L’astéroïde Apophis va frôler la Terre en 2029 et pour une fois l’Europe va pouvoir l’étudier avant la NASA

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Un rendez-vous cosmique qui n’arrive qu’une fois par millénaire !

Si vous suivez l’actualité spatiale, vous le savez : la plupart des missions s’inscrivent dans le long terme, parfois sur des décennies… mais ici, le calendrier est imposé par l’Univers lui-même.

Le 13 avril 2029, l’astéroïde Apophis passera à seulement 31 600 km de la Terre, même pas un dixième de la distance qui nous sépare de la Lune, donc trois fois rien.

On parle donc d’un corps céleste qui traversera littéralement notre voisinage spatial, visible à l’œil nu par des centaines de millions de personnes.

Pour les scientifiques, c’est donc une occasion unique d’en savoir plus sur ce genre d’objets spatiaux sans avoir à aller les chercher au fin fond du système solaire.

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En 2029, Apophis passera plus près de la Terre que certains satellites et l’Europe compte bien être au premier rang pour l’observer avec la mission Ramses

Ramses : la mission européenne pour comprendre et anticiper

Pour exploiter cet événement, l’Agence spatiale européenne (ESA) prépare une mission dédiée : Ramses, prévue pour un lancement en 2028, en collaboration avec la JAXA (Agence d’exploration aérospatiale japonaise).

L’objectif n’est pas simplement d’observer Apophis mais de comprendre comment un astéroïde réagit lorsqu’il passe aussi près d’une planète. Sous l’effet de la gravité terrestre, Apophis devrait être légèrement déformé, voire subir des glissements de terrain à sa surface, ce qui mérite d’y apporter quelque attention.

Dans le domaine encore balbutiant de la défense planétaire, ces données seront précieuses.

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Un programme européen qui devient concret

Pendant longtemps, la défense contre les astéroïdes relevait presque de la science-fiction (comme dans Starship Troopers ou Independence Day pour les plus avertis de nos lecteurs). Aujourd’hui, elle s’inscrit dans une stratégie bien réelle.

Depuis 2019, l’ESA a lancé un programme dédié à la sécurité de l’espace, avec un volet spécifique consacré aux objets géocroiseurs.

La mission Ramses s’inscrit dans cette continuité, après une première étape importante : la mission Hera, lancée en 2024 pour analyser les effets de l’impact de la mission DART de la NASA sur l’astéroïde Dimorphos.

Petit à petit, l’Europe construit donc une capacité complète :

  • détecter
  • analyser
  • et à terme… dévier voire détruire

Ce qui relevait du scénario catastrophe devient progressivement un domaine d’ingénierie.

Apophis : un objet loin d’être anodin

Avec ses 330 mètres de diamètre, Apophis est un objet massif, comparable à la hauteur de la tour Eiffel. Sa masse est estimée entre 40 et 50 millions de tonnes, et il se déplace à environ 12 km/s.

Ce type d’astéroïde appartient à la catégorie des géocroiseurs, dont l’orbite coupe celle de la Terre.

Même si le risque de collision a été écarté pour au moins un siècle, les conséquences d’un impact seraient majeures avec un cratère de plusieurs kilomètres, des ondes de choc massives et, selon le point d’impact, de destructions à l’échelle d’un pays pour ne pas dire pire (repensez aux dinosaures).

C’est précisément pour cela que ces objets sont étudiés de près.

Une mission compacte mais extrêmement sophistiquée

La mission Ramses reposera sur une architecture inspirée de Hera, avec une sonde principale d’environ 2 mètres et deux cubesats, sorte de satellites cubiques miniatures (10 cm × 10 cm × 10 cm – à peu près la taille d’un cube Rubik).

Ce trio va travailler de manière complémentaire autour de l’astéroïde.

La sonde principale observera la surface avec une précision remarquable, capable de détecter des mouvements de l’ordre de 10 centimètres. Elle analysera également la composition chimique grâce à une caméra hyperspectrale.

Les deux cubesats joueront un rôle clé. L’un restera en orbite proche pour analyser la poussière et sonder l’intérieur de l’astéroïde avec un radar basse fréquence.

