Personne ne le sait mais la France et la Chine sont partenaires depuis 58 ans dans le domaine des transports publics de pointe

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Quand la France et la Chine réinventent le métro en toute discrétion.

La ville chinoise de Wuhu abrite l’un des laboratoires les plus actifs de la planète en matière de transport urbain du futur. C’est là que des ingénieurs chinois et français conçoivent ensemble les métros plus légers, plus économes et assistés d’IA de demain.

Le 24 novembre dernier, 19 monorails tout neufs sont sortis des chaînes de CRRC Puzhen Alstom Transportation Systems (PATS), la coentreprise sino-française. Destination : São Paulo, la capitale économique du Brésil. Pour ses 20 millions d’habitants, c’est une excellente nouvelle.

Pour le reste du monde aussi. Parce qu’on assiste là à un changement de paradigme dans la façon de penser les transports publics.

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Une coentreprise née d’un héritage commun

À l’origine, il y avait CRRC Nanjing Puzhen, un acteur historique du ferroviaire chinois, implanté à Nankin depuis les années 1960. Cette entreprise a notamment équipé la ligne 3 du métro de Shanghai ainsi que le métro de Nankin, en partenariat direct avec Alstom. Ce n’était pas juste un accord technique, c’était déjà un premier signe de confiance mutuelle, entre deux mondes industriels très différents.

En 2014, cette collaboration s’est intensifiée avec la création officielle de PATS : une coentreprise installée à Wuhu et dont il est question dans cet article. Son objectif était « on ne peut plus » clair : concevoir et produire des solutions de transport urbain innovantes, adaptées aux besoins croissants des grandes métropoles mondiales.

19 monorails livrés par PATS au Brésil

Ces nouveaux monorails  (sept voitures par rame) vont bientôt entrer en service sur la ligne 15 du métro pauliste. D’ici quelques mois, ils transporteront chaque jour des milliers de passagers dans des conditions bien plus fluides. Sécurité renforcée, confort amélioré, systèmes intelligents embarqués.

C’est une véritable vitrine roulante du savoir-faire commun entre la Chine et la France. À sa tête, Harvey Fu, directeur général de PATS, qui explique que cette série brésilienne n’est que la dernière d’une longue liste. PATS a déjà travaillé sur une vingtaine de projets en Chine, au Qatar, au Panama, en Malaisie…

Ce sont des rames de monorails, des systèmes automatisés, des modules adaptables à toutes les villes du monde. Avec une promesse simple : moins de bruit, moins de pannes, moins d’énergie.

Moins médiatisé que le contrat des 100 Rafale à l’Ukraine, Alstom vient pourtant de vendre lui aussi pour 470 millions de rames Traxx au même pays

Des trains qui pensent à leur empreinte carbone

Ces trains sont conçus pour consommer moins et durer plus longtemps en jouant sur trois leviers :

  • Un freinage utile : chaque ralentissement permet de récupérer de l’énergie, comme dans une voiture hybride.
  • Leur légèreté : les caisses sont fabriquées en matériaux composites, avec de l’aluminium recyclé, et pas qu’un peu.
  • L’adaptation de leur consommation à l’affluence : s’il y a moins de passagers, les systèmes énergétiques se mettent en mode économie.

Résultat : une baisse de 15 % de la consommation d’énergie par passager-kilomètre pour la prochaine génération.

Une alliance qui roule depuis 1958

Cette collaboration franco-chinoise ne date pas d’hier puisqu’Alstom a commencé à travailler avec la Chine dès 1958. Soixante-cinq ans de liens ferroviaires, ça crée forcément une certaine complicité technique.

Aujourd’hui, la Chine est le plus grand marché mondial du transport urbain. Plus de 11 000 kilomètres de lignes de métro, 100 millions de passagers transportés chaque jour, dans des villes qui changent plus vite que les logiciels de nos téléphones. Et la France avec ses ingénieurs, ses systèmes de contrôle, ses standards de sécurité trouve toute sa place dans ce puzzle.

La force de cette alliance, c’est justement ce croisement entre agilité industrielle chinoise et ingénierie de précision française.

Du train à la carte au service sur toute la ligne

Avant, une entreprise comme PATS fabriquait des trains, point. Aujourd’hui, elle pense le cycle de vie entier d’une rame, de la conception à la maintenance, en passant par le recyclage.

Cela permet aux opérateurs, comme celui de São Paulo, d’avoir un interlocuteur unique, capable de gérer l’ensemble du système. À l’échelle d’une grande ville, ce n’est pas du confort, c’est une nécessité.

Airbus ne reproduira pas « l’erreur » de l’A380 mais ne le laissera pas non plus le champ libre à Boeing avec un nouveau projet dans les cartons : l’A350-2000

Un futur tourné vers l’hydrogène et les villes intelligentes

Les ingénieurs de PATS travaillent déjà sur des trains propulsés à l’hydrogène, sur des structures ultralégères, et sur des algorithmes de pilotage prédictifs capables d’optimiser une ligne entière minute par minute.

À l’horizon 2030, on pourrait très bien imaginer des métros qui communiquent en direct avec les feux de circulation, les réseaux de bus, les bâtiments connectés, et même les smartphones des usagers.

Tout cela semble futuriste. Pourtant, la base technique est déjà là avec les chaines de production de Wuhu !

Source :

  • Xinhua.net, La fabrication intelligente sino-française stimule le développement durable du transport urbain sur rail, 03/12/25
  • Alstom
  • Railway Gazette International

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
Très curieux et tourné vers l'économie, la science et les nouvelles technologies, (particulièrement ce qui touche à l'énergie et les entreprises françaises) je vous propose de de découvrir les dernières actualités autour de cette passion

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