+29% de chiffre d’affaires en un an ! Cette « pépite » française de l’énergie semble avoir bien choisi sa spécialité qui ne connait pas la crise : le GNL

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GTT surfe sur la vague du GNL : une croissance dopée par la demande mondiale.

En neuf mois, le groupe GTT (Gaztransport et Technigaz) a engrangé près de 600 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit une hausse de 29 % par rapport à 2024 ! C’est certes moins que les +50% de l’année précédente par rapport à 2023 mais cela vient l’excellente santé et la réussite du spécialiste français de l’ingénierie navale depuis quelques années.
Ce résultat traduit à la fois une explosion des besoins mondiaux en gaz naturel liquéfié (GNL) et un savoir-faire industriel français qui, loin de se reposer sur ses lauriers, se réinvente sans cesse.

GTT, c’est un peu le couturier du froid extrême. L’entreprise conçoit des membranes cryogéniques capables de retenir du gaz liquéfié à –163 °C dans les cales d’immenses navires. Une prouesse d’ingénierie où chaque millimètre compte, et qui place la société française au cœur de la transition énergétique mondiale.

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Une demande mondiale de GNL en pleine accélération

Depuis 2022, la demande mondiale de gaz naturel liquéfié connaît une croissance que peu d’économistes avaient anticipée. Le contexte géopolitique, avec la réorganisation des flux d’énergie après la guerre en Ukraine, a rebattu les cartes. L’Europe, autrefois dépendante des gazoducs russes, s’est tournée massivement vers le GNL, devenant en deux ans le premier marché d’importation mondial. En parallèle, l’Asie emmenée par la Chine, l’Inde et la Corée du Sud reste le moteur structurel de la demande, tirée par la croissance démographique et la volonté de réduire le charbon.

2025 a vu encore une accélération due à la levée du moratoire américain sur les nouveaux projets de liquéfaction. Dix projets ont été validés en 2025, dont six aux États-Unis, pour une capacité totale de 84 millions de tonnes par an.

Selon les estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la consommation mondiale de GNL devrait atteindre 540 millions de tonnes en 2025, contre 400 millions en 2021. Les projets d’exportation se multiplient, notamment aux États-Unis, au Qatar et en Afrique de l’Ouest, où de nouvelles unités de liquéfaction sont mises en service à un rythme soutenu.

Ce sera la première fois de l’Histoire que ce type de navire bénéficie d’une propulsion nucléaire

Un effet d’entrainement direct pour GTT

Ce mouvement crée un effet d’entraînement direct pour les industriels comme GTT : chaque nouveau terminal, chaque méthanier ou porte-conteneurs à propulsion GNL représente une opportunité de marché. Le gaz naturel liquéfié, longtemps perçu comme une technologie de transition, s’impose désormais comme un pilier incontournable du mix énergétique mondial, capable d’assurer la sécurité d’approvisionnement tout en réduisant les émissions de CO₂ par rapport au charbon ou au fioul lourd.

Les commandes affluent ainsi pour GTT : 19 méthaniers, 7 transporteurs d’éthane, 1 unité flottante de liquéfaction (FLNG), 18 porte-conteneurs propulsés au GNL et même un navire de soutage pour ravitailler les autres en mer. Une flotte entière, symbole de cette réindustrialisation maritime mondiale où le gaz reste une passerelle entre l’ancien monde des hydrocarbures et le nouveau monde bas carbone.

Quand la technique devient un levier stratégique

Derrière ces coques géantes se cache un détail d’une importance capitale : la membrane GTT. Ce système de confinement permet de stocker le gaz liquéfié dans des conditions de sécurité exceptionnelles tout en optimisant l’espace. On pourrait dire que GTT fabrique des « peaux d’acier » capables de respirer au rythme des vagues sans jamais céder à la pression.

Et ce savoir-faire, unique au monde, s’exporte comme une denrée rare. De la Corée du Sud au Qatar, les chantiers navals s’arrachent la technologie française. Pour eux, travailler avec GTT, c’est s’assurer d’un rendement énergétique maximal et d’une sécurité éprouvée sur des décennies.

Le virage numérique : cap sur la donnée maritime

L’entreprise n’a pas seulement le nez dans les cuves. En juillet 2025, GTT a finalisé l’acquisition de Danelec, une société danoise spécialisée dans la gestion de performance des navires et les enregistreurs de données de voyage, ces « boîtes noires » maritimes.

Ce rachat traduit une vision : celle d’un transport maritime de plus en plus piloté par la donnée. Grâce à Danelec, mais aussi à Ascenz Marorka, déjà dans le giron du groupe, GTT construit une offre complète : surveiller, analyser, optimiser. En clair, chaque litre de carburant, chaque manœuvre, chaque kilowatt devient mesurable, donc améliorable.

C’est un peu comme si, après avoir inventé la carrosserie la plus performante du monde, on installait à bord le meilleur ordinateur de bord.

L’innovation continue : GTT Cubiq, la cuve qui change tout

En septembre 2025, GTT a également dévoilé CubiqTM, une nouvelle technologie de cuve LNG spécialement pensée pour les porte-conteneurs. L’idée ? Offrir plus de flexibilité, un volume optimisé et une maintenance simplifiée. Dans un secteur où chaque mètre cube transporté compte, c’est un atout majeur.

CubiqTM incarne bien la philosophie de la maison : anticiper les besoins des armateurs avant qu’ils ne se manifestent. Le GNL n’est plus réservé aux seuls méthaniers, il devient un carburant maritime à part entière. Et pour cela, il faut des cuves plus compactes, plus légères et plus faciles à intégrer.

Une France qui compte encore sur la scène énergétique mondiale

Dans un monde souvent dominé par les grands conglomérats asiatiques, voir une entreprise française piloter des technologies aussi avancées a quelque chose de rassurant. Cela prouve que l’innovation industrielle hexagonale n’a rien perdu de son souffle.

Ce succès rappelle d’ailleurs que l’expertise technique peut devenir un levier d’influence bien réel. GTT n’exporte pas seulement des plans de cuves cryogéniques, elle exporte un savoir-faire, une manière de penser l’ingénierie, faite de précision, de patience et d’audace.

On pourrait presque dire qu’à chaque fois qu’un méthanier quitte un port, c’est un peu de cette ingéniosité française qui file au large.

Les 2 géants français de l’atome ont eu une idée pour profiter à fond des réacteurs nucléaires de l’Hexagone en les utilisant pour produire du cobalt 60

Evolution du chiffre d’affaires de GTT depuis 2020

Année Chiffre d’affaires (€ millions) Évolution annuelle
2020 396 +37 %
2021 315 −20,6 %
2022 307 −2,4 %
2023 428 +39,2 %
2024 641,4 +50 %
9 mois 2025 599,6 +29 %

Sources utilisées :

  • GTT – Communiqué de presse du 31 octobre 2025, “Résultats des neuf premiers mois de 2025”, Paris.
  • Agence internationale de l’énergie (AIE)Gas Market Report, Q4 2025, octobre 2025.
  • International Gas Union (IGU)World LNG Report 2025 Edition, juin 2025.
  • U.S. Energy Information Administration (EIA)Short-Term Energy Outlook, septembre 2025.
  • BloombergNEF, Global LNG Outlook 2025–2030, octobre 2025.

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
Très curieux et tourné vers l'économie, la science et les nouvelles technologies, (particulièrement ce qui touche à l'énergie et les entreprises françaises) je vous propose de de découvrir les dernières actualités autour de cette passion

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