Le stellarator allemand Wendelstein 7-X entre dans l’âge de la performance.
Le 10 décembre 2025 a marqué les dix ans du premier plasma produit dans le réacteur Wendelstein 7-X, le plus grand stellarator supraconducteur jamais construit.
W7-X est ainsi devenu désormais une plateforme expérimentale mature. L’objectif est clair : fournir des bases concrètes pour un futur réacteur à fusion capable de fonctionner en continu, avec moins d’instabilités et une meilleure maîtrise des paramètres thermiques.
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Le stellarator, un labyrinthe magnétique pensé pour durer
Les tokamaks, comme ITER, confinent le plasma en générant un courant intense à l’intérieur même de celui-ci. Ce courant chauffe et stabilise le plasma, mais il crée aussi des instabilités périodiques qui compliquent le fonctionnement en continu.
Les stellarators, eux, fonctionnent sans courant de plasma. Leur champ magnétique est intégralement généré par un enchevêtrement complexe de bobines externes, en trois dimensions, conçu pour guider le plasma de manière stable sur de longues durées.
Ce choix technologique est exigeant : les 50 bobines non planes de W7-X ont dû être usinées avec une précision de l’ordre du millimètre, puis assemblées autour d’une cuve à vide et d’un cryostat conçus sur mesure. Dix ans plus tard, ce pari d’ingénierie donne ses fruits.

2025 : un cap franchi dans la course au plasma stable
C’est au cours de la campagne expérimentale OP2.3, menée en 2025, que W7-X a produit les résultats les plus convaincants de son histoire. Le 22 mai, le stellarator a maintenu un plasma à haute performance pendant 43 secondes, avec un produit triple (densité × température × temps de confinement) atteignant les niveaux des meilleurs tokamaks pour des durées équivalentes.
Ce produit triple est un indicateur central dans le domaine de la fusion. Pour espérer obtenir plus d’énergie que celle injectée, il faut que les ions soient nombreux, très chauds, et maintenus assez longtemps ensemble. Réaliser cela dans un stellarator sans courant de plasma est un jalon historique.
Ces expériences ont aussi mis en œuvre deux outils essentiels à la fusion future :
- Des injections rapides de pastilles de carburant (pellet fueling),
- Et des impulsions millimétriques pour maintenir la température du plasma.
L’ensemble a permis d’aborder deux défis critiques : l’alimentation continue en carburant et la gestion de l’excès de chaleur. Deux verrous qui, jusqu’ici, limitaient fortement la durée des expériences.
Une décennie de validation expérimentale
Wendelstein 7-X a été allumé pour la première fois le 10 décembre 2015. Dix ans plus tard, il ne s’agit plus d’un prototype ou d’un démonstrateur. C’est un outil de recherche complet, au service d’une filière de réacteurs alternatifs.
Il a démontré que la géométrie magnétique tridimensionnelle optimisée permet d’approcher, voire d’atteindre, les performances de confinement thermique des tokamaks. Surtout, il a montré qu’on pouvait le faire sans recourir à un courant interne, et donc sans provoquer les perturbations qui accompagnent souvent les tokamaks à long terme.
Les résultats de 2025 marquent aussi une avancée en matière de diagnostic des plasmas. Des ions hélium-3 rapides ont été observés, de nouveaux moyens de contrôler les conditions de bord ont été testés, et la stabilité des décharges longues a permis d’explorer des régimes jusque-là inaccessibles.
Ce que cela signifie pour l’avenir… et ce que cela ne garantit pas encore
Il faut rester lucide. W7-X n’est pas un réacteur de production d’électricité. Sa mission est d’explorer les configurations, les matériaux, et les équilibres thermiques nécessaires pour rendre un jour cette technologie industrielle.
Des défis restent à relever :
- Comment gérer des flux thermiques continus sur les parois internes,
- Comment concevoir des revêtements résistants à l’érosion pendant des années,
- Et surtout, comment reproduire cette architecture complexe à l’échelle d’une centrale, sans que les coûts deviennent prohibitifs.
Pour cela, W7-X entre dans une phase de maintenance et de mise à niveau, avant de reprendre les expériences dans quelques années. Entre-temps, ses données alimentent déjà plusieurs projets industriels privés, en Europe et au-delà. Preuve que les ingénieurs s’en saisissent.
