Pléiades neo next, un saut d’échelle dans l’observation de la Terre.
Début 2028, Airbus lancera le premier satellite Pléiades Neo Next à bord d’une Vega C depuis Kourou en Guyane. Ce sera une nouvelle étape dans l’observation de la Terre à très haute résolution, avec une ambition clairement affichée : rester en tête d’un marché devenu extrêmement concurrentiel.
Le programme Pléiades Neo Next prolonge la logique engagée avec la constellation Pléiades Neo actuelle, déjà exploitée par des clients civils et gouvernementaux dans le monde entier.
Cette fois, Airbus vise une résolution native de l’ordre de 20 centimètres, un niveau qui permet de distinguer des objets urbains fins, des infrastructures détaillées ou des changements très localisés au sol, sans recourir à des artifices de post-traitement.
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Airbus lancera en 2028 un nouveau satellite dans sa constellation Pléiades Neo
La constellation Pléiades Neo
Pléiades Neo est une constellation optique d’observation de la Terre opérée intégralement par Airbus, composée de deux satellites identiques placés en orbite basse et en service depuis 2021, capables de fournir une imagerie native à 30 cm de résolution avec une précision de localisation de 3,5 mètres CE90, sans points de contrôle au sol. Pensé pour la réactivité, le système peut acquérir jusqu’à 1 million de km² par jour, avec une revisite quotidienne partout sur le globe, voire plusieurs passages par jour selon les zones.
Le programme a mobilisé près de 1 000 ingénieurs et repose à 75 % sur des innovations technologiques, ce qui en fait l’une des références mondiales de l’imagerie optique commerciale très haute résolution.
Encore 10 cm de résolution de gagnés avec Pléiades Neo Next
Pourquoi aller chercher « encore » 10 cm supplémentaires de résolution avec Pléiades Neo Next ? À 20 centimètres, l’image devient véritablement opérationnelle : un champ agricole se lit comme une carte de stress hydrique, un port révèle ses mouvements logistiques, une zone sinistrée après une catastrophe naturelle montre immédiatement les axes praticables ou les bâtiments endommagés.
Le programme Pléiades Neo Next est financé, fabriqué et opéré intégralement par Airbus Defence and Space, ce qui garantit une maîtrise complète de la chaîne, depuis l’élaboration du satellite jusqu’au service final. L’ensemble de la capacité image sera accessible à des secteurs très variés, allant de la défense et du renseignement à l’agriculture, l’environnement, le maritime, la gestion de crise, la cartographie, l’urbanisme ou encore les réseaux énergétiques.
Voir vite, décider vite, agir vite
L’un des points forts des Pléiades, bientôt renforcé par Pléiades Neo Next, est sa capacité de programmation tardive. Les utilisateurs peuvent commander une prise de vue quelques dizaines de minutes seulement avant le passage du satellite au-dessus de la zone d’intérêt. Cette souplesse est décisive pour les applications sensibles au temps.
Une fois l’image acquise, elle est transmise soit directement vers les stations au sol des clients (Direct Receiving Stations en anglais), soit vers la plateforme numérique OneAtlas. Le délai entre la demande, la capture et la réception est ainsi réduit au strict minimum, ce qui ouvre la voie à des usages dits « mission-critical », là où une information arrivée trop tard ne vaut plus grand-chose.
Avec l’arrivée de Pléiades Neo Next, cette chaîne sol est elle aussi améliorée, afin d’absorber un volume plus élevé de requêtes images sans dégrader les délais.
Une constellation qui travaille en équipe
Pléiades Neo Next ne remplacera pas Pléiades Neo mais il va le renforcer. Ensemble, les satellites offriront une fréquence de revisite accrue, pouvant atteindre plusieurs passages par jour en tout point du globe. Cette densité temporelle change profondément la nature des services proposés.
Observer un même site plusieurs fois par jour permet de suivre des phénomènes dynamiques, des mouvements, des évolutions rapides, plutôt que de simples états figés. Dans un monde où les infrastructures, les flux et les crises évoluent vite, cette capacité devient un avantage déterminant.
À cela s’ajoute une amélioration continue de la géolocalisation, indispensable pour croiser les images satellites avec d’autres sources de données, qu’elles soient cartographiques, industrielles ou issues de capteurs au sol.
Optique, radar, stratosphère, la vision globale d’Airbus
Pléiades Neo Next s’inscrit dans une stratégie plus large. Airbus ne mise pas sur une technologie unique. Sa flotte combine satellites optiques et radar, offrant des services complémentaires, capables de fonctionner de jour comme de nuit, par tous les temps. Là où l’optique excelle dans le détail visuel, le radar traverse les nuages et révèle des structures invisibles autrement.
En parallèle, Airbus développe aussi des capacités basées sur des plateformes stratosphériques, positionnées entre l’avion et le satellite. Cette approche hybride vise à couvrir l’ensemble des besoins d’observation, du suivi continu local à la surveillance globale.
