La NASA dévoile son nouvel allié dans la conquête de la Lune et de Mars : Athena qui entre dans l’histoire comme son plus puissant supercalculateur jamais construit

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Un cerveau numérique pour tester l’impossible sans casser de fusée.

Quand une fusée explose sur son pas de tir, ce n’est pas qu’une triste histoire d’ingénierie spatiale qui capote mais bien une histoire de « gros sous » qui s’envolent.

Chaque test raté coûte des millions d’euros, parfois bien plus et c’est précisément pour éviter ce genre de désagrément que la NASA vient de mettre en service Athena, son nouveau supercalculateur. Un bijou technologique formidable capable d’effectuer 20 quadrillions de calculs par seconde. Dit autrement, 20 millions de milliards d’opérations chaque seconde (ou 20 000 000 000 000 000 si vous aimez les nombre avec plein de 0).

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Athena, le nouveau cœur numérique de la NASA

Présenté officiellement le 27 janvier 2026, Athena est désormais le supercalculateur le plus puissant et le plus efficace jamais exploité par la NASA. Il est installé au sein du centre Ames, dans la Silicon Valley, au cœur de la Modular Supercomputing Facility.

Athena s’inscrit dans le programme HECC, pour High-End Computing Capability, le dispositif qui fournit la puissance de calcul lourde à l’ensemble des missions spatiales, aéronautiques et scientifiques de l’agence.

Plus les missions deviennent complexes (Lune et Mars en ligne de mire), plus les équations deviennent longues à résoudre. et c’est tout l’objectif de Athena qui vient rééquilibrer la balance.

Vingt pétaflops ,ça veut dire quoi ?

La mise en service d’Athena répond à une tension très concrète sur les capacités de calcul de la NASA. Avec ses 20,13 pétaflops, Athena remplace directement Pleiades, un système plafonnant à 7,09 pétaflops, mis hors service plus tôt ce mois-ci.  En 2024, un rapport de l’Inspection générale de la NASA pointait des ressources de calcul saturées, sursollicitées, et trop largement dépendantes de processeurs classiques pour répondre aux besoins croissants des missions. Les directions opérationnelles demandaient plus de temps machine qu’il n’en existait réellement.

Athena apporte une première réponse, en renforçant le pilier central du programme HECC, aux côtés d’autres systèmes comme Cabeus, Aitken ou Discover. Elle reste une machine orientée CPU, ce qui explique pourquoi la NASA a aussi renforcé en parallèle son supercalculateur Cabeus avec 350 nœuds Nvidia GH200 en mars 2025, ajoutant plus de 13 pétaflops supplémentaires.

Le supercalculateur de la NASA : Athena mis en service en janvier 2026.
Le supercalculateur de la NASA : Athena mis en service en janvier 2026.

Simuler un lancement vaut mieux que réparer une fusée

Le premier usage d’Athena est la simulation physique avancée : décollage de fusée, séparation des étages, contraintes mécaniques, turbulences, vibrations. etc. Chaque phase peut désormais être modélisée avant même qu’un boulon ne soit serré.

Ces simulations permettent de réduire drastiquement le nombre de tests physiques, et donc les coûts associés. Quand un essai réel se chiffre en millions d’euros, une simulation ratée ne coûte qu’un peu de temps machine.

Le même principe s’applique à l’aéronautique. Athena servira à concevoir des avions de nouvelle génération, plus économes en carburant, en testant virtuellement leur comportement avant la fabrication du moindre prototype.

Un outil pour l’IA scientifique à grande échelle

Athena est aussi conçu pour entraîner des modèles d’intelligence artificielle de grande taille, pas en mode LLM comme ChatGPT mais plutôt pour analyser des données scientifiques massives : images satellites, données atmosphériques, mesures issues de missions spatiales… Athena peut parcourir des pétaoctets de données, détecter des motifs invisibles à l’œil humain, et accélérer des découvertes qui prendraient autrement des années.

Un exemple parlant : la simulation des tempêtes solaires et de leurs effets sur l’atmosphère terrestre, impossible à calculer auparavant est qui est un enjeu majeur pour les satellites, les réseaux électriques et les communications.

Une approche hybride, entre machine physique et cloud

Avec Athena, la NASA change aussi sa façon de voir le calcul scientifique. Le système ne fonctionne pas en vase clos et s’intègre dans une architecture hybride, combinant la puissance brute d’un supercalculateur sur site et la flexibilité de plateformes cloud commerciales.

