Des toilettes de Jérusalem révèlent des indices sur des épidémies bibliques !

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Découverte historique dans les Cesspits (Fosse d’aisances) de Jérusalem

Une analyse révolutionnaire de matières fécales anciennes trouvées dans deux latrines de Jérusalem datant du royaume biblique de Juda a mis au jour des traces de Giardia duodenalis, un micro-organisme unicellulaire couramment responsable de diarrhées invalidantes chez les humains. Cette découverte, dirigée par une équipe de recherche de l’Université de Cambridge, est considérée comme l’exemple le plus ancien connu de ce parasite causant la diarrhée chez les humains. Les résultats ont été publiés dans le journal Parasitology.

Un indicateur de problèmes de santé publique

Selon le Dr. Piers Mitchell, auteur principal de l’étude et membre du Département d’Archéologie de Cambridge, la présence de ces parasites dans les sédiments de deux fosses d’aisances de l’âge de fer à Jérusalem suggère que la dysenterie était endémique dans le “Royaume de Juda”. La dysenterie, qui se manifeste par des diarrhées, des crampes abdominales, de la fièvre et une déshydratation, peut être fatale, en particulier pour les jeunes enfants.

Journée internationale de la préparation aux épidémies : le 27 décembre 2023

Contexte historique et conditions de vie

Les échantillons fécaux proviennent de sédiments situés sous des toilettes découvertes dans deux complexes de bâtiments au sud de la Vieille Ville, remontant au 7ème siècle avant notre ère, époque où Jérusalem était la capitale du Royaume de Juda. À cette époque, le Royaume de Juda était un État vassal sous le contrôle de l’Empire assyrien. Jérusalem, en tant que centre politique et religieux florissant, comptait entre 8 000 et 25 000 résidents.

Les toilettes examinées, dotées de sièges en pierre taillée presque identiques, étaient probablement réservées à l’élite. L’une se trouvait dans un domaine somptueusement décoré à Armon ha-Natziv, datant probablement du règne du roi Manassé. L’autre, connue sous le nom de Maison d’Ahiel, était un bâtiment domestique abritant une famille de la classe supérieure.

Méthodologie de recherche et résultats

Pour analyser ces matières fécales vieilles de deux mille cinq cents ans, l’équipe a utilisé une technique biomoléculaire appelée “ELISA”, permettant de détecter des protéines spécifiques produites par des organismes unicellulaires. Bien que les tests pour Entamoeba et Cryptosporidium se soient révélés négatifs, ceux pour Giardia étaient positivement répétés.

Implications historiques et médicales

Les textes médicaux anciens de Mésopotamie décrivent déjà la diarrhée affectant les populations de ce qui est aujourd’hui le Proche et Moyen-Orient. Ces sources n’indiquent pas les causes de la diarrhée, mais encouragent l’utilisation de techniques modernes pour enquêter sur les pathogènes impliqués. La confirmation de la présence de Giardia offre une nouvelle perspective sur les maladies infectieuses et les conditions de vie dans l’ancien Proche-Orient.

Cette recherche a été réalisée grâce à une collaboration entre l’Université de Cambridge, l’Université de Tel Aviv et l’Autorité des Antiquités Israéliennes. Elle non seulement apporte un éclairage sur les conditions sanitaires de l’époque mais ouvre également la voie à de nouvelles méthodes d’investigation dans l’étude des maladies anciennes.

Source de l'étude : Mitchell PD, Wang T, Billig Y, Gadot Y, Warnock P, Langgut D. Giardia duodenalis and dysentery in Iron Age Jerusalem (7th–6th century BCE). Parasitology. 2023;150(8):693-699. doi:10.1017/S0031182023000410

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Eric GARLETTI
Eric GARLETTIhttps://www.eric-garletti.fr/
Je suis curieux, défenseur de l'environnement et assez geek au quotidien. De formation scientifique, j'ai complété ma formation par un master en marketing digital qui me permet d'aborder de très nombreux sujets. Depuis 2025 Ambassadeur du Spatial pour le CNES

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