La France voulait créer un ‘Saint-Tropez asiatique’ et elle a donné naissance à ce petit bijou encore préservé au Cambodge : Kep-sur-Mer

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Kep, ce coin du Cambodge où les crabes, les ruines et la mer racontent une revanche inattendue.

À Kep, rien ne saute aux yeux immédiatement. Il faut prendre le temps de sentir l’air salin, d’observer les murs fissurés et d’écouter les cuisines qui crépitent.
Cette petite bande de terre coincée entre mer et collines ne joue pas dans la même catégorie que les grandes stations balnéaires asiatiques mais elle attire aujourd’hui un public qui cherche du goût, du vrai, du vécu et amoureux de nostalgie.

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Kep (ex- Kep-sur-Mer) station née pour le plaisir, pensée comme une vitrine

Au début du XXe siècle, Kep sort de terre comme un projet presque expérimental.
On est en 1908, sous administration française, et l’idée est alors assez simple : offrir un refuge côtier à une élite qui veut fuir la chaleur de l’intérieur du Cambodge.

Les premières villas poussent face au golfe de Thaïlande. Des bâtisses ouvertes sur la mer, pensées pour capter le vent, avec des cuisines larges et des terrasses faites pour recevoir.

La ville devient rapidement un lieu de passage pour les notables. On y mange du poisson grillé, du crabe relevé au poivre local, du riz parfumé cultivé dans les plaines voisines.

525 000 ultra-riches du monde sont dans l’oeil de la Chine qui veut leur proposer une expérience unique à 1000 mètres de profondeur

Puis vient une deuxième vague dans les années 1960 après l’indépendance.
Le pays modernise son image, et Kep suit le mouvement avec des résidences plus audacieuses, souvent influencées par l’architecture moderne khmère.

À ce moment-là, Kep n’est pas une simple station balnéaire mais une carte postale vivante du Cambodge qui s’ouvre au monde.

Une chute brutale qui laisse des cicatrices visibles

Tout bascule en 1975 avec l’arrivée au pouvoir des Khmers rouges. Le pays plonge dans une période de violence extrême, et Kep est abandonnée presque du jour au lendemain.

Les villas sont désertées, pillées, parfois détruites. Les cuisines se taisent, les marchés disparaissent, les routes se vident.

Pendant des années, la mer continue de frapper les digues, indifférente à ce silence.
La végétation reprend ses droits, envahit les terrasses, traverse les murs.

Aujourd’hui encore, ces ruines sont toujours là et elles donnent à Kep une identité rare.
À mi chemin entre le spot d’Urbex et le décor de carte postale.

Kep sur Mer vue depuis un drone
Kep sur Mer vue depuis un drone.

Un territoire minuscule qui joue sur la proximité

Kep est la plus petite province du Cambodge. Sa surface atteint environ 187 kilomètres carrés, soit l’équivalent d’une grande agglomération française.

Elle compte environ 44 000 habitants et se situe à environ 175 kilomètres de Phnom Penh. Un trajet accessible qui permet des séjours courts, souvent organisés sur deux ou trois jours.

Pour ce qui me plait le plus lors de mes voyages (à savoir la découverte culinaire), ici, les circuits sont courts, ce qui permet un arrivage constant de produits frais en provenance de la mer, les  restaurateurs travaillent d’ailleurs souvent directement avec les pêcheurs.

Une économie centrée sur le crabe

Le cœur de l’économie locale, on l’aura compris, c’est la mer.
Et plus précisément un produit : le crabe.

Sur les quais, les cages remontent chaque jour.
Les crabes sont triés, cuits, vendus ou directement envoyés vers les restaurants.

Le fameux marché aux crabes n’est pas une attraction.
C’est un centre névralgique où se croisent pêcheurs, cuisiniers et commerçants.

Les prix restent accessibles, même pour un visiteur européen.
Un plat complet de crabe au poivre peut se situer entre 6 € et 12 €, selon la taille et la préparation.

