Une nouvelle méthode chinoise pour produire les oléfines plus écologiquement.
Des chercheurs chinois viennent d’offrir un sacré lifting à l’un des sous-produits du charbon : l’oléfine (davantage appelée alcène de nos jours). Sans changer la matière première, sans magie verte, ils ont réussi à tripler le rendement de production de ce composant clé de l’industrie moderne, tout en réduisant les émissions de CO₂ à presque zéro.
Le plus fou dans cette histoire ? Ce miracle ne tient pas à une technologie futuriste mais à un petit changement dans le parcours des molécules. Une sorte de raccourci intelligent dans la cuisine chimique.
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Quand la Chine rend le charbon (un peu) plus intelligent
On imagine souvent le charbon comme un gros tas noir qu’on brûle pour produire de la chaleur. Ce n’est pas faux mais cela est réducteur.
On l’utilise pour une foule d’autres activités, à commencer par la chimie.
L’une d’elle concerne la production d’alcènes/oléfines : des molécules de carbone et d’hydrogène, avec une double liaison qui les rendent très réactives (CnH2n).
On les utilise comme briques de base de la chimie industrielle, par exemple pour fabriquer des plastiques comme le polyéthylène ou le polypropylène que vous pouvez retrouver un peu partout autour de vous (jusque dans les les pare-chocs de voiture).
Le hic c’est que pour transformer du charbon en alcènes/oléfines, il faut passer par plusieurs étapes complexes, un peu comme si vous deviez cuisiner un plat à quatre casseroles… en perdant un ingrédient à chaque fois. Résultat : beaucoup de CO₂, et beaucoup de gâchis.
Une astuce de chimiste : changer l’ordre des étapes
L’idée chinoise est assez simple : changer le chemin que prennent les molécules au cœur du processus pour bloquer certaines réactions inutiles, qui avaient tendance à envoyer du carbone à la poubelle sous forme de CO₂, et forcer les molécules à prendre un meilleur raccourci.
En anglais, on parle d’un molecular switch, un interrupteur chimique.
Et le bonus ? Le procédé, en étant plus efficace, produit trois fois plus d’alcènes/oléfines pour la même quantité de charbon. Pas mal, non ?
Ce n’est pas vert mais c’est malin
On ne va pas se mentir : ça ne rend pas le charbon propre. Il est toujours extrait, transporté, consommé. Il reste un combustible fossile.
Mais ce que montre cette avancée, c’est que le progrès ne passe pas toujours par tout jeter pour tout réinventer. Il passe parfois par faire mieux avec ce qu’on a.
On parle ici de millions de tonnes de produits chimiques, fabriqués chaque année en Chine. Si chaque tonne de charbon donne plus de produit, on extrait moins, on brûle moins, on relâche moins.
Surtout, on arrête de gaspiller du carbone en le transformant bêtement en CO₂, d’autant que la méthode pourrait servir dans d’autres domaines, comme la production de carburants à partir de gaz ou de pétrole.
Ci-dessous, une autre de ses découvertes « pragmatiques » pour rendre notre quotidien plus vert :
Un marché des alcènes/oléfines en pleine expansion
Le marché mondial des alcènes/oléfines est en pleine expansion. D’après une étude publiée en septembre 2025 par Zion Market Research, il pesait environ 264 milliards de dollars (225,5 milliards d’euros) en 2024, et devrait atteindre près de 428 milliards d’ici 2034 (365,6 milliards d’euros). Ce dynamisme est tiré par la forte demande en polyéthylène et polypropylène, qui représentent à eux seuls plus de 60 % de la consommation totale des alcènes.
Sans surprise, c’est la région Asie-Pacifique qui domine largement ce marché, grâce à sa capacité industrielle et à une demande intérieure explosive. La Chine, en particulier, est à la fois le premier producteur et le premier consommateur mondial d’alcènes/oléfines, avec des investissements massifs dans la pétrochimie nationale pour réduire sa dépendance aux importations d’hydrocarbures. Elle s’appuie pour cela sur des matières premières comme le charbon ou le gaz, là où d’autres régions privilégient le naphta ou les liquides issus du pétrole.
Cette position centrale permet à la Chine de peser lourdement sur l’équilibre du marché mondial… et d’expérimenter des procédés innovants pour en améliorer l’efficacité chimique comme énergétique.
En résumé :
Source :
Efficient conversion of polyethylene to light olefins by self-confined cracking and reforming. (en français : « Conversion efficace du polyéthylène en oléfines légères par craquage et reformage auto-confinés »).
Dong, Z., Peng, B., Xiao, N. et al.
Nature Communications, vol. 16, article 7964 (2025).
https://doi.org/10.1038/s41467-025-63116-8
Image : Gros plan sur les mains d’une jeune femme tenant un tube à essai contenant un liquide jaune (Freepik).




