Etihad Airways vient de franchir une étape importante dans l’évolution de sa flotte, avec une commande qui redéfinit l’équilibre entre rayon d’action, capacité cargo et flexibilité opérationnelle. Vous découvrez ici un mouvement qui n’a rien d’anecdotique : il s’agit d’une véritable réorganisation de la colonne vertébrale long-courrier de la compagnie.
Six A330-900 rejoignent ainsi la flotte, faisant d’Etihad un nouveau client de la famille A330neo. Dans le même temps, sept A350-1000 supplémentaires ainsi que trois A350F viennent renforcer un parc déjà engagé sur ce modèle.
Cette annonce a été officialisée lors du salon aéronautique de Dubaï, où la compagnie a également révélé la location de neuf A330-900 auprès d’Avolon.
Une vision calibrée pour trois usages
« Ces appareils renforcent nos opérations sur les vols moyen-courriers, long-courriers et cargo », explique le PDG d’Etihad Airways, Antonoaldo Neves.
Ce choix dessine une stratégie lisible :
- L’A330neo pour muscler les dessertes régionales et moyen-courriers avec un rendement optimisé.
- L’A350-1000 pour maintenir de très longues liaisons tout en réduisant les coûts par siège.
- L’A350F pour absorber une demande cargo qui poursuit sa croissance mondiale.
Vous observez ici un alignement entre croissance, maîtrise énergétique et capacité de transport. Ce n’est pas simplement une extension de flotte, mais une organisation réfléchie autour de trois rôles complémentaires.
L’A330neo, un bimoteur long-courrier pensé pour la sobriété
Propulsé par des moteurs Rolls-Royce Trent 7000, l’A330neo parcourt jusqu’à 8 100 milles nautiques (15 000 km) sans escale.
Sa promesse repose sur deux axes :
Une réduction de 25 % de la consommation de carburant et des émissions de CO₂, et une cabine Airspace déjà connue pour son confort perceptible, notamment grâce à l’éclairage modulable et au traitement acoustique.
Ce modèle permet à Etihad de densifier son réseau moyen-courrier, tout en préservant un niveau d’efficacité qui soutient la transition de l’industrie vers des vols moins énergivores.
L’A350-1000, un long-courrier optimisé pour les grandes traversées
L’A350-1000 peut atteindre 9 700 milles nautiques (18 000 km). Cela ouvre la voie à des liaisons intercontinentales sans rupture et dans des conditions particulièrement maîtrisées pour le passager comme pour l’exploitant.
Vous bénéficiez ici d’une conception qui associe aérodynamique avancée, matériaux légers et moteurs Rolls-Royce de dernière génération. L’ensemble diminue la consommation, les coûts d’exploitation et les émissions de CO₂ de 25 % par rapport aux générations précédentes.
Ce modèle est déjà un pilier du réseau long-courrier d’Etihad, et l’ajout de sept unités supplémentaires renforce cette dynamique.
L’A350F, un cargo calibré pour la prochaine norme OACI
L’A350F dispose de la plus grande porte cargo de pont principal du secteur, permettant d’optimiser le chargement des palettes et conteneurs standard. Sa cellule, dérivée de la version passagers, offre un compromis intéressant entre masse maîtrisée et volume exploitable.
Il répond d’ores et déjà aux normes d’émissions renforcées de l’OACI prévues pour 2027. L’assemblage des appareils d’essai est en cours à Toulouse, indiquant une mise en service qui s’inscrira dans le calendrier fixé par Airbus et ses clients.
Une compatibilité SAF au cœur des objectifs 2030
Comme tous les appareils Airbus, l’A330neo et la famille A350 peuvent fonctionner avec jusqu’à 50 % de carburant d’aviation durable (SAF). L’objectif est clair : atteindre une compatibilité complète à 100 % d’ici 2030.
Cette transition énergétique s’accompagne déjà d’un intérêt commercial tangible : fin octobre 2025, la famille A350 cumulait plus de 1 400 commandes auprès de 64 clients et la famille A330 plus de 1 900 commandes auprès de plus de 130 clients.
Une alliance renforcée entre Etihad et Airbus
Benoît de Saint-Exupéry, directeur général adjoint des ventes d’Airbus, souligne que cet engagement illustre « la vision commune de l’avenir de l’aviation ».
Ce partenariat se matérialise par une articulation entre technologies déjà éprouvées, innovations structurelles et anticipation des normes futures. Vous y voyez un exemple clair de stratégie industrielle partagée : une compagnie qui projette son réseau sur plusieurs décennies et un constructeur qui aligne ses solutions sur ces trajectoires.
Une flotte pensée comme un écosystème
Lorsque vous observez la cohérence de ce mouvement — 6 A330-900, 7 A350-1000, 3 A350F, plus 9 A330-900 loués — vous distinguez un assemblage qui n’a rien de dispersé.
C’est un écosystème :
- Un tronc long-courrier homogène, centré sur la famille A350.
- Une ramification moyen-courrier robuste, assurée par l’A330neo.
- Un renfort logistique cargo, rendu possible par l’A350F.
Chaque appareil s’insère dans une logique opérationnelle bien définie. Etihad se construit ainsi une flotte large, unifiée, modulable, capable d’absorber la croissance tout en respectant les objectifs environnementaux de la décennie à venir.


