clé pour les géants du numérique.
Une réponse calibrée aux besoins titanesques des géants du cloud
Google qui accélère ses activités dans l’intelligence artificielle, multiplie les capacités de stockage et renforce ses services cloud. Tout cela demande une énergie continue et contrôlable.
De son côté, TotalEnergies veut démontrer sa capacité à fournir une électricité compétitive, décarbonée et disponible sur le long terme.
Stéphane Michel, Président Gas, Renewables & Power du groupe, explique que cet accord illustre la force d’un « portefeuille intégré d’actifs renouvelables et flexibles ».
Solaire, batteries, éolien, cycles combinés gaz, tout est organisé pour garantir de l’électricité même quand le soleil baisse.
Dans un pays où le réseau électrique est morcelé en grands marchés régionaux, les projets capables d’offrir une puissance stable sur le PJM, l’un des plus exigeants, sont très recherchés.
Le développement massif de TotalEnergies sur le sol américain
TotalEnergies déploie aux États-Unis un portefeuille de 10 GW, un volume équivalent à dix centrales nucléaires françaises de génération II en puissance installée, mais réparti entre :
- des projets solaires terrestres,
- des fermes éoliennes,
- et des solutions de stockage par batteries.
Sur le réseau PJM, le groupe dispose déjà de 1 GW, et 4 GW supplémentaires sont en développement au Texas via le marché ERCOT.
L’accord avec Google vient donc s’ajouter à une liste déjà bien fournie de partenariats énergétiques : Data4, STMicroelectronics, Saint-Gobain, Air Liquide, Amazon, Merck, Microsoft, Orange ou encore LyondellBasell.
Ces contrats à long terme permettent de stabiliser les revenus des développeurs d’énergie, tout en aidant les grands acteurs industriels ou numériques à atteindre leurs objectifs climatiques.
La montée en puissance des PPA : une transformation silencieuse du système électrique
Les PPA (Power Purchase Agreement ou Contrat d’achat d’électricité chez nous), encore inconnus du grand public il y a dix ans, deviennent aujourd’hui un outil structurant du monde énergétique.
Ils garantissent un prix fixe sur une longue période, offrent une visibilité financière et encouragent la construction de nouvelles capacités renouvelables.
Pour Google, c’est une manière de sécuriser un volume d’électricité gigantesque sans dépendre des fluctuations du marché. Pour TotalEnergies, c’est un moyen d’assurer la rentabilité de projets renouvelables qui demandent plusieurs centaines de millions d’euros d’investissement sur vingt ans.
À la différence d’un simple achat d’électricité, un PPA engage les deux parties dans une logique industrielle : on construit une centrale pour un besoin précis, on la relie aux bons nœuds du réseau, et on garantit la fourniture dans la durée.
Et les autres GAFAM ?
Les data centers de Google ne sont pas les seuls à sécuriser leur avenir énergétique avec des contrats de long terme. Tous les autres géants du numérique ont engagé des volumes impressionnants. Amazon domine largement le secteur avec plus de 33 GW d’énergie renouvelable contractualisés dans le monde, dont 8,8 GW rien qu’en une année à travers 74 accords signés aux États-Unis et en Europe.
Microsoft suit une trajectoire tout aussi massive : l’entreprise a conclu un PPA géant portant sur 10,5 GW de solaire et d’éolien, considéré comme l’un des plus grands accords privés jamais signés dans le domaine de l’électricité renouvelable. Meta, de son côté, alimente déjà ses infrastructures américaines grâce à plusieurs parcs solaires cumulant plus de 6 GW, tandis qu’Apple sécurise des projets photovoltaïques et de stockage totalisant environ 2 GW, dédiés au fonctionnement continu de ses plateformes. Tout cela pèse lourd : en 2024, l’ensemble des acteurs du cloud et des réseaux sociaux a signé plus de 17 GW de nouveaux PPA rien qu’aux États-Unis.
Ces chiffres donnent une idée simple : les entreprises qui construisent l’internet mondial sont en train de devenir l’un des moteurs principaux du développement des énergies renouvelables.
Une alliance emblématique pour l’avenir du numérique bas carbone
Ce partenariat entre Google et TotalEnergies raconte quelque chose d’essentiel : la transformation de l’internet mondial dépend désormais de la transformation du système énergétique.
Les data centers, autrefois considérés comme de simples équipements techniques, sont devenus des éléments centraux de l’économie. Pour limiter leur impact, il faut leur fournir une énergie propre, locale, continue et prévisible.
L’accord de 1,5 TWh sur 15 ans marque une étape dans cette direction.
Il illustre comment une entreprise technologique et un énergéticien peuvent aligner leurs trajectoires pour créer une infrastructure numérique plus propre, tout en soutenant la croissance économique locale dans l’Ohio.
Au-delà de cette opération, il montre aussi la montée en puissance du français qui, à travers le monde, cherche à devenir l’un des piliers de l’électricité renouvelable industrielle.
Source : Communiqué de presse de TotalEnergies
Image de mise en avant : Éoliennes près du centre de données de Google à Eemshaven, aux Pays-Bas.





S’ils comptent sur l’EPR c’est mal barré. ..
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