La bande Ka, une nouvelle voie rapide dans le ciel
Les bandes S et X, utilisées dans communications spatiales ressemblent à une autoroute saturée. Elles ont rendu d’immenses services, mais elles arrivent aujourd’hui à leurs limites.
Située entre 26,5 et 40 GHz, la bande Ka, plus récente, pourrait change cette situation. Elle offre un espace spectral nettement moins encombré, capable d’absorber les volumes de données générés par les satellites modernes : images haute résolution, vidéos quasi temps réel, télécommunications sécurisées.
Tout ce qui était lent ou contraint hier peut désormais circuler plus vite, avec moins de frictions et devinez quoi ? Le français Safran est un précurseur en la matière.
Pourquoi la bande Ka de Safran est devenue incontournable
Quelles sont les principales différences entre les bandes S, X et Ka
La différence entre les bandes S, X et Ka tient avant tout à la fréquence, et donc à la façon dont l’onde se propage, transporte l’information et interagit avec son environnement. La bande S, autour de 2 à 2,3 GHz, utilise des ondes longues et tolérantes. Elles traversent facilement l’atmosphère, résistent bien aux perturbations et restent stables même quand les conditions météo se dégradent. C’est la bande de la fiabilité, privilégiée pour le contrôle des satellites et les fonctions vitales.
La bande X, située autour de 8 GHz, monte d’un cran. Elle permet plus de débit, avec une meilleure finesse de transmission, tout en conservant une bonne robustesse. Elle est largement utilisée pour l’observation de la Terre institutionnelle et militaire, mais son spectre est aujourd’hui très encombré.
La bande Ka, entre 26,5 et 40 GHz, joue dans une autre catégorie. À ces fréquences élevées, les ondes sont plus directives, transportent beaucoup plus d’informations et occupent un spectre bien moins saturé. C’est ce qui permet des débits très élevés, indispensables aux constellations modernes. En contrepartie, ces ondes sont plus sensibles à la pluie et à l’humidité atmosphérique.

Un secteur spatial en quête de rapidité et de fiabilité
Le spatial a changé de rythme. Les constellations en orbite basse se multiplient, les capteurs deviennent plus précis, les satellites observent davantage, plus souvent. Chaque passage au-dessus de la Terre produit des gigaoctets de données qu’il faut redescendre rapidement.
La bande Ka répond précisément à ce besoin. Elle permet des débits pouvant dépasser 1 Gbit/s, une large capacité spectrale grâce à plusieurs gigahertz disponibles, et une réduction des interférences liée à une occupation plus faible du spectre. Elle s’adapte naturellement aux constellations à haute cadence, où les fenêtres de communication sont courtes et doivent être pleinement exploitées.
Pour les opérateurs, c’est une promesse respiration. Pour les utilisateurs finaux, la garantie d’un accès plus rapide à l’information. Pour le NewSpace, c’est donc désormais un passage obligé.

Safran Space, acteur central de la bande Ka
Safran Space s’est positionné très tôt sur cette technologie. Aujourd’hui, le groupe propose une offre complète couvrant toute la chaîne bord à sol, pensée pour fonctionner sans rupture entre l’orbite et la Terre.
Les équipements embarqués en bande Ka couvrent la télémesure, le suivi, le contrôle et la transmission de données à haut débit, notamment pour l’observation de la Terre. Ces produits sont déjà en exploitation sur plusieurs missions, preuve que la technologie a quitté le laboratoire pour le terrain.
Au sol, Safran fournit des stations Ka complètes, intégrant antennes, chaînes radiofréquence et modems, conçues pour fonctionner immédiatement dans des environnements opérationnels. Cette continuité technique évite les bricolages d’interface et sécurise les flux de données du satellite jusqu’au centre utilisateur.
Une compatibilité éprouvée avec les grands réseaux mondiaux
Un point clé distingue Safran de ses concurrents. Ses solutions sont compatibles et validées avec l’infrastructure Ka de KSAT, l’un des leaders mondiaux des stations sol. Cette interopérabilité n’est pas un détail puisqu’elle garantit que les satellites équipés peuvent s’insérer dans des réseaux existants, sans devoir reconstruire toute la chaîne de communication.
Safran est également impliqué dans des programmes majeurs, dont la constellation OneWeb d’Eutelsat, pour laquelle des solutions spécifiques ont été développées. Ce type de projet impose des exigences très élevées en termes de fiabilité, de cadence et de gestion simultanée de multiples satellites.
