L’Italie confirme sa place de choix dans un club spatial high-tech très fermé avec un troisième satellite embarquant un radar à synthèse d’ouverture

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Un œil radar franco-italien de plus dans le ciel.

Dans la nuit californienne, à Vandenberg, une fusée s’arrache du sol. À son sommet, un satellite de plus pour COSMO-SkyMed qui pemettra de regarder la Terre « autrement », de jour comme de nuit, à travers les nuages et surtout avec une précision redoutable grâce à son système SAR.

On vous explique dans cet article pourquoi c’est important pour l’Italie et l’Europe !

Lire aussi :

COSMO-SkyMed accélère avec un troisième satellite en orbite terrestre

Le satellite a quitté la Terre le 03 janvier à bord d’une fusée SpaceX Falcon 9, depuis la Vandenberg Space Force Base.
Cinquante-neuf minutes plus tard, le signal est là : acquisition confirmée, satellite opérationnel, pris en charge depuis le centre spatial de Fucino, dans les Abruzzes. La mécanique est bien huilée. Commence désormais la phase dite LEOP, la mise à poste orbitale (qui durera environ neuf jours).

Satellite COSMOS_SkyMed (© Thales Alenia Space)
Satellite COSMOS_SkyMed (© Thales Alenia Space)

C’est un moment clé : vérifications, déploiements et tests initiaux pour s’assurer que cet œil radar flambant neuf voit bien… et voit juste.

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COSMO-SkyMed, ou comment voir sans lumière

COSMO pour COnstellation of Satellites for Mediterranean basin Observation (Constallation de Satellites pour l’observation du bassin méditerranéen) est un des systèmes d’observation radar les plus avancés au monde.

Contrairement aux satellites optiques, COSMO-SkyMed utilise un radar à synthèse d’ouverture ou RSO (en anglais Synthetic Aperture Radar ou SAR) qui est en quelque sorte un appareil photo qui n’utilise pas la lumière, mais des ondes radio, et qui triche intelligemment avec la physique pour voir très finement.

Schéma Radar à synthèse d'ouverture (RSO ou SAR) - crédit : Media24.fr

Au lieu de compter sur une immense antenne lourde, encombrante et impossible à lancer, le satellite embarque une antenne relativement petite et profite de son déplacement orbital. En avançant, il éclaire le même point du sol plusieurs fois, sous des angles légèrement différents. Chaque écho revient avec une petite signature en intensité et en phase, comme des fragments d’un puzzle. Un ordinateur très puissant assemble ensuite tous ces retours pour reconstruire une image ultra-détaillée, comme si le satellite avait utilisé une antenne géante virtuelle longue de plusieurs kilomètres.

Résultat : surveillance des infrastructures, suivi des glissements de terrain, observation des zones inondées, contrôle du trafic maritime, aide à la gestion de crises, missions de défense…

Le satellite COSMO-SkyMed est donc un peu le scanner médical de la planète : il ne montre pas la surface telle qu’on la voit, mais telle qu’elle se déforme, évolue, travaille.

Une seconde génération qui monte en puissance

Ce troisième satellite renforce et modernise la constellation existante.
La Seconde Génération de COSMO-SkyMed remplacera progressivement la première, lancée à partir de 2007. À terme, quatre satellites formeront le système complet, offrant :

  • une meilleure résolution radar,
  • une couverture plus rapide,
  • une flexibilité d’usage accrue, civile comme militaire.

Depuis 2007, COSMO-SkyMed a déjà produit près de 4,3 millions d’images, stockées, analysées, utilisées partout dans le monde.

Une réussite très italienne mais très européenne

Ce programme est une vitrine industrielle. À la manœuvre, le franco-italien Thales Alenia Space, maître d’œuvre du système, responsable de la conception, de la fabrication et de l’intégration des satellites.
L’exploitation en orbite est assurée par Telespazio, depuis son centre de contrôle de Fucino.
Les équipements clés : contrôle d’attitude, gestion de l’énergie viennent de l’italien Leonardo et la commercialisation des données, partout sur la planète, est entre les mains de e-GEOS (italien également).

