Michelin décroche un prix pour sa roue lunaire.
Avec sa MiLAW, pour Michelin Lunar Airless Wheel (en français « roue lunaire sans air Michelin »), le groupe clermontois vient de remporter le prix Concept of the Year (en français « concept de l’année ») au Tire Technology Expo 2026, un rendez-vous majeur de l’industrie mondiale du pneumatique.
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Michelin remporte le prix Concept of the Year pour sa roue lunaire MiLAW
Une roue sans air pour un monde sans pardon
Sur Terre, un pneu travaille déjà beaucoup. Il encaisse les chocs, la chaleur, l’usure, les cailloux, les freinages ratés du lundi matin, les trottoirs pris de travers. Sur la Lune, on change d’échelle. Là-haut, il n’y a pas d’atmosphère, donc pas de pression d’air à exploiter, pas de petite marge de confort, pas de pardon non plus. Un pneu gonflé y serait à peu près aussi utile qu’un parasol au fond d’une piscine.
C’est précisément pour cette raison que Michelin a développé ce concept de roue sans air, conçue autour d’une architecture capable de garder sa forme, d’absorber les irrégularités du terrain et de maintenir de la traction sur un sol qui n’a rien d’un sentier de randonnée. Michelin explique que cette MiLAW est le fruit de plus de vingt ans de recherche sur les structures sans air, les polymères de haute technologie et les procédés de fabrication avancés comme l’impression 3D.
Michelin indique que la roue peut résister à des températures pouvant dépasser +100 °C en plein soleil et descendre sous -240 °C dans les zones d’ombre, tout en supportant les rayonnements solaires et galactiques. À cela s’ajoute le régolithe, de la poussière lunaire très fine, qui agit moins comme du sable de plage que comme une poudre de verre.
Derrière le trophée, une vraie bataille industrielle
Depuis quelques années, le retour de la Lune dans les priorités des grandes agences spatiales change la donne. La NASA, avec le programme Artemis, ne vise pas simplement un aller-retour spectaculaire avec quelques drapeaux et des images fortes pour les archives. L’idée est beaucoup plus ambitieuse : installer une présence durable, multiplier les missions, déplacer du matériel, explorer davantage de terrain, préparer à terme une logistique qui ressemble un peu plus à une implantation qu’à une visite éclair.
Dans ce cadre, la mobilité de surface est devenue un sujet central. Le rover lunaire s’avère ainsi être un maillon critique. Il faut transporter des instruments, relier des points éloignés, rouler dans des zones compliquées, tenir dans le temps. Les rovers des missions Apollo avaient un usage court. Les futurs véhicules devront encaisser des durées de service bien plus longues, avec une exigence de fiabilité accrue.

Michelin rappelle participer, au sein de l’équipe Moon RACER pilotée par l’américain Intuitive Machines, au développement d’un véhicule lunaire de terrain dans le cadre du programme Artemis. Ce positionnement est important, car il montre que l’entreprise française ne cherche pas seulement à exhiber une belle prouesse technologique, elle cherche à s’insérer dans une chaîne industrielle spatiale en train de se structurer. Là est le vrai sujet : l’espace n’est plus seulement un théâtre scientifique ou géopolitique, il est aussi un marché de composants, de systèmes, de prestations, avec ses consortiums, ses appels d’offres, ses briques technologiques décisives.
Pourquoi une roue lunaire peut aussi parler à la Terre
Dans le cas de MiLAW, plusieurs pistes terrestres apparaissent déjà aux côtés de l’usage primaire sur la Lune. Michelin insiste sur son expérience dans les structures sans air, un domaine où l’entreprise travaille depuis longtemps. Les recherches menées pour la Lune peuvent nourrir des solutions destinées à des véhicules devant rouler sur des terrains difficiles, là où la crevaison, l’abrasion ou les variations thermiques posent un vrai problème : engins industriels, matériels agricoles, véhicules d’intervention, équipements miniers, voire certaines applications militaires. L’amélioration des matériaux, des simulations numériques, des procédés de fabrication ou de la gestion de la déformation mécanique peut irriguer, peu à peu, des produits bien réels.
Le prix reçu à Hanovre a donc une portée symbolique très forte. Il valide l’idée que l’expertise d’un industriel centenaire peut rester utile, voire devenir décisive, sur des terrains où on ne l’attendait pas forcément. Faire rouler un véhicule sur la Lune, au fond, ce n’est pas si éloigné de l’ADN historique de Michelin : comprendre le contact entre une roue et un sol, transformer ce contact en mouvement, économiser l’énergie, prolonger la durée de vie, réduire le risque de panne.
Comprendre la MiLAW en un coup d’oeil :
Sources :
- Acteur Éco, Clermont-Ferrand sur la Lune : Michelin récompensé pour sa roue lunaire MILAW (7 mars 2026),
Clermont-Ferrand sur la Lune : Michelin récompensé pour sa roue lunaire MiLAW !
article d’actualité consacré à la récompense obtenue par Michelin pour son concept de roue lunaire MILAW. - Michelin, Michelin récompensé au Tire Technology Expo 2026 (4 mars 2026),
https://www.michelin.com/publications/produits-et-services/michelin-prix-tire-technology-expo-2026
communiqué officiel . - Michelin, Space Exploration (consulté en 2026),
https://www.michelin.fr/why-michelin/innovation/space-exploration
page institutionnelle présentant les activités de recherche de Michelin dans le domaine de l’exploration spatiale, notamment le développement de roues airless et de solutions de mobilité adaptées aux missions lunaires et planétaires.





