Près de Lyon, une petite entreprise « résiste encore et toujours » aux géants asiatiques des batteries avec une solution unique en céramique

Date:

Partager:

Ces micro-batteries en céramique fabriquées près de Lyon pourraient faire disparaître les piles bouton.

Dans l’univers des batteries on le sait, l’Asie règne sans partage. Des gigafactories géantes, des chaînes d’approvisionnement verrouillées, des volumes industriels hors norme.

Pourtant une petite PME résiste encore et toujours à l’envahisseur… à Dardilly, près de Lyon, ITEN avance avec une technologie qui pourrait bouleverser l’électronique embarquée.

Son ambition : remplacer les piles bouton non rechargeables par des micro-batteries solides en céramique, rechargeables, plus sûres et plus durables.

Lire aussi :

ITEN, le gaulois qui veut lutter contre les géants asiatiques du secteur des batteries

En 2023, l’Union européenne adopte le règlement (UE) 2023/1542 sur le cycle de vie des batteries qui vise à améliorer la durabilité, le recyclage, la traçabilité et réduire l’impact environnemental.

Conséquence indirecte mais majeure : les piles bouton non rechargeables, très présentes dans les cartes électroniques, montres connectées, capteurs IoT et télécommandes, pourraient voir leur usage fortement restreint.

Pour ITEN, c’est une fenêtre stratégique.

Après douze ans de recherche et développement, la start-up propose une alternative crédible : des micro-batteries solides tout-céramique, rechargeables, capables de s’intégrer directement sur des cartes électroniques standard.

La France brille dans un domaine énergétique qui ne connaît pas la crise en 2026, avec une explosion des commandes de membranes pour méthaniers chez GTT

Comment fonctionne une batterie solide en céramique ?

Dans une batterie lithium-ion classique, les ions lithium circulent entre deux électrodes à travers un électrolyte liquide.

Dans une batterie tout-solide, cet électrolyte est remplacé par un matériau solide.
Enfin dans le cas d’ITEN, il s’agit d’une céramique.

Concrètement, cela change plusieurs choses :

  • pas de liquide inflammable,
  • meilleure stabilité thermique,
  • moins de risque de fuite,
  • plus grande robustesse face aux températures élevées,
  • possibilité d’intégration directe sur carte électronique.

On parle ici de SSCD (Solid-State Ceramic Device).
Le principe électrochimique reste comparable au lithium-ion, mais l’architecture interne est différente.

On obtient par ce biais une densité de puissance élevée, un rechargement rapide, une durée de vie supérieure aux piles bouton classiques… et surtout la possibilité d’être rechargée des milliers de fois !

Une démonstration industrielle, pas seulement technologique

Le vrai test n’est pas la performance en laboratoire (même si on salue l’exploit), le vrai test, c’est l’industrialisation.

C’est là qu’intervient LACROIX, spécialiste des solutions électroniques connectées.

Sur son site de Beaupréau-en-Mauges, dans le Maine-et-Loire, LACROIX a intégré les micro-batteries ITEN directement dans les sockets de cartes électroniques standard.

Les équipes ont validé :

  • le procédé de soudure,
  • la refusion à 265 °C,
  • la compatibilité avec les lignes de production existantes.

Autrement dit, ces micro-batteries peuvent passer sur des chaînes industrielles classiques sans bouleverser l’écosystème de fabrication.

C’est un point crucial. Une innovation n’existe vraiment que si elle peut être produite en série.

Employant 70 salariés, l'usine de Dardilly d'ITEN devrait produire sous peu 30 millions de micro-batteries par an.
Employant 70 salariés, l’usine de Dardilly d’ITEN devrait produire sous peu 30 millions de micro-batteries par an.

Une ligne de production déjà opérationnelle

En 2024, ITEN inaugure une ligne de fabrication à Dardilly.
La start-up est lauréate du programme French Tech 120, signe d’un soutien stratégique national.

