2026 va être une bonne année et ça commence avec cette excellente nouvelle pour la planète : le désert pourra bientôt être utilisé pour faire du béton

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Quand le sable du désert cesse d’être un problème.

Dans le bâtiment, il y a un paradoxe dont on parle peu : le sable manque ! Un paradoxe quand on sait qu’il couvre une bonne partie de la planète (20% des terres émergées).

En fait, le sable du désert était jusqu’ici trop fin pour être utilisé dans l’élaboration du béton. En résulte une hérésie écologique consistant à « piller » les côtes de pays comme le Sénégal pour en extraire du sable utile (favorisant des problèmes d’environnement comme on le verra plus bas).

Mais ça, c’est avant !

Des chercheurs viennent de remettre en cause ce modèle, en montrant que le sable du désert peut devenir un matériau de construction viable, à condition de changer complètement de recette.

Il faut nous croire quand on vous dit que 2026 sera une BONNE année !

Lire aussi :

Des chercheurs mettent en évidence une nouvelle méthode pour faire du béton à partir de sable du désert

Le sable, qu’on croit infini parce qu’il est partout sous nos pieds, est en réalité une ressource sous forte tension, au point que certains scientifiques parlent déjà d’un risque de crise mondiale. En soixante ans, sa consommation a triplé pour atteindre environ 50 milliards de tonnes par an, tirée par l’explosion démographique, l’urbanisation et un secteur du bâtiment qui repose massivement sur le béton, dont les deux tiers de la masse sont constitués de sable. Le problème est simple à énoncer et redoutable à gérer : le sable est consommé beaucoup plus vite qu’il ne se reconstitue, les processus géologiques prenant des centaines de milliers d’années.

Faute de sable exploitable à terre, l’extraction se déplace vers les rivières, les littoraux et les fonds marins, avec des conséquences environnementales lourdes, érosion des côtes, destruction des habitats, salinisation des nappes phréatiques, sans oublier le développement de filières illégales dans plusieurs pays. Face à cette impasse, les pistes existent mais demandent un changement de réflexe : recycler systématiquement les déchets de construction, réutiliser le sable issu du béton démoli, développer des matériaux alternatifs, mieux encadrer l’extraction et surtout réduire le gaspillage sur les chantiers… et inventer de nouvelles façons de produire du béton !

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Pourquoi le sable du désert ne fonctionne pas dans le béton classique ?

Dans un béton ordinaire, le sable joue un rôle mécanique clé. Ses grains anguleux s’emboîtent et créent des accroches. Le ciment vient ensuite figer l’ensemble.

Le sable du désert, lui, ressemble à des billes microscopiques. Le vent les a polies pendant des milliers d’années. Elles glissent les unes sur les autres. Impossible de créer une structure résistante avec les recettes habituelles.

C’est pour cette raison que, malgré son abondance, ce sable a jusqu’ici été systématiquement écarté des chantiers.

Un béton sans ciment… ou presque

L’idée vient des équipes de chercheurs de la Norwegian University of Science and Technology et de l’University of Tokyo ont mis au point un prototype baptisé béton de sable botanique.

Le principe est simple : remplacer le ciment classique par des liants d’origine végétale, ajouter de fines particules de bois, puis transformer l’ensemble sous l’effet combiné de la chaleur et de la pression.

Changer de logique plutôt que forcer le matériau

Les chercheurs ont pris le problème à l’envers : plutôt que d’adapter le sable au béton, ils ont adapté le procédé au sable.

Dans les laboratoires de Tokyo, le sable désertique a été mélangé à des additifs végétaux et à de la poudre de bois. L’ensemble est ensuite soumis à des cycles précis de température et de pression.

En jouant sur le dosage, le temps de pressage et la chaleur, l’équipe a obtenu un matériau dense, cohérent, sans recourir aux procédés lourds de fabrication du ciment.

Des performances réelles, mais ciblées

Les tests montrent que ce béton végétal à base de sable du désert atteint une résistance suffisante pour des usages non structurels comme les pavés, dalles, cheminements piétons et autres aménagements urbains légers.

Pas question pour le moment de construire des immeubles ou des ponts. Les chercheurs restent prudents. Le comportement à long terme, notamment en climat froid ou humide, doit encore être évalué.

Il ne s’agit pas encore d’un miracle écologique mais d’un élargissement du champ des possibles.

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Un enjeu climatique difficile à ignorer

Le béton n’est pas un matériau neutre. La production mondiale de ciment dépasse quatre milliards de tonnes par an. Elle représente environ 8 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone.

Chaque alternative crédible, même partielle, compte.

Le béton de sable botanique ne remplacera pas le béton classique (du moins pas dans l’immédiat) mais il constitue un pas dans la bonne direction.

Sources :

  • Botanical sandcrete: An environment-friendly alternative way to the mass utilization of fine (desert) sand (en français : « Sandcrete botanique : une alternative respectueuse de l’environnement pour l’utilisation à grande échelle des sables fins (désertiques) »),
    Ren Wei, Tsukamoto Atsuki, Guomin Ji, Yuya Sakai,
    Journal of Building Engineering,
    Volume 113, 2025, 114078, ISSN 2352-7102,
    https://doi.org/10.1016/j.jobe.2025.114078.
  • Norwegian SciTech News, Can desert sand be used to build houses and roads?,
    article scientifique publié en janvier 2026 explorant les limites physiques et mécaniques du sable désertique pour la construction, les pistes de recherche pour le rendre exploitable (traitements, liants, impression 3D) et les implications pour les matériaux du futur.
  • Finalcad, Sable : une crise mondiale sous-estimée,
    analyse sectorielle en français revenant sur la pénurie mondiale de sable de construction, ses causes (urbanisation, béton, infrastructures), ses impacts économiques et environnementaux, ainsi que les solutions émergentes pour réduire la dépendance à cette ressource critique.

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
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