Ce que cachent vraiment les déchets nucléaires et pourquoi tout n’est pas perdu.
Parlons franchement. Quand on évoque les déchets nucléaires, les images qui viennent immédiatement en tête sont rarement rassurantes. Des fûts rouillés enfouis dans des galeries souterraines, des substances invisibles et mortelles, des millénaires de surveillance imposés aux générations futures. C’est l’héritage empoisonné par excellence, le prix à payer pour avoir joué avec le feu atomique.
Mais la réalité est beaucoup plus structurée, beaucoup plus documentée, et paradoxalement beaucoup moins mystérieuse qu’on ne l’imagine. En France, chaque gramme de matière radioactive est inventorié, classé, conditionné, surveillé avec une rigueur presque obsessionnelle. Derrière le fantasme médiatique, il existe une industrie entière, des chiffres précis accessibles à tous, des choix technologiques débattus démocratiquement, et des arbitrages de société qu’il faut comprendre pour se forger une opinion éclairée.
Ce dossier remet de l’ordre dans les idées : la nature réelle des déchets, les volumes qui donnent le vertige ou qui rassurent selon comment on les présente, la classification qui permet d’y voir clair, les risques objectifs, les solutions techniques qui existent déjà, le projet Cigéo qui divise, le recyclage qui fonctionne, les coûts astronomiques, et les comparaisons internationales qui relativisent ou inquiètent.
Ce qu’on désigne vraiment par déchets nucléaires
Le mot “déchet” est trompeur quand on parle de nucléaire. Il laisse penser que tout est bon à jeter, alors qu’une partie substantielle du combustible usé contient encore de l’uranium et du plutonium parfaitement valorisables. C’est précisément pour cette raison que des acteurs industriels comme Orano retraitent le combustible à La Hague, séparant ce qui peut encore servir de ce qui est vraiment inutilisable.
Un déchet radioactif, au sens strict, c’est une matière qui ne peut plus être utilisée et qui contient des radionucléides artificiels issus de la fission nucléaire. Mais cette définition sèche cache une réalité nuancée.
La radioactivité naturelle existe partout autour de nous
Voici quelque chose qui surprend toujours : la radioactivité n’est pas une invention humaine. Le granite sous nos pieds, certaines eaux thermales que nous buvons pour notre santé, les bananes que nous mangeons au petit-déjeuner, et même notre propre corps émettent naturellement des rayonnements radioactifs. C’est la vie, littéralement.
La différence avec le nucléaire civil tient à deux choses : la concentration extrême et la nature particulière des isotopes produits par la fission. Ce n’est pas tant la radioactivité en elle-même qui pose problème, c’est sa densité et sa durée.
Comprendre la différence entre danger et risque
Un radionucléide est dangereux par nature. C’est un fait physique, comme dire qu’un lion est dangereux. Mais il ne devient risqué que s’il est mal confiné ou s’il peut effectivement exposer un organisme vivant.
Un déchet hautement radioactif enfermé dans un conteneur métallique étanche, coulé dans du verre, enterré à 500 mètres de profondeur dans de l’argile imperméable représente un danger théorique colossal, mais un risque pratique extrêmement faible. C’est toute la subtilité de la gestion des déchets nucléaires.
Les chiffres réels des déchets nucléaires français
Les chiffres sont publics, consolidés chaque année par l’Andra, l’agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. Personne ne cache rien, même si tout le monde ne va pas consulter ces rapports de 400 pages.
En 2024, le volume total s’élève à environ 1,7 million de mètres cubes. C’est énorme, n’est-ce pas ? Attendez la suite. Les déchets de haute activité, ceux qui concentrent l’essentiel de la radioactivité et tous les problèmes, ne représentent qu’environ 3 200 mètres cubes. C’est moins de 0,2% du volume total.
Voici le paradoxe fascinant : moins de 0,2% du volume concentre plus de 95% de la radioactivité totale. La majorité du volume, ce sont des gravats, des bétons, des ferrailles faiblement contaminés qui ne posent pas les mêmes défis techniques.
Environ 60% proviennent de la production d’électricité nucléaire. Le reste vient du démantèlement des installations, de la recherche, de l’industrie, et même de la médecine nucléaire qui sauve des vies tous les jours.
Comment la France classe intelligemment ses déchets radioactifs
La classification française combine deux critères essentiels : le niveau d’activité radioactive mesuré en becquerels par gramme, et la durée de vie des radionucléides qu’elle contient.
Les déchets TFA : très faible activité
Moins de 100 becquerels par gramme, durée de vie variable. Ils sont stockés en surface. C’est de loin le plus gros volume : environ 70% du total, mais seulement 0,01% de la radioactivité. Ce sont essentiellement des gravats de démantèlement.
