Quand Google choisit son électricien pour faire tourner l’internet.
En novembre 2025 Google avait déjà confié l’alimentation de ses data centers de l’Ohio à TotalEnergies et voilà qu’un mois plus tard… rebelote ! Le même duo signe un PPA de 21 ans en Malaisie. À ce niveau, on commence à distinguer une trajectoire et il est possible que les 2 entités ne commencent une relation faite pour durer. Le champion français de l’énergie semble progressivement devenir un partenaire privilégié pour un géant du numérique dont l’appétit électrique ne cesse de croître.
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TotalEnergies va alimenter le prochain centre de données de Google en Malaisie
L’Ohio, laboratoire grandeur nature du cloud décarboné
Aux États-Unis, dans l’État de l’Ohio, la centrale solaire Montpelier est en train de devenir l’un des symboles de cette nouvelle alliance entre énergie et numérique. Pendant 15 ans, elle devra fournir 1,5 TWh d’électricité renouvelable aux centres de données de Google connectés au réseau PJM, le plus vaste et l’un des plus exigeants du pays.
Pour donner un ordre de grandeur, ce volume correspond à la consommation annuelle d’une ville de plus de 300 000 habitants. Les data centers de Google dans l’Ohio représentent un investissement estimé à environ 2 milliards d’euros. Une infrastructure de cette ampleur ne peut pas dépendre d’un marché spot volatil ou d’une électricité carbonée incertaine.
Google l’assume désormais clairement : l’énergie est devenue un facteur stratégique de son développement. Et pour TotalEnergies, cet accord américain a valeur de démonstration. Il prouve que le groupe français est capable de livrer une électricité renouvelable stable, contractualisée et compétitive, même sur un marché électrique fragmenté comme celui des États-Unis.
La Malaisie, même logique, autre terrain de jeu
Un mois plus tard, changement de décor. Direction la Malaisie, dans la province de Kedah, au nord du pays. Ici, le projet s’appelle Citra Energies. Une centrale solaire dont la construction doit démarrer début 2026, et qui alimentera les activités data centers de Google en Asie du Sud-Est.
Le contrat, là encore, est de long terme : 21 ans, pour un volume total de 1 TWh, soit environ 20 MW. TotalEnergies détient 49 % du projet, aux côtés de son partenaire local MK Land. Ce détail compte. Il montre la capacité du groupe à s’ancrer dans des marchés en transition, à travailler avec des acteurs locaux et à s’inscrire dans les priorités énergétiques nationales.
Pour Google, l’enjeu est clair : intégrer des capacités d’énergie décarbonée là où ses infrastructures consomment réellement, et non pas compenser à distance. On parle ici d’additionalité : construire de nouvelles centrales, et non détourner des capacités existantes.
TotalEnergies, un fournisseur qui coche toutes les cases
Si Google revient vers TotalEnergies, ce n’est pas par hasard. Le groupe français coche plusieurs cases devenues incontournables pour les géants du cloud.
D’abord, la maîtrise des PPA. Ces contrats d’achat d’électricité à long terme offrent une visibilité rare dans un secteur où les investissements se chiffrent en centaines de millions d’euros. Ensuite, un portefeuille d’actifs diversifié : solaire, éolien terrestre et offshore, stockage par batteries, cycles combinés gaz. Une sorte de boîte à outils énergétique, capable de s’adapter aux contraintes locales.
Enfin, une capacité à livrer de l’électricité 24 heures sur 24, même quand le soleil se couche ou que le vent tombe. Pour un data center, cette continuité n’est pas un luxe. C’est une condition de fonctionnement.
TotalEnergies revendique aujourd’hui plus de 32 GW de capacité brute renouvelable, avec un objectif de 35 GW à très court terme, et une production nette de plus de 100 TWh d’électricité à l’horizon 2030. Des chiffres qui commencent à parler le même langage que ceux du cloud.
Quand l’intelligence artificielle devient un sujet énergétique
L’explosion de l’intelligence artificielle change l’équation. Plus de calcul, plus de stockage, plus de refroidissement. Les data centers représentaient déjà près de 3 % de la demande électrique mondiale en 2024. Cette part est appelée à augmenter.
Pour Google, comme pour ses concurrents, la question n’est plus seulement de verdir l’électricité, mais de sécuriser des volumes massifs sur le long terme, sans fragiliser les réseaux locaux. Dans l’Ohio comme en Malaisie, TotalEnergies ne se contente pas de fournir des électrons. Il participe à renforcer les systèmes électriques qui accueillent ces infrastructures numériques.
C’est là que la relation dépasse le simple rôle de fournisseur. Elle devient partenariale.
Une montée en puissance américaine très structurée
Aux États-Unis, TotalEnergies déploie désormais un portefeuille d’environ 10 GW, soit l’équivalent de dix réacteurs nucléaires français de génération II en puissance installée, mais répartis entre solaire, éolien et stockage.
Sur le réseau PJM, le groupe dispose déjà de 1 GW opérationnel. Et 4 GW supplémentaires sont en développement au Texas, sur le marché ERCOT. Autrement dit, TotalEnergies n’est plus un entrant. Il devient un acteur installé, capable de dialoguer avec les plus grands consommateurs industriels et numériques.
L’accord avec Google s’ajoute à une liste déjà longue : Amazon, Microsoft, Data4, STMicroelectronics, Saint-Gobain, Air Liquide, Orange, Merck ou encore LyondellBasell. Une série de partenariats qui dessinent une stratégie cohérente : faire de l’électricité bas carbone un pilier industriel à part entière.
Les PPA, colonne vertébrale du nouveau système électrique
Il y a dix ans, les PPA étaient un outil confidentiel, réservé à quelques acteurs avertis. Aujourd’hui, ils structurent une part croissante du système électrique mondial. Ils sécurisent les revenus des producteurs, déclenchent la construction de nouvelles capacités renouvelables et offrent aux consommateurs industriels une visibilité précieuse.
Pour Google, un PPA, c’est la garantie de prix stables et d’une électricité traçable. Pour TotalEnergies, c’est un moyen de rentabiliser des projets lourds sur 15 à 25 ans. À la différence d’un achat classique sur le marché, le PPA lie les deux parties dans une logique industrielle. On construit pour un besoin précis, sur un territoire précis, avec un engagement réciproque.
Google, TotalEnergies et la bataille des électrons propres
Google n’est pas seul dans cette course. Amazon domine aujourd’hui le marché avec plus de 33 GW d’énergie renouvelable contractualisée dans le monde. Microsoft a signé des accords cumulés dépassant 10 GW. Meta et Apple suivent des trajectoires similaires.
Mais ce qui distingue Google, c’est la répétition des partenariats avec un même énergéticien, sur plusieurs continents. États-Unis, Asie du Sud-Est, Europe. À chaque fois, TotalEnergies apparaît comme un interlocuteur capable de répondre vite, fort et sur la durée.
À mesure que l’internet mondial devient une infrastructure critique, l’énergie qui l’alimente devient un enjeu politique, industriel et climatique. Dans ce paysage, TotalEnergies semble en train de se tailler une place singulière : celle d’un énergéticien de confiance des data centers, capable de relier transition énergétique et révolution numérique sans discours abstrait, mais avec des centrales, des contrats et des mégawatts bien réels.
Source : TotalEnergies et Google
Image : Un village (kampung) à Kuala Kedah – Crédit : Marufish