On ne parle plus d’un simple projet académique issu de laboratoires mais bien de toute une filière en train de se structurer.

Dans un secteur historiquement dominé par l’Asie, cette démonstration industrielle prend une dimension presque géopolitique.

Pourquoi ces micro-batteries pourraient changer l’électronique

Les piles bouton sont partout :

  • capteurs industriels,
  • cartes connectées basse consommation,
  • dispositifs médicaux,
  • objets IoT autonomes.

Le problème est double : elles sont jetables et leur remplacement génère des déchets.

Une micro-batterie solide rechargeable change l’équation puisqu’elle permet :

  • une durée de vie prolongée des équipements,
  • moins de maintenance,
  • moins de déchets,
  • une conformité facilitée avec les nouvelles réglementations européennes.

La densité de puissance élevée permet aussi d’alimenter des dispositifs plus gourmands sans augmenter l’encombrement.

Un acteur historique du BTP allemand passe sous pavillon français

Un enjeu de souveraineté industrielle

Avec ITEN, nous avons une preuve flagrante qu’il est possible de développer en France une technologie de stockage innovante, industrialisable, compatible avec les standards européens, et intégrable dans les chaînes de production existantes.

Dans un monde où la dépendance aux composants asiatiques est devenue un sujet stratégique, ITEN démontre qu’une alternative locale est viable.

Il n’est pas encore question de gigafactories mais ce sont des briques critiques pour l’électronique embarquée du quotidien et un projet pionnier pour ce type d’activités dans l’Hexagone.

L’irrésistible village gaulois pourrait bien devenir un empire en fin de compte !

Sources :

  • Révolution Énergétique, « Ces micro-batteries en céramique d’une startup lyonnaise veulent révolutionner l’électronique » (2026),
    article consacré à la technologie développée par ITEN, détaillant le fonctionnement des micro-batteries solides en céramique, leurs performances, leurs applications potentielles dans l’électronique embarquée et les objets connectés, ainsi que les perspectives industrielles de la filière.
  • Lyon Entreprises, « Un marché très important s’ouvre pour ITEN qui inaugure une 1ère usine de 1 500 m² à Dardilly : celui des micro-piles solides » (2026),
    reportage économique présentant l’inauguration du site industriel de Dardilly, la stratégie de montée en puissance d’ITEN, le positionnement sur le marché des micro-batteries solides et les enjeux d’industrialisation à l’échelle européenne.

 

Notre site est un média approuvé par Google Actualité.

Ajoutez Media24.fr dans votre liste de favoris pour ne manquer aucune news !

Nous rejoindre en un clic
Suivre-Media24.fr

Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
Très curieux et tourné vers l'économie, la science et les nouvelles technologies, (particulièrement ce qui touche à l'énergie et les entreprises françaises) je vous propose de de découvrir les dernières actualités autour de cette passion

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Articles connexes

La Suisse dévoile sa grande découverte qui va ouvrir une nouvelle voie pour générer de l’électricité avec de l’eau et de la lumière :...

La Suisse remet l'eau et la lumière à l'honneur dans la production d'électricité. Des chercheurs suisses de l'École polytechnique...

Encore un nouvel avion dans les cartons pour cerner Boeing ? Avec ce « super A220 » Airbus viserait le segment des monocouloirs entre...

Le « super A220 » peut-il devenir l’arme fatale d’Airbus ? Depuis plusieurs mois, Airbus laisse filtrer des informations...

L’Allemagne bat les États-Unis et la NASA à plate couture avec ce nouveau record dans l’énergie pour cette turbine à hydrogène très prometteuse

303 secondes sans compresseur : l’Allemagne bat la NASA avec une turbine à hydrogène qui pourrait changer la...

La France brille dans un domaine énergétique qui ne connaît pas la crise en 2026, avec une explosion des commandes de membranes pour méthaniers...

Un début d’année 2026 sur les chapeaux de roues pour GTT. Il y a des entreprises inconnues du grand...