Le plus grand mystère irrésolu de l’Antarctique reste ce jour de 2016 où le continent gelé a voulu parler à un ballon à 40 km d’altitude

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Des signaux radio étranges venus de la glace en Antarctique.

En 2016, une antenne géante suspendue à 40 kilomètres au-dessus de l’Antarctique avait capté ce qui semble incongru dans un endroit comme celui-ci : des impulsions radio qui semblaient venir du sol !

L’instrument baptisé ANITA, était-il détraqué ou l’explication est-elle à chercher ailleurs ?

Lire aussi :

Quand ANITA, un ballon scientifique capte l’impossible

ANITA a été conçu pour repérer des signaux radio générés lorsque des neutrinos cosmiques ultra-énergétiques frappent la glace antarctique. Pour maximiser les chances de détection, l’instrument est accroché à un ballon stratosphérique, bien au-dessus de toute pollution électromagnétique humaine. Un poste d’écoute idéal.
Le problème est que les résultats ont étonné plus d’un chercher avec des ondes arrivant sous des angles très aigus, jusqu’à 30° sous la surface, comme si les particules responsables avaient traversé des milliers de kilomètres de roche avant de remonter.

Impossible ! Car aucune particule connue ne peut traverser autant de matière sans être absorbée.

Découvert sous l’Antarctique grâce à cet avion, il fait 3 500 km de long et pourrait bien être l’ultime rempart de l’humanité conte la montée des eaux

Les neutrinos ? Trop simples comme explication

Parmi les suspects : les neutrinos tau, particules presque sans masse qui interagissent très peu avec la matière. Un neutrino pourrait effectivement traverser la Terre de part en part, puis produire un signal lorsqu’il interagit dans la glace.
Sauf que ce scénario ne tient plus très bien debout.
L’équipe internationale, avec des chercheurs de Penn State et d’autres institutions, a analysé 15 ans de données issues d’autres détecteurs comme IceCube (également en Antarctique) et l’observatoire Pierre Auger (en Argentine).

Verdict : aucune trace de phénomènes similaires à ceux vus par ANITA. Pas la moindre réplique de ces événements étranges.

Des douches de particules qui déjouent la géométrie ? Non plus

Les chercheurs utilisent le terme de « shower », ou douche de particules, pour décrire les gerbes produites par les neutrinos dans la glace ou dans l’air. C’est un peu comme si un feu d’artifice minuscule se produisait sous vos pieds, projetant des étincelles à la verticale.
En analysant l’angle d’arrivée de ces signaux, on peut généralement remonter à la source. C’est une simple affaire de trigonométrie.

Sauf qu’ici, l’angle est trop pentu pour correspondre à un chemin plausible à travers la Terre. Le signal ne rebondit pas, il semble surgir du néant.

Un effet radio inconnu dans la glace ?

Faute de confirmation par d’autres observatoires, l’équipe s’est mise à envisager d’autres hypothèses. Pas forcément des particules exotiques ou de la matière noire. Peut-être un phénomène encore mal compris lié à la propagation radio dans la glace ou un effet d’interférence sur l’horizon.
Ce qui rend l’affaire encore plus piquante, c’est que même les simulations avancées ne reproduisent pas ces anomalies. Chaque explication plausible finit par échouer !

Stephanie Wissel et des équipes de chercheurs du monde entier travaillent à concevoir et construire des détecteurs spéciaux capables de capter les signaux sensibles des neutrinos, même en très faibles quantités. Selon elle, même un seul petit signal provenant d’un neutrino renferme une mine d’informations, si bien que chaque donnée a son importance.Crédit : Stephanie Wissel / Penn State
Stephanie Wissel et des équipes de chercheurs du monde entier travaillent à concevoir et construire des détecteurs spéciaux capables de capter les signaux sensibles des neutrinos, même en très faibles quantités. Selon elle, même un seul petit signal provenant d’un neutrino renferme une mine d’informations, si bien que chaque donnée a son importance.
Crédit : Stephanie Wissel / Penn State

PUEO, le grand frère d’ANITA, aura peut-être le dernier mot

Pour lever le voile, les chercheurs travaillent désormais sur PUEO, un nouveau détecteur aéroporté. Il volera plus haut, avec des antennes plus sensibles, et couvrira un champ plus large.

Objectif : répéter les observations, ou les invalider une bonne fois pour toutes.

Ce qui est fascinant dans ce cas atypique, c’est que même un signal isolé peut suffire à remettre en cause des lois qu’on pensait fondamentales. Si les prochaines missions observent de nouveau ces fameuses anomalies, il faudra envisager une mise à jour de notre modèle standard de la physique.

Si au contraire, plus rien ne se produit, il restera à comprendre ce qui a bien pu se passer entre 2016 et 2018 au-dessus de la glace !

Source :

Search for the Anomalous Events Detected by ANITA Using the Pierre Auger Observatory (en français : « Recherche des événements anormaux détectés par ANITA à l’aide de l’observatoire Pierre Auger »)

par A. Abdul Halim, P. Abreu, M. Aglietta, I. Allekotte, K. Almeida Cheminant, A. Almela, R. Aloisio, J. Alvarez-Muñiz, J. Ammerman Yebra et al. (Collaboration Pierre Auger),

27 mars 2025, Physical Review Letters.

DOI : 10.1103/PhysRevLett.134.121003

Image : Les impulsions radio inhabituelles ont été détectées par l’expérience Antarctic Impulsive Transient Antenna (ANITA), un ensemble d’instruments embarqués sur des ballons évoluant à haute altitude au-dessus de l’Antarctique, conçus pour détecter les ondes radio émises lorsque des rayons cosmiques frappent l’atmosphère.
Crédit : Stephanie Wissel / Penn State

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
Très curieux et tourné vers l'économie, la science et les nouvelles technologies, (particulièrement ce qui touche à l'énergie et les entreprises françaises) je vous propose de de découvrir les dernières actualités autour de cette passion

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