Le tout est piloté pour le compte de Agence spatiale italienne et du ministère italien de la Défense. Une architecture industrielle dense, cohérente, et redoutablement efficace.

Nous vous avions déjà parlé du rôle de plus en plus important de l’Italie dans le spatial dans cette vidéo :

Quand l’urgence ne peut pas attendre

Lors de catastrophes naturelles (séismes, inondations, glissements de terrain) les données des COSMO-SkyMed permettent de cartographier une zone sinistrée en quelques heures, parfois quand aucun avion ne peut encore décoller.
Aux côtés du programme européen Copernicus, la constellation alimente le Service de gestion des urgences de la Commission européenne, fournissant des cartes vitales pour les secours et les autorités.

Un club très fermé de radars orbitaux

Dans le monde, les constellations radar à synthèse d’ouverture (SAR) capables d’observer la Terre en permanence, avec une haute résolution et une forte réactivité, se comptent sur les doigts d’une main. L’Europe dispose de Sentinel-1, un formidable outil civil du programme Copernicus, pensé pour surveiller les glaces, les océans ou les catastrophes naturelles à grande échelle. L’Allemagne exploite SAR-Lupe, puis désormais SARah, des systèmes résolument militaires, conçus avant tout pour le renseignement stratégique. Les États-Unis s’appuient sur une mosaïque de satellites classifiés, tandis que le Japon, le Canada ou la Chine développent leurs propres plateformes radar.
COSMO-SkyMed, lui, joue une partition à part : une constellation native­ment duale, pensée dès l’origine pour servir à la fois les besoins civils et militaires, avec une résolution élevée, une grande flexibilité d’acquisition et une réactivité quasi opérationnelle. En clair, là où certains systèmes voient large et d’autres voient fin, COSMO-SkyMed fait les deux — et vite.

Trois impacts en moins d’une heure sur la Lune dans la nuit du 14 au 15 décembre

Les grandes constellations SAR dans le monde en 2026

Constellation Pays / organisation Vocation Type d’usage Positionnement par rapport à COSMO-SkyMed
COSMO-SkyMed (2ᵉ génération) Italie (ASI / Défense) Radar SAR haute résolution Civil & militaire (dual) Référence mondiale en flexibilité et réactivité
Sentinel-1 Union européenne (Copernicus / ESA) Radar SAR large couverture Civil Moins précis, mais données ouvertes et continues
SAR-Lupe / SARah Allemagne (Bundeswehr) Radar SAR très haute résolution Militaire Très performant, mais usage strictement militaire
Lacrosse / Topaz États-Unis Radar SAR classifié Militaire Capacités élevées, données non accessibles
RADARSAT-2 / RCM Canada Radar SAR polyvalent Civil & sécurité Bon compromis, moins orienté défense
ALOS-2 / ALOS-4 Japon Radar SAR L-band Civil & scientifique Excellente pénétration végétale, moins tactique
Gaofen SAR Chine Radar SAR multi-satellites Civil & militaire Capacités croissantes, approche intégrée nationale

 

Sources :

  • Communiqué de presse de Thales du 03 janvier 2026
  • ESA, Radar à synthèse d’ouverture (RSO), https://www.esa.int/SPECIALS/Eduspace_Global_FR/SEM7L7D6UQH_0.html

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Eric GARLETTI
Eric GARLETTIhttps://www.eric-garletti.fr/
Je suis curieux, défenseur de l'environnement et assez geek au quotidien. De formation scientifique, j'ai complété ma formation par un master en marketing digital qui me permet d'aborder de très nombreux sujets. Depuis 2025 Ambassadeur du Spatial pour le CNES

1 COMMENTAIRE

  1. Bravo à nos chers Italiens ! Ils performent de plus en plus à Tous les niveaux et ici dans le Spacial en se retrouvant bientôt juste derrière les 3 grandes puissances ! Impressionnant ! Ils ne leurs manque plus qu une base de lancement de leurs merveilleuses fusée qu est la derniere version VEGA du grande groupe Aéro Spacial AVIO!!! Chapeau bas.
    Merci Thank you merci a vous et à Tous

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