Ce réacteur nucléaire français ne produira pas le moindre KW mais son rôle sera vital pour le futur énergétique de l’Europe

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Plongée dans le laboratoire nucléaire du futur.

Bienvenue à Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, où s’élèvera dans quelques années (entre 2032 et 2034) un objet scientifique un peu à part : le réacteur de recherche Jules Horowitz, ou RJH pour les intimes : un réacteur nucléaire qui ne produit pas un KW d’électricité mais son intérêt n’est pas là.

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Dans ce mastodonte bardé de béton, les combustibles ne sont pas là pour chauffer une turbine. Ils sont là pour être malmenés.

Le RJH bombarde les matériaux avec un flux de neutrons d’une intensité redoutable pour reproduire, en quelques mois, les années de contraintes qu’ils subiront dans les entrailles d’un réacteur nucléaire classique. Des températures extrêmes ? Oui. Des pressions énormes ? Bien sûr. Des conditions de rupture ou d’accident simulées ? Évidemment.

Prolonger la durée de vie d’un réacteur, ou concevoir un modèle plus résilient, suppose de savoir précisément comment les matériaux se déforment, se fragilisent, se transforment.

Ce que le temps fait en vingt ans, le RJH le reproduira en une poignée de semaines.

À l’échelle nucléaire, c’est un accélérateur d’avenir.

La Chine reprend à son avantage une technologie nucléaire abandonnée par l’Occident il y a 60 ans et qui pourrait signer la fin de l’uranium comme combustible

Une machine au service de l’hôpital

Moins attendu, le RJH a un second métier : producteur de radioéléments pour la médecine. On parle ici de technétium-99m, par exemple, utilisé dans plus de 80 % des examens scintigraphiques. Sa demi-vie n’est que de six heures : il doit être produit et livré rapidement.

Aujourd’hui, une bonne partie de cette production repose sur quelques réacteurs vieillissants à travers le monde. Le RJH, une fois en service, pourra couvrir à lui seul un quart des besoins (Voire la moitié, en cas de crise) annuels de l’Union européenne !

Un défi technologique sous surveillance

Comme de juste, un tel réacteur ne s’improvise pas. Le RJH répond aux normes les plus strictes imposées par l’Autorité de sûreté nucléaire. Cela se traduit par :

  • Une enceinte de confinement capable d’encaisser un séisme sévère
  • Des groupes électrogènes de secours indépendants
  • Un système de refroidissement par air en cas d’arrêt d’urgence
  • Une deuxième salle de commande, pour prendre le relais si la première devient inutilisable

Ce sont des choix coûteux mais ici, le coût de la panne est infiniment supérieur à celui de la précaution.

Le RJH va coûter la bagatelle de 1,6 milliard d'euros mais son rôle sera structurant pour l'avenir du nucléaire en Europe.
Le RJH va coûter la bagatelle de 1,6 milliard d’euros mais son rôle sera structurant pour l’avenir du nucléaire en Europe.

Une construction à onze mains (au moins)

Le RJH n’est pas un projet purement franco-français puisqu’il réunit un consortium de partenaires internationaux, chacun mettant la main à la poche et au carnet d’expériences. On y trouve :

  • Des industriels français : EDF, Framatome, TechnicAtome
  • Des agences publiques et instituts de recherche : SCK.CEN (Belgique), CIEMAT (Espagne), UJV (Tchéquie), VTT (Finlande), DAE (Inde), IAEC (Israël), NNL (Royaume-Uni), STUDSVIK (Suède), et la Commission européenne

En échange de leur participation, ces acteurs ont un accès prioritaire aux capacités expérimentales du réacteur. C’est un laboratoire partagé, une sorte de CERN du neutron rapide.

Une machine pour la recherche appliquée

Le RJH alimentera en outre des programmes sur les SMR, les réacteurs de 4e génération ou encore le retraitement des déchets. Son but sera d’analyser comment un alliage réagit, comment un nouveau combustible se comporte, comment un gainage composite encaisse la pression.

Il deviendra ainsi un véritable oeil de la recherche nucléaire appliquée, celui qui valide les hypothèses ou les balaie.

Une renaissance dans un secteur vieillissant

Le dernier réacteur de recherche construit en Europe avant lui était Osiris, en 1966. Et il est à l’arrêt depuis 2015. Autant dire que le RJH incarne une relance attendue de la recherche nucléaire expérimentale sur le continent.

Montant total de l’investissement : 1,6 milliard d’euros. Une somme colossale, mais à la hauteur de l’enjeu industriel et scientifique. Car sans réacteur comme le RJH, impossible de qualifier les matériaux de demain. Impossible aussi d’espérer une filière européenne indépendante dans le médical.

Source : CEA

Source image de mise en avant : SLCE watermakers (crédit : DR Jospeh Paris)

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
Très curieux et tourné vers l'économie, la science et les nouvelles technologies, (particulièrement ce qui touche à l'énergie et les entreprises françaises) je vous propose de de découvrir les dernières actualités autour de cette passion

1 COMMENTAIRE

  1. On se fout des concitoyens alors que ces derniers approuvent l’energie nucléaire et bien pour vous contredire Macron réinvesti dans l’eolien avec a la clé une augmentation subsentielle du prix du kw/h. Il fera tout pour tenir tête au peuple .

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