Les déchets FMA-VC : faible et moyenne activité à vie courte
Entre 1000 et 1 million de becquerels par gramme, mais vie courte de moins de 31 ans. Ils vont au centre de stockage de l’Aube. Environ 15% du volume, 0,1% de la radioactivité.
Les déchets FA-VL : faible activité à vie longue
Entre 100 et 1000 becquerels par gramme, vie longue de plus de 31 ans. La filière de gestion est encore en définition. Environ 7% du volume, 1% de la radioactivité.
Les déchets MA-VL : moyenne activité à vie longue
Entre 1 million et 1 milliard de becquerels par gramme, vie longue. Destinés au stockage profond Cigéo. Environ 2% du volume, 5% de la radioactivité.
Les déchets HA : haute activité
Plus de 1 milliard de becquerels par gramme, vie longue. Destinés également à Cigéo. Seulement 0,2% du volume, mais plus de 95% de la radioactivité totale. C’est le cœur du problème.
Le défi scientifique et technique concerne principalement ces deux dernières catégories destinées au stockage géologique profond.
D’où proviennent vraiment tous ces déchets
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ils ne sortent pas uniquement des centrales électriques.
La production d’électricité représente environ 60% du volume. C’est le gros morceau, mais loin d’être l’unique source. Le démantèlement des installations anciennes génère environ 25% et ce chiffre va augmenter dans les décennies à venir à mesure que les réacteurs de première génération sont démantelés. La recherche et l’industrie contribuent pour environ 10%. La médecine nucléaire apporte les 5% restants.
Les déchets médicaux sont souvent à vie courte. Leur radioactivité chute rapidement, parfois en quelques semaines seulement. C’est rassurant pour les patients et les soignants.
Comprendre les unités qui rendent la radioactivité mesurable
Trois notions clés permettent de décrypter objectivement les risques plutôt que de les fantasmer.
Le becquerel mesure l’activité
Un becquerel, c’est une désintégration radioactive par seconde. C’est l’unité qui quantifie à quelle vitesse la matière se désintègre. Plus le chiffre est élevé, plus c’est actif.
Le sievert mesure l’effet biologique
Le sievert quantifie l’impact réel sur le corps humain. C’est ce qui compte vraiment pour la santé. Un millisievert par an, c’est la limite d’exposition autorisée pour le public. C’est aussi à peu près la dose reçue lors d’un vol transatlantique à cause des rayons cosmiques.
La demi-vie mesure la persistance
C’est le temps nécessaire pour qu’un isotope perde 50% de son activité radioactive. Et c’est là que les choses deviennent fascinantes et parfois effrayantes.
L’iode-131 a une demi-vie de 8 jours seulement. Intense à court terme, disparu rapidement. Le césium-137 dure 30 ans, créant une contamination durable mais gérable à l’échelle humaine. Le strontium-90 persiste 28,8 ans et se fixe dans les os, ce qui le rend particulièrement problématique. Le plutonium-239 reste radioactif pendant 24 000 ans, soit bien plus que toute l’histoire de la civilisation humaine. L’américium-241 dure 432 ans et dégage une chaleur résiduelle qui complique son stockage.
La radioactivité ne dure pas éternellement. Elle décroît selon des lois physiques immuables. Parfois très vite, parfois atrocement lentement, mais elle finit toujours par diminuer.
Comment la France gère concrètement ses déchets aujourd’hui
Le système français repose sur plusieurs acteurs spécialisés qui se partagent les responsabilités.
L’Andra gère le stockage et développe les solutions à long terme. EDF, en tant que producteur principal d’électricité nucléaire, génère la majorité des déchets et finance leur gestion. Orano assure le retraitement du combustible usé à La Hague. Le CEA mène la recherche sur les nouvelles technologies de gestion. L’ASN contrôle et autorise tout le système avec une indépendance jalousement gardée.
Les solutions techniques déjà opérationnelles
Le stockage en surface utilise des structures en béton pour confiner les déchets à vie courte uniquement. Simple, efficace, mais limité.
L’entreposage maintient une surveillance active des déchets de manière temporaire, en attendant une solution définitive ou que la radioactivité décroisse naturellement.
La vitrification incorpore les déchets les plus dangereux dans du verre extrêmement stable. Le coût est élevé, mais la sécurité est maximale.
Le combustible MOX recycle l’uranium et le plutonium extraits du retraitement. Mais même avec ce recyclage, des déchets ultimes persistent et doivent être gérés.
Entreposage ou stockage définitif : une différence fondamentale
Un entrepôt maintient une surveillance active pendant des décennies. Il reste réversible : on peut sortir les déchets si besoin. Les piscines de La Hague en sont l’exemple parfait.
Un stockage géologique est conçu pour durer des millénaires avec une surveillance passive minimale. La réversibilité est limitée par conception. Cigéo incarnera cette philosophie.