L’autre ira encore plus loin : il se posera directement sur Apophis pour mesurer sa gravité et enregistrer des vibrations internes.

Ce dispositif permettra d’obtenir une vision complète, à la fois externe et interne.

Ce que les scientifiques espèrent vraiment mesurer

Au-delà des images spectaculaires, l’objectif est très concret.

Les chercheurs veulent comprendre :

  • la structure interne de l’astéroïde
  • sa densité et sa porosité
  • sa réaction aux forces gravitationnelles

Ces paramètres seront essentiels si l’on veut un jour dévier un astéroïde.

Ramses doit donc répondre à une question simple, mais fondamentale : comment réagit réellement un astéroïde lorsqu’on exerce une force sur lui ?

Une mission rapide, un changement de rythme

La mission Ramses a été développée en seulement 4 ans, là où une mission spatiale classique prend souvent plus d’une décennie.

Ce raccourcissement des délais montre que l’Europe cherche à gagner en réactivité.

Dans un scénario réel de menace, attendre 15 ans ne serait pas une option.

La capacité à concevoir, lancer et opérer une mission rapidement devient donc un enjeu stratégique.

La sonde OSIRIS-APEX (ex-OSIRIS-REx) utilisera ses propulseurs pour soulever poussières et roches à la surface de l’astéroïde Apophis, permettant d’observer les couches sous-jacentes.Crédit : NASA Goddard Space Flight Center Conceptual Image Lab.
La sonde OSIRIS-APEX (ex-OSIRIS-REx) utilisera ses propulseurs pour soulever poussières et roches à la surface de l’astéroïde Apophis, permettant d’observer les couches sous-jacentes.
Crédit : NASA Goddard Space Flight Center Conceptual Image Lab.

Une compétition discrète mais bien réelle

Ramses ne sera pas seule puisque la sonde américaine OSIRIS-APEX doit également observer Apophis mais elle arrivera après le passage au plus proche de la Terre.

Cela donne un avantage clair à l’Europe et au Japon : ils seront les seuls à observer l’événement en temps réel.

Dans ce domaine, le timing est essentiel et pour une fois, l’Europe se retrouve en première ligne.

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Une étape clé vers une véritable défense planétaire

Pour l’humanité, que ce soit Ramses ou OSIRIS-APEX, finalement qu’importe la divinité Egyptienne car il s’agira dans tous les cas d’un jalon important vers une défense organisée de notre planète contre ce genre de désagréments.

Si Apophis ne représente aucun danger, d’autres objets pourraient, un jour, suivre une trajectoire plus menaçante.

Et ce jour-là, il ne s’agira plus seulement d’observer… mais d’agir.

Résumé en un coup d’oeil sur la mission Ramses :

Résumé en un coup d'oeil sur la mission Ramses
Résumé en un coup d’oeil sur la mission Ramses

Sources :

  • CNRS Le Journal, L’Europe s’empare de la défense planétaire (6 mars 2026),
    https://lejournal.cnrs.fr/articles/leurope-sempare-de-la-defense-planetaire
    article scientifique présentant les initiatives européennes en matière de défense planétaire, notamment les programmes visant à détecter et dévier les astéroïdes potentiellement dangereux.
  • NASA, OSIRIS-APEX Mission (consulté en 2026),

    OSIRIS-APEX


    page officielle décrivant la mission OSIRIS-APEX, dédiée à l’étude de l’astéroïde Apophis après le succès de la mission OSIRIS-REx, avec des objectifs scientifiques liés à la compréhension des objets géocroiseurs et des risques associés.

Image de mise en avant :

Vue d’artiste de la sonde de la mission RAMSES, capable de déployer deux CubeSats pour collecter davantage de données scientifiques lors de son exploration.

Crédit : ESA Science Office.

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Eric GARLETTI
Eric GARLETTIhttps://www.eric-garletti.fr/
Je suis curieux, défenseur de l'environnement et assez geek au quotidien. De formation scientifique, j'ai complété ma formation par un master en marketing digital qui me permet d'aborder de très nombreux sujets. Depuis 2025 Ambassadeur du Spatial pour le CNES

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