GTT confirme son excellente année 2025 en attaquant bien 2026.
Le grand public ne croise presque jamais son logo, pourtant Gaztransport et Technigaz (GTT) est présent sur un secteur qui ne connait pas la crise puisqu’il équipe une large partie des méthaniers qui sillonnent les océans.
GTT conçoit en effet des systèmes de confinement cryogénique, des membranes capables de maintenir du gaz naturel liquéfié à environ –163 °C, sans fuite, sans déformation, malgré les mouvements du navire et les contraintes mécaniques.
Cette expertise place l’entreprise française au cœur d’une chaîne énergétique mondiale où le GNL joue un rôle de passerelle, entre les hydrocarbures les plus émetteurs et un mix énergétique en transition. Et devinez quoi ? 2026 commence très bien pour lui !
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Un démarrage exceptionnel en janvier 2026 pour GTT
Dès les premiers jours de 2026, GTT a envoyé un signal clair au marché. L’année commence fort, très fort même, avec neuf méthaniers commandés en quelques jours, tous équipés de sa technologie de membrane la plus récente.
Le 8 janvier 2026, Samsung Heavy Industries a confirmé une commande de deux méthaniers de dernière génération. Leur livraison est prévue entre le troisième trimestre 2028 et le premier trimestre 2029. À bord, le système Mark III Flex, une évolution pensée pour les grandes capacités et les exigences environnementales accrues.
Quelques jours plus tôt, Hanwha Ocean avait déjà annoncé la commande de sept méthaniers, pour le compte d’un armateur européen. Même choix technologique, même logique industrielle. Les livraisons s’échelonneront entre le quatrième trimestre 2027 et le quatrième trimestre 2029.
Neuf navires, deux chantiers navals majeurs, une seule technologie embarquée qui représente selon nos estimations (non confirmées par GTT) environ 90 millions d’euros de revenus pour le groupe français, sur la base d’un ordre de grandeur de 10 millions d’euros par navire pour la licence de confinement cryogénique.
Le Mark III Flex, bien plus qu’un simple réservoir
Le Mark III Flex n’est pas un simple réservoir mais une architecture complète intégrée à la coque. Il combine une membrane métallique, une isolation multicouche et des systèmes de gestion thermique conçus pour réduire au maximum le boil-off (gaz qui s’évapore naturellement lorsque le GNL se réchauffe).
Moins d’évaporation signifie moins de pertes énergétiques, moins d’émissions indirectes et une meilleure rentabilité pour l’armateur. À l’échelle d’un méthanier XXL, chaque pourcentage gagné compte. Sur une flotte mondiale, l’impact devient massif.
Des chantiers sud-coréens au cœur du jeu mondial
Ces commandes, toutes tournées vers la Corée du Sud, rappellent que le pays concentre aujourd’hui l’essentiel de la construction mondiale de méthaniers. Samsung Heavy Industries et Hanwha Ocean font partie du trio de tête, avec des carnets de commandes qui se comptent en dizaines de navires.
Pour GTT, ces partenariats de longue date garantit une présence quasi systématique sur les projets les plus structurants du marché. Chaque contrat signé avec un chantier coréen est une porte d’entrée vers plusieurs années de travail d’ingénierie, de suivi technique et d’assistance opérationnelle.
Ces projets mobilisent des équipes entières, depuis les bureaux d’études jusqu’aux spécialistes présents sur site lors de l’intégration des membranes.
2025 avait été un bon cru, 2026 encore mieux ?
Sur la période 2021–2025, le chiffre d’affaires de Gaztransport et Technigaz progresse d’environ +167 %, soit une croissance moyenne proche de 28 % par an !
2025 a été dans la même veine que les années précédentes avec un « léger » ralentissement par rapport à 2024 (tout est relatif, voir le tableau ci-dessous) et un chiffre d’affaires attendu autour de 750 à 800 millions d’euros, porté par un carnet de commandes historiquement élevé et une activité soutenue dans les méthaniers de grande capacité.
Cette dynamique ne repose toutefois plus uniquement sur les cuves géantes de GNL, longtemps cœur du modèle. GTT a accéléré sur ses activités de diversification, en particulier les services numériques, la data embarquée, l’optimisation opérationnelle des navires et les technologies liées aux nouveaux gaz. L’ingénierie cryogénique développée pour le GNL trouve désormais des prolongements vers l’ammoniac, l’hydrogène liquéfié et les carburants alternatifs, des marchés encore émergents mais stratégiques. À cela s’ajoutent des revenus récurrents issus de la surveillance des cuves, de l’assistance technique et des solutions logicielles, qui lissent l’activité dans le temps.
Évolution du chiffre d’affaires de GTT et croissance associée
| Année | Chiffre d’affaires (≈) | Croissance annuelle (≈) |
| 2021 | ~290 M€ | — |
| 2022 | ~320 M€ | +10 % |
| 2023 | ~420 M€ | +31 % |
| 2024 | ~625 M€ | +49 % |
| 2025 | ~775 M€ (estimé) | +24 % |
Sources :
- GTT, Commande de deux méthaniers LNGC par Samsung Heavy Industries, 08/01/2026
- GTT, Commande de sept méthaniers LNGC par Hanwha Ocean,  06/01/2026
- Wikipédia, Gaztransport et Technigaz, Consulté en janvier 2026
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaztransport_et_Technigaz
Image : Méthanier géant (source : Samsung Heavy Industries)