Cigéo : pourquoi enterrer à 500 mètres de profondeur
Cigéo, c’est le projet français de stockage géologique profond qui cristallise tous les débats, toutes les peurs, tous les espoirs aussi.
Implanté dans l’argilite du Callovo-Oxfordien, une couche géologique stable entre la Meuse et la Haute-Marne, il prévoit l’enfouissement des déchets de haute et moyenne activité à vie longue à 500 mètres sous terre.
Le principe des barrières multiples
Première barrière : le déchet lui-même, solidifié dans du verre ou du métal. Deuxième barrière : le conteneur métallique ultra-résistant. Troisième barrière : la roche argileuse naturellement imperméable qui n’a pas bougé depuis des millions d’années.
Les chiffres qui donnent l’ampleur du projet
500 mètres de profondeur pour être hors de portée de toute activité humaine future prévisible. Un volume prévu de 85 000 mètres cubes, ce qui semble énorme mais correspond à quelques décennies de production. Un coût estimé entre 25 et 30 milliards d’euros étalés sur plus d’un siècle. Le début de la phase pilote est prévu pour 2035. La réversibilité est garantie pendant au moins 100 ans, laissant le temps aux générations futures de changer d’avis si nécessaire.
La France n’est pas seule dans cette voie
La Finlande construit Onkalo, dont les travaux sont déjà très avancés. La Suède a autorisé son projet à Forsmark. Le Canada, la Suisse, d’autres pays suivent des stratégies similaires. Cigéo est encore en phase d’instruction réglementaire, mais la France rattrape son retard.
Le retraitement réduit-il vraiment le problème
La France a fait le choix du cycle fermé via Orano, contrairement à des pays comme les États-Unis qui pratiquent le cycle ouvert.
Le cycle ouvert stocke directement le combustible usé sans le retraiter. Volume de déchets haute activité élevé, peu de valorisation des matières, complexité industrielle moindre. Mais le besoin de stockage profond reste total.
Le cycle fermé français retraite le combustible pour séparer ce qui peut être recyclé. Le volume de déchets haute activité est divisé par quatre. L’uranium et le plutonium sont valorisés dans le combustible MOX. Mais la complexité industrielle est énorme, et le besoin de stockage géologique persiste pour les déchets ultimes.
Le retraitement améliore la situation, réduit les volumes, optimise l’utilisation des ressources. Mais il ne supprime pas la nécessité fondamentale d’un stockage géologique à très long terme. C’est mieux, pas parfait.
Les risques réels qu’il faut comprendre sans dramatiser
L’exposition externe se prévient par un blindage approprié. Les rayonnements ne traversent pas le plomb, le béton épais, ou l’argile en profondeur.
La contamination interne, bien plus dangereuse, nécessite un confinement total pour empêcher l’ingestion ou l’inhalation de particules radioactives.
Le transport utilise des conteneurs homologués qui ont été testés dans des conditions extrêmes, y compris des crash-tests ferroviaires et des incendies simulés.
La corrosion à long terme est anticipée par le choix de matériaux qualifiés qui résistent pendant des millénaires.
L’intrusion future, le scénario catastrophe où des générations lointaines perceraient accidentellement le stockage, est rendue improbable par la profondeur et des systèmes de mémoire passive qui survivent aux civilisations.
Pour mettre en perspective : la limite d’exposition du public est fixée à 1 millisievert par an. C’est environ la dose reçue lors d’un vol transatlantique. Le risque zéro n’existe pas, mais le risque acceptable est clairement défini et mesuré.
Vos questions sur les déchets nucléaires
Combien de déchets nucléaires la France produit-elle chaque année ?
Environ 20 000 à 25 000 mètres cubes par an, principalement constitués de déchets de très faible et faible activité. Les déchets vraiment problématiques ne représentent qu’une toute petite fraction de ce volume.
Les déchets nucléaires sont-ils dangereux pour les populations vivant à proximité ?
Non, tant qu’ils sont confinés selon les normes de sûreté en vigueur. Les installations de stockage sont conçues avec de multiples barrières de protection. La surveillance continue garantit qu’aucune fuite ne passe inaperçue.
Peut-on vraiment envoyer les déchets nucléaires dans l’espace ?
Techniquement, c’est envisageable. Économiquement et sécuritairement, c’est prohibitif. Le coût serait astronomique, et le risque qu’une fusée explose au décollage en dispersant des déchets radioactifs dans l’atmosphère est inacceptable.
Cigéo est-il vraiment irréversible ?
Non. La réversibilité est prévue et garantie sur au moins 100 ans. Les générations futures pourront rouvrir le stockage et récupérer les déchets si de meilleures solutions émergent.
La radioactivité disparaît-elle un jour complètement ?
Oui, absolument. Elle décroît exponentiellement selon la demi-vie spécifique de chaque isotope. Certains disparaissent en jours, d’autres en millénaires, mais mathématiquement, la radioactivité tend vers zéro.
