Valeo anticipe la montée en puissance du marché des centres de données en proposant 3 innovations majeures

Date:

Partager:

Comment Valeo veut devenir l’ingénieur du cerveau numérique mondial.

L’avènement ces dernières années de l’IA pour le grand public a certes, permis à des millions de personnes de créer des vidéos de chats qui jouent du piano grâce à Sora, mais a également fait « exploser » la demande en centre de données. Chaque année, leur consommation électrique mondiale augmente d’environ 20 %, atteignant déjà près de 3 % de la demande totale. Cette expansion pousse l’industrie à innover dans le refroidissement, l’efficacité énergétique et la récupération de chaleur.

C’est ici que le Français Valeo, bien connu pour ses équipements automobiles, a décidé de concentrer ses efforts pour profiter d’un marché de plus en plus juteux. Voici les 3 innovations majeurs qu’il va présenter au Data Centre World Paris 2025.

Lire aussi :

De la route aux serveurs, il n’y a qu’un pas thermique pour Valeo

Pendant des décennies, Valeo a perfectionné l’art de refroidir les moteurs et les batteries. Une science exigeante, où il faut maîtriser des échanges de chaleur violents, une consommation énergétique optimisée et une durabilité extrême. Or, devinez quoi ? Ce sont exactement les mêmes contraintes qui s’invitent dans les data centers d’aujourd’hui. Avec les processeurs nouvelle génération et les IA génératives, la température grimpe aussi vite que la facture d’électricité.

Alors au lieu de réinventer la roue, Valeo transpose ses technologies automobiles vers l’univers du numérique. Et ça tombe bien : l’entreprise connaît les environnements extrêmes, les contraintes de poids, les systèmes de circulation de fluides. Elle débarque donc sur le salon Data Centre World Paris 2025 avec des innovations qui s’annoncent intéressantes pour le marché des centres de données.

111 millions de personnes dans le monde font déjà appel aux services de Veolia sans le savoir et un million d’autres au Chili vont bientôt les rejoindre

Des portes qui refroidissent (littéralement)

Le concept de la porte froide arrière avec échangeur aluminium développé par Valeo est destiné à aspirer la chaleur derrière les racks de serveurs pour aspirer la chaleur. Moins lourde que les systèmes cuivre habituels (jusqu’à 80 % plus légère), elle capte 30 % de chaleur en plus. Résultat : une meilleure efficacité thermique, une structure plus simple à intégrer et surtout, une empreinte carbone réduite.

Dans un monde où le PUE (Power Usage Effectiveness) est au centre de l’attention des industriels, ce genre de solution a tout d’une révolution discrète. On améliore la performance sans changer l’infrastructure.

Du liquide jusqu’à la puce, sans une goutte d’eau

Autre innovation présentée : la CDU (Cooling Distribution Unit) pour refroidissement diphasique liquide direct sur puce (DLC). le concept est simple : on remplace l’eau par des fluides diélectriques (non conducteurs) directement au contact des CPU et GPU.

Cela permet une capacité de refroidissement accrue, une réduction drastique des pertes énergétiques liées au refroidissement, et une possibilité de valoriser la chaleur récupérée dans les circuits d’eau chaude. On passe ainsi d’un problème thermique à une source d’énergie potentielle.

L’arme secrète pour les centres de données en extérieur

Enfin, pour les installations Edge, ces petits data centers répartis dans des zones décentralisées, Valeo dévoile une unité de refroidissement immersif autonome. Conçue pour fonctionner à 50 °C en extérieur, sans eau d’appoint, elle peut refroidir jusqu’à 1 kW de serveurs dans un format compact (1U à 2U). Parfait pour les installations militaires, les antennes télécoms dans des zones hostiles, ou les data centers mobiles.

C’est une solution robuste, prête à encaisser les chocs thermiques, les vibrations et les conditions extrêmes.

Un géant de l’automobile qui devient discret champion du numérique

Pourquoi Valeo s’intéresse-t-il aux data centers ? Parce que le marché explose. Avec la montée de l’IA générative, du cloud, du streaming et de l’informatique de périphérie, les besoins en infrastructures numériques se multiplient.

