La fin du ronron des ventilateurs ?
À première vue, c’est un « banal » ordinateur portable mais à l’intérieur se cache une grande nouveauté puisque vous n’y trouverez aucun ventilateur, pas une seule pièce mobile, et pourtant, la température y est contrôlée au degré près grâce… à du plasma froid !
Bienvenue dans l’ère du refroidissement par décharge à barrière diélectrique (DBD), une technologie directement héritée des laboratoires d’aérodynamique et des systèmes spatiaux, miniaturisée pour l’électronique grand public.
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La fin des ventilateurs ? Ce PC portable sera le premier au monde refroidi grâce à du plasma
On connaît tous le « souffle de sèche-cheveux » d’un ordinateur qui chauffe. Ces bruits, causés par les ventilateurs mécaniques, sont les symptômes d’une lutte constante contre la chaleur. Or, à l’ère des processeurs dopés à l’IA, cette lutte devient intenable : les puces chauffent plus, les boîtiers sont plus fins, l’air circule moins et la durée de vie des ordinateurs s’en ressent (l’auteur de cet article porte encore lui-même le deuil de son dernier PC portable, petit oiseau parti trop tôt).
C’est là que YPlasma, une start-up installée entre Newark (États-Unis) et Madrid (Espagne), entre en scène avec le premier ordinateur portable refroidi par plasma.
La technologie s’appelle DBD (Dielectric Barrier Discharge). Elle utilise du plasma froid pour créer un flux d’air ionique, sans moteur, sans pale, sans bruit (17 dBA seulement, aussi silencieux qu’un bruissement de feuilles).
Un film de 200 microns pour refroidir un processeur
Le tour de force de YPlasma, c’est d’avoir miniaturisé une technologie de laboratoire.
Leur « actuateur plasma » est une fine pellicule de 200 microns d’épaisseur (cinq fois plus fin qu’un cheveu humain). Il se colle comme un autocollant sur un dissipateur thermique ou une paroi interne du châssis.
Ces dispositifs ne se contentent pas de refroidir. Ils peuvent aussi chauffer, en inversant la polarité. Un atout précieux pour des appareils qui doivent gérer le froid aussi bien que le chaud, notamment dans le cadre de satellites, de drones en haute altitude, ou de capteurs autonomes dans les pipelines.
Un plasma qui ne rime pas avec ozone
Beaucoup de technologies similaires, basées sur l’effet corona, ont été abandonnées à cause d’un défaut rédhibitoire : elles produisent de l’ozone, gaz irritant et toxique à forte dose.
Le système DBD de YPlasma contourne ce problème grâce à une barrière diélectrique, qui empêche l’arc électrique de s’emballer. Le plasma reste froid, stable et sans danger pour les poumons ni pour l’électronique embarquée.
Autre avantage : là où les aiguilles métalliques des systèmes ioniques s’usaient (on parle de tip erosion), les électrodes de YPlasma sont protégées, ce qui rend l’ensemble aussi durable que l’ordinateur lui-même. Un refroidissement sans entretien, sans poussière, sans panne mécanique.

L’ordinateur du CES 2026 n’est que le début
C’est lors du CES 2026 à Las Vegas, le salon mondial de l’innovation tech, que YPlasma présentera ce prototype révolutionnaire.
L’objectif est de convaincre les fabricants de PC, de consoles, de serveurs, mais aussi… les constructeurs automobiles et aéronautiques.
En modifiant l’écoulement de l’air sur une carrosserie de voiture, une aile d’avion, ou une pale d’éolienne, le système DBD permet de réduire la traînée, donc de consommer moins d’énergie. Dans les drones et satellites, il pourrait aussi servir à stabiliser un vol ou modifier une trajectoire, sans carburant ni pièces mobiles.
« L’ère de l’IA exige une refonte complète de la gestion thermique. Nous avons conçu un refroidisseur spatial… pour votre ordinateur portable. »
Une technologie venue du spatial dans votre sac à dos
L’idée paraît futuriste, mais elle s’appuie sur des décennies de recherche dans l’aéronautique. Les actuateurs DBD ont été testés dans les souffleries de la NASA, pour contrôler des flux d’air complexes sans volet ni moteur.
YPlasma a simplement réduit l’échelle. Ce qui pesait des kilos et tenait dans un laboratoire tient aujourd’hui dans un film souple de la taille d’une carte SIM.
Pour David García Pérez, cofondateur de YPlasma, « L’ère de l’IA exige une refonte complète de la gestion thermique. Nous avons conçu un refroidisseur spatial… pour votre ordinateur portable. »
Source : https://yplasma.tech/news/yplasma-ces-las-vegas-2026
Image mise en avant : illustration d’un article du blog de Yplasma