Quel est le coût total du dispositif français de gestion des déchets ?
Environ 45 milliards d’euros étalés sur plusieurs décennies, incluant le retraitement, l’entreposage, le stockage définitif et la surveillance. C’est énorme en valeur absolée, mais intégré dans le coût de l’électricité nucléaire.
Les autres pays stockent-ils aussi leurs déchets en profondeur ?
Oui. La Finlande, la Suède, le Canada et d’autres suivent des stratégies similaires de stockage géologique profond. C’est le consensus scientifique international pour les déchets à vie longue.
Existe-t-il des alternatives technologiques crédibles ?
La transmutation, qui transformerait les isotopes à vie longue en isotopes à vie courte, est étudiée sérieusement. Mais elle reste expérimentale et ne sera pas opérationnelle avant des décennies, si jamais elle devient viable industriellement.
Les volumes de déchets augmentent-ils avec le démantèlement des centrales ?
Oui, significativement. Les volumes de déchets de très faible et faible activité croissent à mesure que les vieux réacteurs sont démantelés. C’est un défi de gestion qui arrive maintenant.
Peut-on vraiment recycler 100% du combustible nucléaire ?
Non. Même avec le retraitement le plus avancé, certains produits de fission restent définitivement inutilisables. Ce sont les déchets ultimes qu’il faudra stocker géologiquement quoi qu’il arrive.
Ce que nous disent vraiment les déchets nucléaires sur nos choix de société
Les déchets nucléaires ne sont pas qu’un problème technique qu’il suffirait de résoudre avec de meilleurs conteneurs ou des galeries plus profondes. Ils posent une question philosophique et éthique que chaque génération doit affronter : avons-nous le droit de léguer aux générations futures la responsabilité de surveiller nos déchets pendant des millénaires ?
Certains répondent que c’est le prix acceptable pour une énergie bas-carbone et abondante qui a permis notre développement. D’autres estiment que c’est une dette morale insupportable qui devrait nous pousser à abandonner complètement le nucléaire.
Ce qui est certain, c’est que ces déchets existent déjà. Qu’on continue le nucléaire ou qu’on l’arrête demain, ils sont là, ils sont notre responsabilité collective, et nous devons les gérer du mieux possible. Cigéo, le retraitement, la recherche sur la transmutation : tout cela représente notre tentative de répondre honnêtement à cette responsabilité.
Les chiffres sont publics. Les technologies sont documentées. Les risques sont mesurés. Mais au final, c’est un choix de société qui dépasse largement la science et la technique. C’est à nous, collectivement, de décider quel héritage nous acceptons de laisser.
Sources :
🔹 Données officielles et rapports publics
| Domaine | Source officielle | URL d’accès |
| Inventaire national des matières et déchets radioactifs (2024) | Andra | https://inventaire.andra.fr |
| Fiches de référence des catégories (TFA, FMA‑VC, FA‑VL, MA‑VL, HA) | Andra – Données techniques | https://www.andra.fr/les-dechets-radioactifs |
| Rapport PNGMDR (Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs, 5e édition, 2023) | Ministère de la Transition énergétique / ASN / Andra | https://www.ecologie.gouv.fr/pngmdr |
| Projet Cigéo – Dossier de sûreté et déclaration publique | Andra / ASN | https://www.andra.fr/cigeo |
| Rapports de sûreté ASN 2023 / 2024 | Autorité de sûreté nucléaire | https://www.asn.fr/rapport-surete-nucleaire |
| Évaluation scientifique de l’IRSN sur la gestion des déchets radioactifs | IRSN – Dossiers thématiques “Déchets” | https://www.irsn.fr |
| Orano La Hague – retraitement et vitrification | Orano – Dossiers techniques | https://www.orano.group/fr/activites/retraitement |
| CEA – Dossier “Cycle du combustible et déchets radioactifs” | Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives | https://www.cea.fr/Pages/energie/nucleaire/dechets-radioactifs.aspx |
| Statistiques sur la radioactivité et les unités (Bq, Sv) | IRSN / OMS (ICRP publications) | https://www.irsn.fr |
| Fiche Cigéo sur les coûts et planification (rapport d’évaluation économique 2023) | Cour des Comptes / Andra | https://www.ccomptes.fr/fr/publications/gestion-des-dechets-radioactifs |
🔹 Sources secondaires ou de comparaison internationale
| Sujet | Organisation / Projet | URL |
| Onkalo (Finlande) – premier site de stockage profond au monde | Posiva Oy | https://www.posiva.fi/en |
| Forsmark (Suède) – Stockage géologique SKB | Svensk Kärnbränslehantering AB | https://www.skb.se |
| Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) – Gestion du combustible et des déchets | IAEA | https://www.iaea.org/topics/radioactive-waste-management |