Avec Pléiades Neo Next, Airbus ne se contente donc pas d’améliorer un satellite. Le groupe affine une chaîne complète d’observation et de géo-intelligence, pensée pour un monde où voir la Terre avec précision, rapidement et de façon fiable devient un levier stratégique majeur.
Une concurrence féroce sur l’observation spatiale à très haute résolution
Le marché mondial des satellites de télédétection était d’environ 34,8 milliards d’euros en 2024 et pourrait dépasser les 120 milliards d’euros en 2034, porté par la défense, la cartographie fine, la gestion des risques et les services géospatiaux.
Sur le segment de l’observation spatiale à très haute résolution, Pléiades Neo Next arrive dans une arène déjà dominée par de grandes constellations américaines et asiatiques.
Les acteurs en place misent souvent sur le nombre de satellites, la fréquence de revisite et la cadence industrielle, tandis qu’Airbus pourra compter sur la meilleure résolution du marché à 20 cm.
Concurrence directe de Pléiades Neo Next :
| Constellation | Nombre de Satellites | Statut (2026) | Résolution | Notes [query] |
| Pléiades Neo | 2 (Neo 3 & 4) | Opérationnels (2021) | 30 cm | 4 prévus initialement, 2 derniers échoués |
| Pléiades Neo Next | 1+ (en dev.) | 1er lancement 2028 | 20 cm | Complémentaire, pas remplacement |
| WorldView Legion | 6 (x2 batches) | Déploiement 2026-27 | 30 cm | Maxar, 15 revisites/jour |
| Pelican | 30 prévus | Production/en vol | 35 cm | Planet Labs, + SkySat (21 actifs) |
| Global EO | 60 prévus | Déploiement progressif | 35 cm | BlackSky, <90 min latence |
| Gaofen-11 | Non public | Opérationnel | <30 cm | Militaire chinois |
Le satellite au cœur de la stratégie spatiale d’Airbus
Chez Airbus Defence and Space, la branche satellites pèse aujourd’hui environ 40 % du chiffre d’affaires spatial, soit près de 2,5 milliards d’euros en 2025, et fait travailler plus de 6 000 ingénieurs, entre Toulouse, Élancourt et Friedrichshafen.
Airbus y a bâti une forme de savoir-faire rare en Europe, capable de couvrir tout le spectre, des satellites de télécommunications Eurostar Neo, entièrement électriques et déjà déployés à plus de 40 exemplaires en orbite géostationnaire, jusqu’aux satellites d’observation Pléiades Neo ou Sentinel, qui scrutent la Terre au mètre près, sans oublier les grandes missions scientifiques comme Gaia ou JUICE, véritables paris technologiques à long terme.
En décembre 2024, Airbus décroche le contrat des 100 satellites OneWeb Gen2 pour Eutelsat, à livrer dès fin 2026, renforçant son ancrage dans l’orbite basse et son rôle clé dans IRIS², le futur réseau souverain européen attendu vers 2030. En coulisses, Airbus domine aussi des briques moins visibles mais décisives, comme les instruments optiques de haute précision ou la propulsion électrique, qui d’économier environ 30 % sur les coûts de lancement.
Avec plus de 1 500 satellites construits en cinquante ans, le groupe exporte aujourd’hui ses technologies jusqu’en Inde, au Japon ou en Australie, tout en sécurisant des piliers européens comme Galileo ou MTG.
L’accord annoncé en octobre 2025 avec Thales Alenia Space et Leonardo marque une étape supplémentaire, celle de la consolidation, pour créer un champion capable de tenir tête à SpaceX ou Blue Origin. À Toulouse, devenue une véritable usine à constellations avec 648 satellites OneWeb déjà assemblés, et à Élancourt, où se concentrent l’électronique et les charges utiles, Airbus ne se contente plus de fabriquer des satellites : il exploite aussi les segments sol et vend de la géo-intelligence, notamment pour la surveillance maritime et la défense, transformant peu à peu des images en décisions.
Sources :
- Agrotic – « Pléiades Neo, nouvelle constellation satellites d’observation » (2017, spécifications confirmées en 2026) – présentation technique et contexte d’usage des satellites Pléiades Neo.
- Wikipédia – « Pléiades Neo » (mise à jour 2026) – données de synthèse sur la constellation, avec 2 satellites actifs (Neo 3 et Neo 4) sur les 4 initialement prévus.
- Clubic – « Airbus dévoile un nouveau satellite plus précis que jamais » (26 janvier 2026) – article grand public détaillant les performances d’observation et les avancées technologiques de Pléiades Neo.
- Airbus – « First Pléiades Neo Next satellite launch early 2028 » (25 janvier 2026) – communication officielle sur la feuille de route industrielle et le successeur de la constellation actuelle.
- CNES – « Airbus et le CNES prolongent la mission Pléiades jusqu’en 2028 » (15 septembre 2025) – informations institutionnelles sur la continuité de service et la stratégie d’observation spatiale française.