Derrière chaque image générée par une IA ou chaque vidéo Netflix regardée à minuit, un serveur chauffe et il faut le refroidir. Or, le marché mondial des data centers consomme plus de 3 % de l’électricité mondiale, dont environ 40 % rien que pour le refroidissement. En 2025, le secteur du “data center cooling” est estimé à environ 11,08 milliards de dollars (9,53 milliards d’euros) à l’échelle mondiale, et devrait doubler d’ici 2032, atteignant plus de 24,19 milliards de dollars (20,80 milliards d’euros) selon MarketsandMarkets.

Dans ce gâteau, les solutions de refroidissement liquide ou immersif sont les plus dynamiques, avec une croissance annuelle de 20 % à 25 %, tirée par l’explosion des usages IA, edge computing et serveurs haute densité.

Et Valeo ? Il n’est pas encore leader du secteur, mais il arrive avec un double avantage :

  • un savoir-faire industriel éprouvé dans le thermique automobile ;
  • et une capacité de production massive, rappelons que Valeo c’est 21,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024, plus de 106 000 employés, 155 sites de production et 64 centres R&D dans 28 pays.

S’il parvient à capter ne serait-ce que 3 à 5 % du marché mondial d’ici 2030, cela représenterait entre 900 millions et 1,5 milliard d’euros par an de chiffre d’affaires additionnel.

Côté France, avec près de 300 data centers recensés en 2025 (source : Data Center Map), dont une dizaine de “hyperscales” en croissance, le marché domestique pourrait déjà représenter plusieurs dizaines de millions d’euros pour Valeo, rien qu’en équipements de nouvelle génération (portes froides, CDU, refroidissement immersif…).

Contrat prestigieux pour le Français Alstom qui va placer pour la première fois dans l’histoire du tunnel sous la Manche un train à 2 étages

Une nouvelle course technologique mondiale

Valeo n’est pas seul sur ce créneau. D’autres industriels s’y intéressent : Schneider Electric, Vertiv, Submer, Fujitsu. Tous veulent gagner la course au refroidissement efficace, car le gateau promet d’être énorme comme nous venons de le voir.

Pour autant, le virage thermique n’est pas si simple à négocier. Il faut à la fois respecter des exigences de performances, de maintenance, de durabilité et de normes environnementales de plus en plus strictes.

Or, dans l’automobile, ces contraintes sont monnaie courante. Valeo y a bâti sa crédibilité, et maintenant, il vient jouer dans la cour des serveurs.

Sources :

– MarketsandMarkets, « Data Center Cooling Market – Global Forecast to 2030 », rapport publié en 2025..
– Agence internationale de l’énergie (AIE), « Data Centres and Data Transmission Networks », rapport 2024.
– Data Center Map, statistiques sur les centres de données en France

Image : Centre de données avec des baies de serveurs dans une salle en couloir. Rendu 3D représentant les technologies numériques et le cloud. (Freepik)

Notre site est un média approuvé par Google Actualité.

Ajoutez Media24.fr dans votre liste de favoris pour ne manquer aucune news !

Nous rejoindre en un clic
Suivre-Media24.fr

Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
Très curieux et tourné vers l'économie, la science et les nouvelles technologies, (particulièrement ce qui touche à l'énergie et les entreprises françaises) je vous propose de de découvrir les dernières actualités autour de cette passion

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Articles connexes

Une usine à 500 millions d’euros dans le Nord de la France pour prendre position sur un futur marché de 57 milliards d’euros en...

À Mardyck, ArcelorMittal reprend du poil de la bête. À Mardyck, ArcelorMittal vient récemment de lancer une nouvelle filière de...

Les Etats-Unis « brûlent » les étapes dans la fusion nucléaire avec une grande première pour cette société qui vient de faire une demande...

Dans le Tennessee, la fusion sort des labos et entre dans le droit. L'entreprise américaine Type One Energy vient...

Ce bijou de technologie française va replonger à 5 000 mètres de profondeur pour découvrir ce que sont devenus les 200 000 fûts radioactifs...

Nodssum, retour à 5 000 mètres sous la mer pour interroger un héritage enfoui. Pendant longtemps, l’océan a été...

Les Etats-Unis s’intéressent à une forme d’énergie renouvelable qui n’a pas le défaut majeur du solaire ou de l’éolien pour leurs data centers :...

La géothermie améliorée remet les pendules à l’heure énergétique. La géothermie « classique » fonctionne à merveille quand la...