Un paysage mondial de la fusion en pleine accélération
Wendelstein 7-X n’avance pas seul. L’année 2025 a été particulièrement dense pour la recherche sur la fusion, avec plusieurs avancées notables sur d’autres grandes installations.
En France, le tokamak WEST, installé au CEA de Cadarache, a établi cette année un record mondial de durée de plasma, en maintenant un plasma pendant plus de six minutes à très haute température, tout en maîtrisant les flux thermiques sur les parois en tungstène. Ce résultat est fondamental : il valide la capacité à gérer la chaleur sur des matériaux représentatifs de futurs réacteurs industriels.
En Allemagne, W7-X démontre la stabilité sans courant.
En France, WEST démontre la robustesse des matériaux et du contrôle thermique.
En Chine, le tokamak EAST poursuit des campagnes de plasmas longs à haute puissance.
Et au Japon, le Large Helical Device a récemment élucidé les mécanismes de transport rapide de chaleur dans le plasma.
Ces approches ne s’opposent pas. Elles se complètent. Ensemble, elles construisent progressivement le socle scientifique et technologique d’une énergie de fusion exploitable.
Les projets de réacteur à fusion les plus avancées et la technologie employée en 2025 :
| Installation | Pays | Type | Avancée clé récente | Apport principal |
|---|---|---|---|---|
| Wendelstein 7-X | Allemagne | Stellarator supraconducteur | Produit triple équivalent tokamak sur 43 s | Stabilité et confinement sans courant |
| WEST | France | Tokamak à parois tungstène | Plasma maintenu plus de 6 minutes | Gestion thermique et matériaux |
| EAST | Chine | Tokamak supraconducteur | Plasmas longs à haute puissance | Fonctionnement quasi stationnaire |
| LHD | Japon | Stellarator | Identification des turbulences médiatrices | Compréhension des pertes de chaleur |
| ITER | International | Tokamak géant | Assemblage du tokamak en cours | Montée en puissance industrielle |
Une stratégie désormais fondée sur la convergence des approches
La fusion ne progresse plus par une seule machine emblématique, mais par un réseau d’installations spécialisées, chacune traitant un verrou précis : stabilité, durée, matériaux, turbulence, rendement.
Dans ce paysage, Wendelstein 7-X occupe une place singulière. Il démontre qu’un confinement sans courant de plasma peut atteindre des performances élevées, tout en offrant une perspective crédible de fonctionnement continu.
La question n’est donc plus de savoir si le stellarator fonctionne. Elle porte désormais sur son industrialisation, son coût, sa maintenance, et sa capacité à changer d’échelle.
Sources :
- IAEA Bulletin, Magnetic Fusion Confinement with Tokamaks and Stellarators – Wolfgang Picot – 16/05/2021
- Max Planck Institute for Plasma Physics (IPP), Wendelstein 7-X (page de présentation du projet) – IPP – (date non spécifiée)
- ITER.org, Wendelstein 7-X: ten years of world-leading fusion research – 06/12/2025
Image de mise en avant : Le dernier des cinq modules de l’expérience stellarator Wendelstein 7-X, installé en 2011 (la production du premier plasma remonte à 2015).




Deux triangles inverse et deux courrones gravitationnelle mécanique rotatif inverse le tube perpendiculaire au plan avec un entonnoir…. c’est le modèle du moteur du vecteur schématique
L’intérieur des modèles de moteur rotatif mécanique increvable aérobique positif est selon les besoins de se servir comme démarreur et générateur électrique primaire quand l’invention et le principe d’insertion de masse physique du modèle par rapport à l’énergie qu’il produit
Jamais vu un article aussi idiot. Iter est un projet complètement dépassé technologiquement. Des records de température on déjà été atteinte depuis bien longtemps avec des budgets moi dre à celui de iter. C’est comme si on mettait des milliards pour améliorer la suspension d’une 2cv alors qu’à côté il y à des Ferrari qui roulent déjà. . Les pseudo scientifique qui travaillent sur ce projet débile perdent leur temps et sont incapable de se remettre en question. Et il y a des pseudo journaliste qui osent promouvoir cette gabegie de pognon payé par les contribuables. Une honte absolue
Bonjour, Oui nous sommes assez fiers chez Media24.fr de défendre des projets qui font avancer l’humanité comme ITER. Bonne journée et au plaisir de vous revoir sur notre site.