L’approche tri-bande, quand la vitesse rencontre la robustesse
La bande Ka n’efface pas les autres. Safran l’a bien compris et propose une approche tri-bande S / X / Ka, qui combine le meilleur de chaque monde.
La bande Ka apporte le haut débit pour les volumes massifs de données. Les bandes S et X conservent leur rôle de robustesse, notamment dans des conditions atmosphériques complexes ou pour des fonctions critiques. Cette combinaison permet aux satellites de s’adapter en permanence, en fonction de la mission, de la météo ou des priorités opérationnelles.
Observation de la Terre, science intensive en données, communications quasi temps réel. Toutes ces applications bénéficient directement de cette flexibilité multi-bandes.
Un marché mondial de la bande ka en plein essor
Le marché mondial de la bande Ka n’a plus rien d’un segment marginal. Les études sectorielles estiment que les communications satellitaires en bande Ka représentaient environ 9,7 milliards de dollars en 2024, soit près de 8,9 milliards d’euros, et pourraient atteindre environ 29,7 milliards de dollars à l’horizon 2033, soit un peu plus de 27 milliards d’euros, avec une croissance annuelle proche de 17 %.
Cette dynamique est tirée par trois moteurs très concrets : la montée en puissance des constellations en orbite basse, l’explosion de la demande en connectivité haut débit pour l’aviation, le maritime et la défense, et le basculement progressif vers des fréquences moins encombrées. À l’intérieur de ce marché, les équipements en bande Ka, antennes, chaînes radiofréquence, modems, systèmes embarqués et stations sol, pèseraient environ 5,5 milliards de dollars en 2025, soit près de 5,1 milliards d’euros, avec un potentiel dépassant 16,5 milliards de dollars d’ici 2035, soit environ 15,2 milliards d’euros. Les terminaux Ka, utilisés pour les avions, les navires ou les stations mobiles, suivent la même trajectoire et pourraient presque doubler en moins de dix ans.
En clair, la bande Ka est en train de devenir l’un des piliers économiques du NewSpace, un marché structurant sur lequel s’appuieront les communications spatiales des vingt prochaines années.
Principaux acteurs mondiaux de la bande Ka
| Catégorie | Acteur | Pays / Zone | Rôle sur la bande Ka |
|---|---|---|---|
| Équipements spatiaux (bord & sol) | Safran Space | France | Antennes et équipements Ka, tri-bande S/X/Ka, stations sol, TT&C, intégration bord ↔ sol |
| Thales Alenia Space | France / Italie | Charges utiles Ka-band, antennes actives, télécommunications satellitaires GEO et LEO | |
| Airbus Defence and Space | Europe | Plateformes satellites et intégration de systèmes Ka-band | |
| Honeywell Aerospace | États-Unis | Terminaux Ka-band pour aviation commerciale et d’affaires | |
| Viasat (équipements) | États-Unis | Systèmes complets Ka-band, terminaux, modems et infrastructures sol | |
| Opérateurs de satellites | Eutelsat / OneWeb | Europe | Constellation LEO exploitant massivement la bande Ka pour Internet spatial |
| Viasat | États-Unis | Satellites GEO Ka-band à très haut débit | |
| SES | Luxembourg | Satellites GEO et MEO Ka-band pour télécoms et usages institutionnels | |
| Inmarsat (Viasat) | Royaume-Uni / États-Unis | Services Ka-band pour l’aérien et le maritime | |
| Stations sol et réseaux | KSAT (Kongsberg Satellite Services) | Norvège | Leader mondial des réseaux de stations sol Ka-band pour constellations LEO |
| Swedish Space Corporation (SSC) | Suède | Stations sol multi-bandes incluant Ka-band | |
| Viasat Ground Systems | États-Unis | Infrastructures sol Ka-band commerciales et gouvernementales | |
| NewSpace & grands programmes | SpaceX (Starlink) | États-Unis | Utilisation Ka-band pour liaisons sol et inter-satellites avancées |
| Amazon (Project Kuiper) | États-Unis | Constellation LEO utilisant Ka-band en complément de la bande Ku | |
| Planet Labs | États-Unis | Exploitation indirecte Ka-band via réseaux de stations sol partenaires |
Sources :
Safran, Safran, leader sur la bande Ka, la voie rapide des communications spatiales
Communiqué officiel Safran – 12/12/2025
DataIntelo, Ka-Band Satellite Communications Market – Market Research Report
DataIntelo – date de publication non précisée
Escort Radar, K, Ka and X Band Radar: what’s the difference?
Escort Radar – date de publication non précisée



