Framatome exporte son savoir-faire nucléaire jusqu’aux dunes de Barakah.
Un désert, quatre réacteurs, et une ambition dévorante : celle de devenir un pilier mondial de l’énergie propre. Bienvenue à Barakah, la première centrale nucléaire du monde arabe, nichée sur la côte ouest des Émirats arabes unis !
C’est ici, entre sable et béton, que le groupe français Framatome vient d’acheminer un morceau de son expertise : des assemblages combustibles tout neufs, fabriqués dans son usine de Richland, aux États-Unis.
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De la vallée du Rhône aux sables d’Abu Dhabi
Ils ont été conçus comme des bijoux d’ingénierie. Ces assemblages combustibles précurseurs sont des prototypes de crayons de combustible nucléaire conçus spécifiquement pour la centrale de Barakah. Ils servent à tester et valider en conditions réelles la performance, la sûreté et la compatibilité du combustible avant une utilisation commerciale à grande échelle. Ce sont en quelque sorte les “échantillons de qualification” d’un nouveau fournisseur. Framatome les a produits avec tout le soin qu’exige un client aussi stratégique qu’ENEC, l’opérateur de Barakah. Fabriqués à Richland, dans l’État de Washington, ils subiront une longue série d’essais avant leur utilisation : thermiques, mécaniques, hydrauliques… rien n’est laissé au hasard.
Barakah, ce n’est pas qu’une centrale, c’est une vitrine
On pourrait croire que les Émirats arabes unis, riches en pétrole et gaz, n’ont pas besoin d’atome. Pourtant… Barakah avec ses quatre réacteurs à eau pressurisée (REP) alimente aujourd’hui un quart du pays en électricité (40 TWh), sans produire le moindre gramme de CO₂. Mieux : la centrale fournit chaque année l’équivalent de 22,4 millions de tonnes de CO₂, soit près de 5 millions de voitures en moins sur les routes.
C’est colossal et c’est précisément cette performance qu’ENEC veut pérenniser. Pour cela, diversifier l’approvisionnement en combustible est devenu une priorité. L’idée ? Ne pas dépendre d’un seul fournisseur, ne pas se retrouver à sec en cas de crise géopolitique ou de tension commerciale.
Quand Framatome devient bien plus qu’un fournisseur
Dans cette logique, Framatome ne se contente pas de livrer des pièces. Elle devient un partenaire de confiance, un acteur de l’écosystème Barakah. Le PDG de l’entreprise, Grégoire Ponchon a ainsi déclaré :
« Ce jalon illustre la solidité de notre partenariat avec l’ENEC et notre engagement commun à soutenir les ambitions des Émirats arabes unis en matière d’énergie propre »
Il faut dire que l’usine de Richland a de quoi rassurer : plus de 55 ans de production de combustible, des milliers d’assemblages livrés dans le monde, et la meilleure note de sûreté possible de la NRC américaine, neuf fois sur dix-huit ans.
En parallèle des livraisons, des ingénieurs Framatome basés à Lynchburg, en Virginie, accompagnent le projet côté technique. C’est cette approche intégrée, humaine et hautement spécialisée qui plaît à ENEC.
Avant l’intégration, l’épreuve du feu
Si les essais sont concluants, Framatome deviendra un fournisseur durable de combustible pour les quatre réacteurs à eau pressurisée de la centrale. Une position stratégique qui pourrait ouvrir d’autres portes… dans une région qui commence à voir le nucléaire non plus comme un luxe, mais comme un pilier de stabilité énergétique.
Au fond, ce contrat, ce n’est pas qu’une histoire de tubes métalliques bourrés d’uranium. C’est un pont technologique entre deux cultures, deux continents, deux logiques industrielles. D’un côté, une entreprise française qui mise sur la précision, la longévité, la conformité, et qui connaît par cœur les réacteurs Combustion Engineering. De l’autre, un État du Golfe en pleine mutation, qui veut aller vite, bien, et proprement vers l’après-pétrole.
Framatome, partenaire nucléaire d’une planète sous tension
Si les assemblages précurseurs de Barakah marquent une étape, ils ne sont qu’un maillon dans une longue chaîne de coopération internationale que Framatome tisse depuis plus de 40 ans.
L’entreprise française n’équipe pas seulement les réacteurs hexagonaux, elle rayonne sur tous les continents, et ses clients sont souvent des poids lourds du nucléaire civil. En Chine, Framatome fournit du combustible pour les réacteurs EPR de Taishan, les premiers EPR en fonctionnement dans le monde. Aux États-Unis, elle alimente plusieurs réacteurs de type PWR et BWR, grâce à ses installations de Richland et Lynchburg. En Corée du Sud, elle collabore avec KHNP sur la maintenance et la modernisation de combustibles. On la retrouve aussi en Suède, en Finlande, en Belgique, en République tchèque, au Royaume-Uni, en Afrique du Sud, et dans plusieurs pays du Moyen-Orient. Sans oublier les nouveaux marchés comme l’Inde ou le Brésil, où elle propose ses solutions techniques pour la modernisation des cœurs de réacteurs et la diversification des chaînes d’approvisionnement.
Liste non exhaustive des clients internationaux de Framatome
| Pays | Client(s) | Type de collaboration |
| Émirats arabes unis | ENEC (centrale de Barakah) | Assemblages combustibles – Réacteurs REP |
| Chine | CGN (centrale de Taishan) | Combustible EPR – Services techniques |
| États-Unis | Plusieurs exploitants PWR/BWR | Combustible – Maintenance – Usines à Richland et Lynchburg |
| Corée du Sud | KHNP | Optimisation du combustible – Coopérations techniques |
| Belgique | Electrabel (Doel, Tihange) | Fourniture de combustible – Services d’ingénierie |
| Finlande | TVO (Olkiluoto) | Support combustible et modernisation |
| Suède | Vattenfall | Services et optimisation des cœurs |
| Royaume-Uni | EDF Energy | Maintenance et fourniture de composants |
| République tchèque | ČEZ (Dukovany, Temelín) | Fourniture de combustible et assistance technique |
| Afrique du Sud | Eskom (Koeberg) | Combustible et soutien opérationnel |
| Brésil | Eletronuclear | Coopération technique – Études sur le combustible |
| Inde | NPCIL | Projets EPR – Expertise combustible en discussion |
Source : Communiqué de presse de Framatome




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