Un chercheur peut ainsi choisir l’environnement le plus adapté à son besoin, par exemple calcul intensif pur sur Athena et traitement distribué ou stockage temporaire dans le cloud. Cette souplesse devient essentielle à mesure que les projets gagnent en complexité.

Athena est donc une pièce maîtresse dans un écosystème de calcul plus large.

Une machine ouverte à la communauté scientifique

Athena est opérationnelle à pleine capacité depuis le 14 janvier 2026. Elle est accessible non seulement aux chercheurs de la NASA, mais aussi à des scientifiques externes travaillant sur des programmes soutenus par l’agence, après validation de leur demande.

Ce partage de ressources permet de mutualiser l’investissement et d’accélérer l’innovation bien au-delà des murs de la NASA.

El Capitan, l’autre extrême du calcul américain

Athena n’est pas le seul supercalculateur capable de ce genre de calculs complexes. Entre autres exemples, le plus puissants d’entre eux : El Capitan, installé au Lawrence Livermore National Laboratory, joue dans une catégorie encore différente.

Fin 2025, il a battu le record mondial de la plus grande simulation de dynamique des fluides jamais réalisée, dépassant 500 quadrillions de degrés de liberté. Concrètement, cela revient à modéliser, point par point, le comportement chaotique des jets brûlants de plusieurs moteurs-fusées fonctionnant simultanément, comme ceux d’un lanceur lourd. El Capitan s’appuie sur plus de 11 000 nœuds de calcul équipés de processeurs AMD Instinct MI300A, pour une puissance dépassant 1,7 exaflop, soit plus de 1 700 millions de milliards de calculs par seconde.

Comme vous l’avez compris, Athena a des ambitions plus modeste et ne figure pas dans le top 5 mondial des supercalculateurs dans le monde, ses 20 PFlop/s étant bien inférieurs aux plus de 1000 EFlop/s des leaders comme El Capitan ou Jupiter. Il se classe probablement autour de la 100-200e place globale, mais domine les systèmes dédiés à l’aérospatiale et la recherche spatiale.

Le top 5 des supercalculateurs dans le monde en janvier 2026 :

Rang Nom Puissance (EFlop/s) Pays Site
1 El Capitan 1,742 États-Unis Lawrence Livermore National Lab ​
2 Frontier 1,206 États-Unis Oak Ridge National Lab ​
3 Aurora 1,012 États-Unis Argonne National Lab ​
4 Jupiter 1,000 Allemagne (EuroHPC) Forschungszentrum Jülich
5 Eagle ~0,793 (estimé) États-Unis Microsoft ​

 

Un nom qui résume l’intention

Le nom Athena a été choisi par les équipes elles-mêmes en 2025. Une référence à la déesse de la sagesse, sœur d’Artémis.

Alors que les équipes préparent le vol d’essai Artemis II, avec une répétition générale de lancement imminente, Athena tourne déjà en arrière-plan. Elle vérifie, anticipe et corrige… pour éviter que le pire n’arrive !

Sources :

  • NASA Advanced Supercomputing (NAS), « Athena Supercomputer Resources »,
    page officielle décrivant l’architecture du supercalculateur Athena, ses performances, son efficacité énergétique et les types de calculs scientifiques et d’ingénierie qu’il supporte pour les programmes de la NASA.
  • Data Center Dynamics, « NASA’s Athena supercomputer comes online »,
    article d’actualité spécialisé revenant sur la mise en service d’Athena, son positionnement parmi les supercalculateurs de nouvelle génération et ses implications pour le calcul haute performance et les infrastructures de données.
  • NASA, « NASA launches its most powerful, efficient supercomputer »,
    communiqué institutionnel présentant le lancement d’Athena, ses gains en puissance et en efficacité par rapport aux systèmes précédents, ainsi que son rôle stratégique pour la recherche spatiale, la modélisation et la simulation avancée.

Image : Image de Mars prise par la sonde Rosetta en 2007 lors de son survol pour atteindre la comète Tchoury. © ESA & MPS for OSIRIS Team MPS/UPD/LAM/IAA/RSSD/INTA/UPM/DASP/IDA CC-BY-SA 3.0 IGO

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Eric GARLETTI
Eric GARLETTIhttps://www.eric-garletti.fr/
Je suis curieux, défenseur de l'environnement et assez geek au quotidien. De formation scientifique, j'ai complété ma formation par un master en marketing digital qui me permet d'aborder de très nombreux sujets. Depuis 2025 Ambassadeur du Spatial pour le CNES

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