Delta mise sur le long-courrier pour étendre son terrain de jeu.
À Toulouse, le 28 janvier 2026, Delta Air Lines a confirmé ce que beaucoup observaient déjà dans ses plans de flotte. Le transporteur américain a passé une commande ferme de 31 avions long-courriers de dernière génération, répartis entre 16 A330-900 et 15 A350-900.
Une décision qui s’inscrit dans une stratégie centrée sur l’international et sur une montée en gamme.
Une fois ces appareils livrés, la flotte long-courrier de Delta comptera 55 A330neo et 79 A350.
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Delta Air Lines passe une commande ferme de 31 avions long-courriers de dernière génération auprès d’Airbus
Delta Air Lines, un centaine géant aux Etats-Unis
Née en 1924 en Louisiane comme simple compagnie d’épandage agricole, Delta n’était pas destinée à devenir un géant mondial. Le virage vers le transport de passagers, amorcé dès 1929 sous l’impulsion de C.E. Woolman, marqua le début d’une trajectoire ascendante, construite par couches successives.
L’installation à Atlanta en 1941 fonda les bases d’un futur hub planétaire et le dernier « grand » basculement intervint en 2008, lorsque Delta absorba Northwest Airlines, unifiant en un seul réseau cohérent les marchés américain, européen, asiatique et latino-américain.
Un peu moins de vingt ans plus tard, les chiffres parlent d’eux-mêmes. 63,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025, soit environ 58 milliards d’euros (première compagnie aérienne du monde à ce niveau), une flotte de 992 avions principaux complétée par 329 appareils régionaux, et 343 destinations dans 66 pays. La dynamique est tirée par le haut : revenus premium en hausse, fret en progression, activité de maintenance en forte croissance, et une confiance affichée dans l’avenir, avec une prévision de bénéfices encore en hausse pour 2026.
Une relation Airbus–Delta devenue structurelle
Delta exploite déjà plus de 500 avions Airbus, de l’A220 à l’A350-900. Peu de compagnies peuvent afficher une telle continuité sur toute la gamme.
Le carnet de commandes actuel dépasse 200 appareils, incluant également l’A350-1000, version allongée destinée aux routes les plus denses.
Cette nouvelle commande renforce un partenariat ancien, bâti sur la standardisation, la fiabilité et la lisibilité industrielle. Pour une compagnie de cette taille, réduire la diversité des plateformes est un levier direct sur les coûts, la formation et la maintenance.
L’A330neo, le long-courrier polyvalent par excellence
Propulsé par les Rolls-Royce Trent 7000, l’A330-900 est conçu pour voler jusqu’à 15 000 kilomètres sans escale.
Ce rayon d’action couvre l’essentiel des besoins transatlantiques et une grande partie des liaisons intercontinentales.
Par rapport aux appareils de génération précédente, il permet une réduction d’environ 25 % de la consommation de carburant, des émissions de CO₂ et des coûts d’exploitation.
Dans un réseau comme celui de Delta, cela signifie des lignes plus rentables, mais aussi la possibilité d’ouvrir des routes plus fines, sans devoir remplir un très gros-porteur.
L’A330neo agit comme un couteau multifonction du long-courrier. Capable de tout faire correctement, souvent là où un appareil plus grand serait surdimensionné.

L’A350, la colonne vertébrale des routes intercontinentales
L’A350-900 joue dans une autre catégorie.
Avec une autonomie pouvant atteindre 18 000 kilomètres, il relie des continents sans compromis, tout en intégrant des technologies de pointe. Structure largement en matériaux composites, aérodynamique optimisée, moteurs de dernière génération.
Là encore, l’avantage économique est clair. Environ 25 % de gain sur la consommation, les coûts et les émissions, par rapport aux appareils qu’il remplace.
Le confort comme élément de différenciation
Les A330neo et A350 partagent la cabine Airspace, pensée pour améliorer l’expérience passager sur les vols longs.
Ambiances lumineuses évolutives, rangements optimisés, réduction du bruit, circulation plus fluide à bord. Ce sont des détails mais accumulés, ils changent un vol de dix heures et assoient la réputation de la compagnie qui jouent sur le haut de gamme.
SAF et trajectoire environnementale
Comme tous les avions Airbus récents, l’A330neo et l’A350 peuvent voler avec jusqu’à 50 % de carburant d’aviation durable.
L’objectif affiché par Airbus est clair. Atteindre 100 % de compatibilité SAF d’ici 2030.
Pour Delta, cela ouvre la voie à une réduction progressive de l’empreinte carbone, sans attendre une rupture technologique.
À noter qu’Airbus a également marqué 2025 par un exploit technologique :
2025, un bon cru qui annonce une excellente année 2026
Avec cette commande qui devrait théoriquement se situer au-dessus des 4 milliards d’euros (8,2 milliards d’euros au prix catalogue mais qui sera sans doute « raboté » de moitié comme c’est l’usage dans le secteur), on peut dire qu’Airbus attaque bien 2026 qui devrait confirmé sa très bonne année 2025.
Le groupe européen Airbus a en effet conservé sa place de leader mondial en 2025 devant Boeing avec 793 avions commerciaux livrés, soit 4 % de plus qu’en 2024, et ce malgré un environnement industriel encore sous tension.
L’objectif initialement fixé à 790 appareils a été légèrement dépassé, un signe de bonne santé révélateur dans un contexte marqué par des retards chez certains fournisseurs, notamment Spirit AeroSystems (dont il a récemment acquis un partie). Le carnet de commandes a atteint un record de 8 754 avions, représentant environ 570 milliards d’euros, alimenté par 889 commandes nettes (1000 moins les annulations), dont 705 pour les familles A220 et A320.
Cette base assure une visibilité de long terme rarement atteinte dans l’aéronautique civile. En parallèle, les autres branches ne sont pas en reste. Les hélicoptères Airbus pèsent désormais pour environ 51 % du marché civil mondial (536 ventes nettes en 2025), tandis que les activités défense et espace poursuivent leur progression (+17% de chiffre d’affaires sur le premier semestre 2025).
Sources :
- Delta Air Lines, « Chiffre d’affaires record de 58,3 milliards de dollars pour Delta Air Lines »,
article d’analyse économique revenant sur les résultats financiers récents du groupe, la dynamique post-pandémie et les performances opérationnelles de la compagnie américaine. - Airbus, Résultats financiers et informations investisseurs,
données officielles publiées par le groupe sur le chiffre d’affaires, la rentabilité, les livraisons et les perspectives industrielles, servant de référence pour l’analyse financière du secteur aéronautique. - Communiqué de presse d’Airbus sur la commande de 31 appareils par Delta Air Lines