Produit Prix moyen
Crabe frais (1 kg) 8 € à 12 €
Plat cuisiné 6 € à 10 €
Poisson grillé 4 € à 8 €

 

Une montée en gamme portée par le tourisme

Depuis les années 1990, Kep se transforme lentement. Les premières maisons d’hôtes apparaissent, souvent tenues par des familles locales.

Puis l’offre s’étoffe et hôtels, bungalows, petits resorts sont aujourd’hui disponibles.

Aujourd’hui, on compte ainsi :

  • Plus de 60 établissements d’hébergement
  • Une trentaine de restaurants identifiés
  • Des services liés au bien-être et aux excursions

Cette évolution s’inscrit dans une stratégie nationale. Le Cambodge cherche à diversifier son tourisme, longtemps concentré sur les temples d’Angkor.

En 2024, le pays a accueilli plus de 6,7 millions de visiteurs internationaux.
Une hausse de près de 23 % par rapport à l’année précédente.

Que faire à Kep ?

Le parc national de Kep couvre environ 1 230 hectares.
Un espace idéal pour marcher, observer la végétation et comprendre le lien entre terre et mer.

Assez peu de plages à Kep mais au moins il n'y a clairement pas foule !
Assez peu de plages à Kep mais au moins il n’y a clairement pas foule !

Pour se prélasser au soleil, l’offre est plus réduite mais vous avez tout de même environ 600 mètres pour la plage principale, et près de 3 kilomètres pour Angkol Beach.

Au large, une île à visiter : Koh Tonsay.
Un territoire de 189 hectares, peu peuplé, où l’on vit encore au rythme de la pêche avec une cuisine simple basée sur les produits du jour.

Les points d’intérêt historiques

Kep ne cherche pas à effacer son histoire, bien au contraire.

Les anciennes villas construites entre 1950 et 1970 sont encore visibles. Certaines ont été restaurées, d’autres restent abandonnées, ce qui donne encore de nos jours un petit aie de ville fantôme à Kep.

On peut encore voir de nos jours des villas abandonnées datant de l'époque coloniale à Kep.
On peut encore voir de nos jours des villas abandonnées datant de l’époque coloniale à Kep.

Parmi les éléments marquants :

  • La résidence royale associée à Norodom Sihanouk (figure nationale passionnante tour à tour et parfois simultanément roi, Premier ministre, « chef d’État » du royaume, chef de plusieurs gouvernements en exil, puis à nouveau roi).
  • Des villas modernistes envahies par la végétation
  • Des bâtiments coloniaux partiellement reconstruits

Un équilibre fragile entre développement et identité

Kep commence à devenir un petit incontournable du tourisme cambodgien et pour préserver ce petit paradis « perdu », les autorités cambodgiennes ont lancé un plan touristique à horizon 2035.
L’objectif est structurer la croissance sans reproduire les erreurs des grandes stations balnéaires du sud-est asiatique.

À Kep, tout repose sur une équation simple : des produits frais, un paysage paisible, et une histoire qui ne triche pas !

Sources :

  • Visit Local Travel, Kep Province travel guide (consulté en 2026),

    Kep Province


    article de blog présentant la province de Kep au Cambodge, ses attractions touristiques, sa gastronomie locale et ses principaux sites d’intérêt.

  • Ministry of Tourism Cambodia, Tourism statistics report Cambodia 2024 (janvier 2025),
    https://asset.cambodia.gov.kh/tourism/2025/01/CAM122024.pdf
    rapport officiel fournissant des données sur le tourisme au Cambodge, incluant les flux de visiteurs, les performances du secteur et les tendances de fréquentation.

 

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Matthieu Aigron
Matthieu Aigronhttps://www.bulle1924.fr/
Matthieu Aigron est un passionné de gastronomie traditionnelle française, "revisitée" ou non. Il a fait ses études chez Ferrandi avant de faire ses armes aux Plaza Athénée Paris et au Saint-James. Il est désormais Chef du restaurant "Bulle 1924" à Reims. Il vous donne rendez-vous sur Media24.fr pour vous parler des dernières nouveautés en matière de tourisme, de gastronomie ou tout simplement vous partager sa fameuse recette de la blanquette de veau !

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