Le géant français de la construction accélère son expansion en Océanie avec le rachat pour 183 millions € d’une des plus grandes entreprises de Nouvelle-Zélande

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Une expansion qui redessine la carte de VINCI en Océanie.

VINCI vient d’annoncer le rachat du néo-zélandais Fletcher Construction. Le géant français de la construction continue de bâtir un empire à l’autre bout du monde.

L’occasion pour nous de nous pencher un peu sur ce qui se passe aux antipodes de la France dans le domaine de la construction.

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Fletcher Construction, la clé néo-zélandaise du dispositif de VINCI en Océanie

Pour environ 183 millions d’euros, VINCI ne rachète pas un simple portefeuille de contrats. Il s’appuie sur une entreprise profondément ancrée dans le paysage néo-zélandais. Fletcher Construction, fondée en 1909, rassemble aujourd’hui 2 300 femmes et hommes qui construisent routes, ponts, bâtiments et infrastructures au quotidien, et génère près de 630 millions d’euros de chiffre d’affaires par an rien qu’en Nouvelle-Zélande.

Son terrain de jeu est large : des axes de transport stratégiques aux ouvrages civils lourds, en passant par des bâtiments complexes et de grands programmes publics. L’entreprise est aussi présente dans le Pacifique Sud, sur des îles où chaque chantier suppose de composer avec l’éloignement, la logistique maritime, le climat et des environnements naturels exigeants.

Structurée en pôles spécialisés, Fletcher Construction s’appuie sur des équipes habituées aux projets de conception-construction et aux chantiers qui s’inscrivent dans le temps long. Beaucoup se déroulent en zones urbaines denses ou dans des régions exposées aux séismes, aux pluies intenses ou aux mouvements de terrain. Cet ancrage local très fort, associé à une culture d’ingénierie pragmatique et à des références visibles, explique pourquoi l’entreprise est devenue un interlocuteur régulier des autorités publiques et des grands donneurs d’ordre en Océanie.

La Chine inscrit encore une fois son nom au panthéon des records de la construction avec 22,13 km pour le plus long tunnel autoroutier du monde

La Nouvelle-Zélande, laboratoire grandeur nature des infrastructures modernes

Le marché néo-zélandais des infrastructures est en pleine effervescence. Routes à renforcer, ports à adapter à de nouveaux flux logistiques, réseaux ferroviaires à moderniser, ouvrages hydrauliques à repenser face à des épisodes climatiques plus intenses.

Avec Fletcher Construction et HEB Construction, VINCI se positionne encore un peu plus dans ce pays important de l’Océanie.

Le chiffre d’affaires de VINCI en Nouvelle-Zélande dépassait déjà les 900 millions d’euros et l’acquisition de Fletcher vient consolider sa base et lui donner de la profondeur industrielle.

L’Australie, terrain de jeu des grands chantiers

De l’autre côté de la mer de Tasmanie, la filiale de VINCI Seymour Whyte a récemment remporté trois contrats majeurs pour un montant cumulé d’environ 604 millions d’euros, confirmant son rôle de plus en plus important en Australie :

  • Eastern Freeway Hoddle–Burke (Melbourne) : Seymour Whyte participe en alliance à un projet d’environ 450 millions d’euros pour la coentreprise, visant l’augmentation de capacité, des voies bus, des pistes partagées et des protections acoustiques, avec une livraison prévue vers 2028.
  • Projet routier urbain à Sydney (Transport for New South Wales) : contrat de conception-construction d’environ 154 millions d’euros, axé sur la fluidité du trafic, la sécurité routière et les aménagements pour les mobilités actives.
  • Station d’épuration de Lower Molonglo (Canberra) : programme de modernisation sur 10 ans mené avec VINCI Construction Grands Projets pour Icon Water, visant capacité, performance et résilience environnementale, montant global non communiqué publiquement.

Innovation et montée en gamme technologique en Océanie

L’expansion de VINCI en Océanie ne repose pas uniquement sur des acquisitions. Elle s’accompagne d’un effort soutenu en matière d’innovation. Les équipes locales participent aux programmes de la plateforme Leonard, dédiée aux enjeux de construction, d’énergie et de mobilité.

En Australie et en Nouvelle-Zélande, ces travaux portent notamment sur la réduction de l’empreinte environnementale des chantiers, l’optimisation énergétique des infrastructures et la maintenance prédictive. Des sujets très concrets comme la prolongation de la durée de vie des ponts, l’anticipation de l’usure du réseau hydraulique ou la limitation des interventions lourdes grâce à des capteurs et à l’analyse de données.

Cette montée en gamme technologique complète la croissance externe. Elle transforme VINCI en un acteur capable de livrer des infrastructures durables, pensées dès l’origine pour être exploitées intelligemment.

Pour la première fois de l’histoire, cette opération de « la dernière chance » a été entreprise dans un tunnel sous-marin pour sauver une machine de 5000 tonnes

Une présence désormais largement mondialisée

VINCI emploie plus de 280 000 collaborateurs à travers le monde, avec une répartition géographique marquée par une forte présence européenne tout en accélérant son internationalisation, particulièrement en Asie-Pacifique et en Amérique. En 2022, l’Europe représentait 71,4% des effectifs (environ 194 000 personnes), dont 37,7% en France seule (102 319), tandis que les Amériques comptaient 17,4% (47 234), l’Afrique 5,5% (15 011) et le reste du monde 5,7% (environ 15 500), incluant l’Asie-Pacifique et l’Océanie.

Ces chiffres ont évolué avec les acquisitions récentes comme Cobra IS (45 000 employés, majoritairement en Espagne et Amérique latine) et Fletcher en Nouvelle-Zélande, renforçant les effectifs hors Europe à plus de 30% du total en 2025-2026. Cette distribution reflète une stratégie d’équilibre entre marchés matures et zones de croissance émergentes.

Présence globale de VINCI par grandes zones :

Zone géographique Effectifs estimés (2022-2026) % du total mondial Exemples d’activités majeures 
Europe (incl. France) ~200 000 ~71% Autoroutes, LGV, aéroports, énergie, construction urbaine
France ~102 000 ~37% Concessions autoroutières, grands projets ferroviaires
Amériques ~50 000 ~18% Aéroports, autoroutes, génie civil, réseaux électriques
Afrique – Moyen-Orient ~16 000 ~6% Routes, ports, énergie renouvelable, infrastructures
Asie‑Pacifique / Océanie ~15 000+ (en hausse) ~6%+ Aéroports, autoroutes, construction (Australie, NZ)
Total mondial >280 000 100% Plus de 120 pays, CA international >50%

 

Source : VINCI

Image :

Au premier plan, l’un des deux funiculaires de Wellington (capitale de la Nouvelle-Zélande). Le grand immeuble rouge et argent sur la droite est le Majestic Centre, le plus haut bâtiment de Wellington. L’immeuble noir au centre est le bâtiment de State Insurance (anciennement le BNZ Centre Building). Derrière les bâtiments du premier plan s’étend le centre-ville de Wellington. À gauche, l’eau correspond au port de Port Nicholson. La montagne juste derrière la ville est le mont Victoria, d’où l’on profite de nombreux points de vue et de belles photos – crédit : Brett Taylor

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
Très curieux et tourné vers l'économie, la science et les nouvelles technologies, (particulièrement ce qui touche à l'énergie et les entreprises françaises) je vous propose de de découvrir les dernières actualités autour de cette passion

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