Il pèse le poids d’un gorille adulte et pourtant l’Europe va devoir sacrifier ce satellite pour la bonne cause

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En savoir plus sur que traverse vraiment un satellite quand il revient sur Terre.

Lorsqu’un satellite arrive en fin de mission, il ne s’éteint pas calmement dans le vide.
Il chute à très grande vitesse et pénètre dans une atmosphère qui devient, en quelques secondes, de plus en plus dense et hostile : la température grimpe brutalement, les forces mécaniques augmentent et la structure commence à céder.

Ce moment est bref, spectaculaire et encore très mal compris.
C’est précisément cette phase finale que l’Agence spatiale européenne (l’ESA) veut observer de près, pour la première fois, avec une mission dédiée.

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Draco, le satellite conçu pour disparaître

La mission Draco, pour Destructive Reentry Assessment Container Object, repose sur une idée simple : construire un satellite dont l’objectif n’est pas de durer, mais de se détruire volontairement dans l’atmosphère terrestre, tout en mesurant ce qui s’y passe.

Contrairement aux rentrées classiques, souvent subies et peu instrumentées, Draco est pensé comme une expérience scientifique à part entière et sera bardé de composants capables fournir des données pendant sa propre destruction.

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Comprendre pour réduire les débris spatiaux

Depuis plusieurs années, l’ESA défend une approche dite Zero Debris.
Le principe consiste à limiter au maximum la production de débris en orbite et au sol, aussi bien lors des collisions que lors des rentrées atmosphériques.

Pour y parvenir, il faut comprendre précisément comment les satellites brûlent.
Il faut savoir quelles pièces se consument entièrement, lesquelles résistent et à quelle altitude elles se fragmentent.
Sans ces informations, concevoir des satellites capables de disparaître complètement reste largement théorique.

Un laboratoire embarqué dans un satellite volontairement sacrifié

Draco pèsera entre 150 et 200 kilogrammes, soit à peu près le poids d’un gorille mâle adulte.
Après son lancement en orbite basse, il entamera sa descente moins de 12 heures plus tard, au-dessus d’une zone océanique inhabitée.

À bord, l’instrumentation est dense : environ 200 capteurs mesureront les températures, les contraintes mécaniques et la pression et quatre caméras filmeront la désintégration progressive de la structure, afin de replacer les données dans leur contexte physique.

Une rentrée observée minute par minute

Pendant la phase la plus violente de la rentrée, Draco stockera ses données dans une capsule protégée. Une fois un parachute déployé, cette capsule transmettra les informations vers un satellite géostationnaire.

Le temps disponible est limité. Les ingénieurs pensent pouvoir disposer d’une fenêtre  d’environ 20 minutes pour envoyer l’ensemble des mesures avant l’amerrissage final.
Chaque seconde de transmission compte, car ces données sont impossibles à reproduire autrement.

Pourquoi les simulations actuelles montrent leurs limites

Aujourd’hui, les scientifiques utilisent principalement des modèles numériques et des essais au sol pour étudier les rentrées atmosphériques. Ces outils sont utiles, mais ils restent imparfaits.
Un satellite réel est un assemblage complexe de métaux, de composites, d’électronique et de réservoirs, qui interagissent entre eux sous des conditions extrêmes.

Certaines réactions ne se manifestent qu’en conditions réelles. Sans mesures directes, ces phénomènes restent invisibles et peuvent conduire à des erreurs d’estimation sur la survie de certains composants.

Sécurité au sol et pollution en haute altitude

Les rentrées atmosphériques posent un double problème. Elles peuvent présenter un risque pour les populations ou le trafic aérien si des débris survivent jusqu’aux basses altitudes.
Elles libèrent aussi des produits d’ablation dans la haute atmosphère.

Ces particules, issues de la combustion des matériaux, interagissent avec les aérosols et la chimie stratosphérique. Leur impact potentiel sur l’ozone et l’équilibre atmosphérique reste encore mal quantifié.

Une illustration du Draco de l’ESA.
Une illustration du Draco de l’ESA.

Une mission qui intéresse bien au-delà de l’ingénierie spatiale

Les données de Draco intéressent autant les spécialistes de la sécurité spatiale que les chercheurs en sciences de l’atmosphère. Elles permettront de mieux comprendre comment les émissions liées aux rentrées influencent les couches supérieures de l’atmosphère.

Plusieurs scientifiques estiment que ces mesures pourraient améliorer les modèles climatiques et affiner l’évaluation des effets cumulés des rentrées de satellites, de plus en plus fréquentes.

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Une expérience unique pour préparer les satellites de demain

L’objectif à long terme de Draco est clair : concevoir des satellites qui se consument entièrement, sans laisser de trace durable ni en orbite, ni dans l’atmosphère, ni au sol.
Draco agit comme une expérience volontairement sacrificielle, au service d’un espace plus sûr et mieux maîtrisé.

Sources :

  • Space.com, What actually happens to a spacecraft during its fiery last moments? Here’s why ESA wants to find out,
    article de vulgarisation scientifique expliquant les phénomènes physiques à l’œuvre lors de la rentrée atmosphérique des satellites, les incertitudes actuelles sur la désintégration des matériaux et les enjeux environnementaux et de sécurité associés aux débris spatiaux.
  • Agence spatiale européenne (ESA), DRACO: a mission made for destruction,
    page officielle de l’ESA présentant la mission DRACO (Destructive Reentry Assessment Container Object), ses objectifs scientifiques, les capteurs embarqués et son rôle clé dans la compréhension et la maîtrise de la fin de vie des engins spatiaux.

 

 

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Eric GARLETTI
Eric GARLETTIhttps://www.eric-garletti.fr/
Je suis curieux, défenseur de l'environnement et assez geek au quotidien. De formation scientifique, j'ai complété ma formation par un master en marketing digital qui me permet d'aborder de très nombreux sujets. Depuis 2025 Ambassadeur du Spatial pour le CNES

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