La NASA fait confiance depuis des années en l’expertise d’Airgas pour l’azote indispensable à ses fusées.
Dans la nuit du 1er au 2 avril 2026, la gigantesque fusée Space Launch System s’est arrachée du sol du Centre spatial Kennedy, direction la Lune.
À son bord, quatre astronautes pour une mission de dix jours autour de notre satellite.
C’est un moment historique puisque l’homme n’était pas allé de notre satellite depuis Apollo 17 en 1972, plus de cinquante ans !
Aujourd’hui nous allons vous parler d’un acteur français que vous ne connaissez probablement pas et sans lequel le Space Launch System (SLS) ne pourrait pas décoller : Airgas.
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Airgas fournit un gaz indispensable à Artemis II : l’azote
Tout le monde sait qu’une fusée à besoin de carburant comme par exemple du kérosène pour décoller. Ce qui est moins connu c’est qu’avant même l’allumage des moteurs qui permettront d’arracher l’engin à la gravité terrestre, une autre bataille se joue : celle de la préparation des systèmes.
L’azote haute pression intervient à plusieurs moments critiques :
- Purge des conduites : en chassant toute trace d’humidité ou de gaz indésirable
- Pressurisation : en maintenant certains circuits à la bonne pression
- Protection : en évitant les réactions chimiques ou les condensations dangereuses
- Sécurisation électronique : en protégeant les équipements sensibles
Dans un lanceur comme le SLS, ces opérations doivent être exécutées avec une précision chirurgicale. Une impureté, une pression mal contrôlée, et c’est toute la séquence de lancement qui serait compromise !
La fusée a ainsi besoin d’un débits extrêmement élevés d’azote liquide, délivrés en continu, surtout dans les dernières heures du compte à rebours.
Une entreprise française au cœur du lancement américain
C’est là qu’intervient notre champion du jour : Airgas, une filiale américaine du groupe français Air Liquide.
Depuis son site de Merritt Island, en Floride (à quelques kilomètres du pas de tir) Airgas a fourni l’azote haute pression nécessaire au lancement d’Artemis II.
Ce site a été implanté précisément pour répondre aux besoins du Centre spatial Kennedy, avec une capacité à délivrer des volumes massifs de gaz, à des pressions très élevées et avec une fiabilité absolue
Airgas, c’est tout de même 18 000 salariés répartis sur 1 400 sites aux Etats-Unis.
La relation entre Air Liquide et la NASA remonte à plus de 50 ans. Depuis les premiers programmes spatiaux, l’entreprise française est présente, en coulisses, sur des missions qui ont marqué l’histoire.
Si l’azote n’est pas un acteur très connu de la course à l’espace, il n’en demeure pas moins indispensable.
Air Liquide, un acteur clé sans jamais être sous les projecteurs
Air Liquide intervient à plusieurs niveaux dans le secteur spatial :
- Fluides cryogéniques pour les lanceurs
- Gaz rares (xénon, krypton, argon) pour la propulsion des satellites
- Systèmes de refroidissement pour les instruments embarqués
- Piles à combustible régénératives pour les futures missions habitées
Autrement dit, l’entreprise touche à presque tout ce qui circule dans un système spatial.
Avec plus de 60 ans d’expérience, elle participe aux grands programmes internationaux, souvent sans être visible du grand public.

Source : NASA – Artemis II Launch (NHQ202604010215).
Artemis II, un retour sur la Lune et des premières
La mission Artemis II ne se contente pas de marquer le retour de l’Homme vers la Lune. Elle est uassi le symbole de l’évolution de notre société depuis le dernier vol en 1972.
Côté équipage, on compte ainsi :
- Christina Koch, première femme sur une mission lunaire
- Victor Glover, premier astronaute noir dans ce type de mission
- Jeremy Hansen, premier Canadien à s’aventurer aussi loin
La mission ne prévoit pas d’alunissage, les astronautes vont pour cette fois effectuer « simplement » un tour complet de la Lune, passant derrière sa face cachée, avant de revenir sur Terre.
L’objectif réel de la mission est ainsi de préparer le terrain à Artemis III, prévu autour de 2028 et qui verra cette fois des Hommes (re)marcher sur la Lune.
Dans le même temps, la compétition s’intensifie. La Chine vise également une mission habitée lunaire autour de 2030.
Mais si la compétition est là, rappelons que cette mission Artemis II n’a été rendue possible que grâce à une coopération internationale. Les Européens ont fabriqué le module de service qui propulse Orion, même si leur place dans les futures missions lunaires reste à négocier avec Washington.
Le secteur privé est clairement au cœur du programme spatial de la NASA avec entreprises privées SpaceX avec Starship, Blue Origin avec Blue Moon qui travaillent notamment au développement des alunisseurs sans lesquels aucun astronaute ne posera le pied sur le régolithe lunaire.
Dans cette constellation d’acteurs, la contribution d’une entreprise comme Airgas est moins visible mais tout aussi indispensable.
Sources :
- Air Liquide, Airgas, filiale du groupe Air Liquide, fournit de l’azote haute pression indispensable pour le lancement historique de la mission Artemis II de la NASA (2 avril 2026),
https://www.airliquide.com/fr/groupe/communiques-presse-actualites/02-04-2026/airgas-filiale-du-groupe-air-liquide-fournit-de-lazote-haute-pression-indispensable-pour-le
communiqué officiel détaillant la contribution d’Airgas à Artemis II - Cité de l’Espace, Tout savoir sur la mission Artemis II avant le décollage (mars 2026), https://www.cite-espace.com/actualites-spatiales/tout-savoir-sur-la-mission-artemis-ii-avant-le-decollage/
présentation complète du plan de vol, du calendrier et des objectifs techniques de la mission. - Wikipédia, Artemis II,
https://fr.wikipedia.org/wiki/Artemis_II
article encyclopédique détaillant l’historique du programme, la composition de l’équipage, le plan de vol et les objectifs scientifiques et techniques de la mission.




