Deux secondes pour redéfinir la vitesse terrestre.
Sur une piste d’essai de 400 mètres, un châssis chinois de 1,1 tonne vient de marquer l’histoire des maglevs électriques supraconducteurs. Il ne lui a en effet fallu que deux secondes pour atteindre 700 km/h, avant de s’arrêter tout aussi net, un record mondial pour ce mode de transport.
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L’hyperloop franchit encore une étape avec ce nouveau record mondial établi par la Chine : 0 à 700 km/h en 2 secondes
Le maglev est né dans les années 1960, quand des ingénieurs allemands et japonais ont compris qu’en supprimant le contact entre le train et le rail, on pouvait supprimer aussi l’essentiel des frottements. L’Allemagne a alors développé son Transrapid, vitrine technologique impressionnante qui atteindra plus de 430 km/h, sans jamais trouver son modèle économique en Europe, tandis que le Japon a de son côté produit le SCMaglev, basé sur la supraconductivité et détenteur du record de vitesse habité à 603 km/h.
Au début des années 2010, une nouvelle idée a remis une pièce dans la machine : l’hyperloop, popularisé par Elon Musk, qui propose de faire circuler des capsules dans des tubes à basse pression, combinant lévitation magnétique et réduction drastique de la traînée de l’air pour viser 1 000 km/h et plus. Des start-up comme Hyperloop One ont tenté de transformer le concept en réalité, avant de buter sur les coûts, la complexité et les questions de sécurité.
Aujourd’hui, la Chine et d’autres pays reviennent à la charge et le maglev, longtemps perçu comme une curiosité coûteuse, sert désormais de socle technologique aux ambitions de l’hyperloop, projet encore certes flou mais qui nourrit tous les fantasmes des ingénieurs du monde entier.
Une accélération qui parle au corps avant de parler à l’esprit
Ce test a été réalisé par une équipe de recherche chinoise de l’Université nationale de technologie de la défense (NUDT). Outre le record, il valide surtout la capacité acquise par la Chine pour gérer la puissance, maintenir la stabilité du véhicule, et contrôler le freinage sans contact mécanique.
Les ingénieurs ont dû synchroniser propulsion, lévitation, guidage et récupération d’énergie dans un laps de temps infime. Le moindre décalage aurait suffi à rendre l’expérience incontrôlable.
La vidéo du record :
La supraconductivité comme levier technologique
Le cœur du système repose sur des aimants supraconducteurs, capables de générer des champs magnétiques intenses sans pertes électriques significatives. Dans ce type de maglev, le véhicule flotte littéralement au-dessus de la voie, éliminant presque toute friction. L’énergie sert alors presque exclusivement à accélérer la masse, pas à vaincre les frottements.
La difficulté ne réside pas seulement dans la vitesse maximale. Elle se cache dans les transitions brutales. Passer de zéro à 700 km/h, puis revenir à zéro, impose une gestion fine des champs électromagnétiques et du stockage d’énergie transitoire. Les chercheurs parlent d’un pilotage instantané de puissances extrêmes, comparable à ce que l’on rencontre dans certains systèmes de fusion expérimentale ou dans les catapultes électromagnétiques navales.
Hyperloop, un mot qui cesse d’être abstrait
Ce type de performance remet sur la table les concepts de transport en tube à basse pression, souvent regroupés sous le terme hyperloop (popularisé notamment par Elon Musk). Dans un environnement où l’air est raréfié, un maglev supraconducteur pourrait viser des vitesses proches de 1 000 km/h, avec une consommation énergétique contenue.
La Chine ne cache pas ses ambition en la matière. En 2023, une ligne expérimentale de 2 kilomètres à Datong a d’ailleurs été validée, avec une cible affichée de 1 000 km/h à long terme. Le test à 700 km/h sur 400 mètres agit comme une preuve intermédiaire. Il démontre que l’accélération, souvent le talon d’Achille de ces concepts, est désormais sous contrôle.
Quand le rail regarde vers le ciel
L’intérêt de cette technologie dépasse largement le cadre ferroviaire. Les ingénieurs évoquent déjà des applications pour assister le lancement de fusées ou le décollage d’aéronefs lourds. L’idée est simple à visualiser. Fournir une impulsion initiale depuis le sol, là où les moteurs consomment le plus d’énergie, afin de réduire la quantité de carburant embarquée.
Ces systèmes peuvent aussi servir de bancs d’essai terrestres pour l’aéronautique et le spatial. Tester des matériaux, des capteurs ou des équipements à très haute vitesse, sans quitter le sol, réduit les coûts et accélère les cycles de développement.
Une stratégie nationale, pas un projet isolé
La Chine explore plusieurs voies en parallèle. En 2020, CRRC Qingdao Sifang a testé un prototype à 600 km/h en collaboration avec plus de trente institutions, dont Tongji University. D’autres équipes travaillent sur des systèmes à supraconductivité haute température, offrant une lévitation stable, avec une propulsion distincte.
Ce foisonnement technologique n’est pas redondant et permet de comparer, d’optimiser, puis de converger vers des solutions industrielles.
Le maglev supraconducteur électrique apparaît aujourd’hui comme le candidat naturel pour les vitesses extrêmes, surtout en environnement à pression réduite.





👍🏼
Ce qu’on voit semble être un essai sur voies et non pas dans un tube sous vide. C’est pourtant la que réside le problème, insoluble jusqu’à ce jour. Aucun pays, y compris la Chine n’a réussit à créer et maintenir le vide sur une grande distance. On est donc encore loin d’un système fonctionnel qui permettrait d’exploiter l’hyperloop pour concurencer l’avion, si jamais on arrive à le mettre en œuvre.
Cela ne sert a rien…. 0 a 700 km/h en 2 secondes représentant 10g… je vous laisse imaginer l’état de mamie après une telle accélération pour allez voir ces petits enfants…
Bonjour, maitriser ce genre de poussées ne veut pas dire que la technologie est prête à l’emploi comme c’est précisé plusieurs fois dans l’article. Bonne journée,