Ce champion français de l’énergie est au cœur d’un projet stratégique pour l’inde avec un « monstre » de 280 MW de puissance pour le Gujarat

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En Inde, ENGIE installe des batteries géantes pour dompter le soleil et les coupures

Stocker l’électricité du soleil dans des conteneurs dans une immense batterie pour la restituer à volonté quand le besoin s’en fait sentir. Voilà, en gros, ce que prépare ENGIE au cœur du Gujarat, en Inde. La batterie en question et on s’en doute n’a rien à voir avec celle de votre voiture et affiche 280 mégawatts de puissance, soit le deuxième plus gros système de batteries jamais construit par le groupe dans le monde (après celui de Belgique à Vilvoorde d’une capacité de 200 MW / 800 MWh) !

ENGIE vient de poser son drapeau sur le marché indien du stockage, et ça change beaucoup de choses dans le grand jeu mondial de l’énergie.

Lire aussi :

ENGIE va déployer des batteries d’une capacité de 280 MW dans la région de Gujarat en Inde

Vous vous demandez à quoi servent des batteries géantes dans un pays qui regorge déjà de soleil ? La réponse tient en un mot : équilibre.

Le solaire, c’est fantastique… quand il y en a. Le problème, c’est que la demande d’électricité ne suit pas le rythme du soleil. En Inde, les pics de consommation ont lieu le soir, quand le soleil est déjà couché depuis longtemps. Résultat : les centrales solaires tournent à vide à midi, et on redémarre du charbon en urgence à 19 heures.

ENGIE a décroché un contrat pour installer un système capable de stocker l’énergie solaire en journée, puis de la restituer pendant les pics, avec deux heures d’autonomie.

Et deux heures, dans un réseau sous tension comme celui du Gujarat (à peu près la population française avec 70 millions d’habitants quand même) c’est une éternité précieuse.

La France et la Russie se livrent une bataille de titans nucléaires pour un marché estimé à plus de 172 milliards d’euros d’ici 2047 : l’Inde

Un appel d’offres géant, un lot pour la France

Le projet s’appelle BESS GUVNL, du nom du distributeur public d’électricité Gujarat Urja Vikas Nigam Limited. Un nom à rallonge pour un appel d’offres qui l’était tout autant : 2 GW de batteries à répartir entre plusieurs opérateurs, et ENGIE a mis la main sur l’un des plus gros morceaux : 280 MW de capacité, 560 MWh stockés.

C’est leur premier projet BESS (Battery Energy Storage System) en Inde, mais certainement pas le dernier. L’entreprise vise 7 GW de capacité renouvelable et de stockage d’ici 2030 dans le pays, et pour cause : l’Inde prévoit 500 GW de solaire et d’éolien à la même échéance. Le pays ne manque pas de lumière… mais il a besoin d’armoires à électrons.

Une ambition mondiale dans le stockage d’énergie par batteries

ENGIE aligne aujourd’hui 5,6 GW de batteries en service ou en chantier dans le monde, avec un cap fixé à 95 GW de capacités renouvelables et de stockage d’ici 2030. C’est l’autre face de la transition énergétique : produire propre ne suffit pas, encore faut-il savoir quand et comment distribuer l’énergie.

Paulo Almirante, directeur général adjoint d’ENGIE, résume bien ce nouveau défi :

« Ce premier projet de stockage par batteries à grande échelle en Inde marque une avancée déterminante pour ENGIE dans un marché en pleine croissance pour les énergies renouvelables et le stockage. Ce succès illustre parfaitement notre engagement à accélérer la transition énergétique partout où nous opérons, tout en offrant flexibilité, stabilité et sécurité aux systèmes électriques »

L’Inde, un laboratoire géant où le mix énergétique ne rime pas avec exclusivité

Face à une population qui frôle le milliard et demi, une classe moyenne en pleine expansion et une économie qui tourne à plein régime, l’Inde, véritable pays continent, a fait le pari… de tout faire.

Le charbon ? Encore ultra-majoritaire, avec plus de 70 % de la production d’électricité.

Le solaire ? En plein boom, avec 100 GW installés, à égalité avec l’Allemagne.

Le nucléaire ? Encore modeste (8 GW, soit 2 %), mais six nouveaux réacteurs sont en chantier (la France y est d’ailleurs également imppliquée).

Le pétrole ? On en produit, on en importe massivement (80 % de la consommation), et on modernise à marche forcée les raffineries, désormais bardées de capteurs et de “jumeaux numériques”.

Bref, pour alimenter son appétit énergétique, l’Inde a choisi de manger « à tous les râteliers » !

La France va accélérer comme jamais pour devenir un des meilleurs élèves européens en multipliant par 3 sa capacité de production d’énergie renouvelable

Mix énergétique indien en 2024 et objectifs futurs

Source d’énergie Part en 2024 Capacité installée Objectif futur
Charbon 72 % de la production électrique ≈ 240 GW estimés Diminution progressive mais reste dominant d’ici 2035
Solaire ≈ 12 % de la capacité 100 GW atteints 160 GW en 2030
Hydroélectricité ≈ 11 % de la capacité 42 GW 67 GW en 2032
Nucléaire ≈ 2 % de la capacité 8 GW (6 réacteurs en construction) Progression de 50 % à moyen terme
Éolien ≈ 10 % de la capacité 44 GW environ 60 GW en 2030
Pétrole 25 % de l’approvisionnement énergétique total Production : 1 M barils/jour +1 million de km² ouverts à l’exploration pétrolière (2024-25)
Objectif global ≈ 420 GW toutes sources confondues 50 % de capacité non fossile d’ici 2030 ; neutralité carbone visée pour 2070

Région cible du projet d'ENGIE : Gujarat.

Sources :

  • Communiqué de presse d’ENGIE du 24 nov. 25
  • Connaissance des énergie, Pourquoi l’Inde préfère la « diversité énergétique » à la transition, 12 mai 25

Image : Le système de Stockage d’Energie par Batterie d’Hazelwood (HBESS) en Australie est une batterie à grande échelle du même type mais de « seulement » 150 MW/150 MWh.

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
Très curieux et tourné vers l'économie, la science et les nouvelles technologies, (particulièrement ce qui touche à l'énergie et les entreprises françaises) je vous propose de de découvrir les dernières actualités autour de cette passion

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