TotalEnergies prend une place de plus en plus prépondérante dans l’énergie européenne avec l’acquisition de 50% des actifs du tchèque d’EPH

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Bruxelles ouvre la porte à l’alliance TotalEnergies-EPH.

La Commission Européenne a annoncé le 25 mars 2026 que l’opération d’alliance entre le français TotalEnergies et le tchèque Energetický a průmyslový holding (EPH, « holding énergétique et industrielle » en français) ne soulevait pas de problème de concurrence, estimant que les positions des entreprises concernées restaient limitées au regard de la structure du marché et que l’impact du rapprochement demeurait contenu.

TotalEnergies va ainsi pouvoir renforcer son influence dans l’énergie en Europe grâce à cette association avec un important acteur du secteur qui pesait 23,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024.

Lire aussi :

L’UE valide l’alliance entre TotalEnergies et EPH

Une opération en actions à 5,1 milliards d’euros pour TotalEnergies

Cette alliance entre les deux sociétés va donner naissance à une co-entreprise détenue à parts égales entre le Français et le Tchèques. TotalEnergies va mettre la main sur 50 % d’un portefeuille de production électrique flexible détenu par EPH, comprenant des centrales à gaz, des unités biomasse ainsi que des systèmes de stockage par batteries.

L’ensemble est valorisé à 10,2 milliards d’euros (soit 5,1 milliards chacun), selon les éléments communiqués en novembre par TotalEnergies. En contrepartie, le groupe français va ouvrir son capital à son partenaire EPH qui deviendra l’un de ses actionnaires principaux  avec environ 4,1% des actions.

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EPH, un acteur de poids dans l’énergie en Europe

Créé en 2009, EPH (Energetický a průmyslový holding) s’est imposé en quelques années comme un acteur majeur de l’énergie en Europe, porté par une stratégie d’acquisitions ciblées et souvent opportunistes.

À ses débuts, le groupe est détenu par les fonds J&T et PPF, puis accélère très vite sa montée en puissance. Dès 2013, il frappe fort avec le rachat de Slovak Gas pour 2,6 milliards d’euros, avant d’enchaîner les reprises d’actifs auprès de grands énergéticiens comme EDF, E.ON, Enel, RWE ou Vattenfall, en se concentrant notamment sur le gaz et la production thermique.

Entre 2014 et 2016, le groupe réorganise profondément son capital et son pilotage, avec une prise de contrôle renforcée autour de Daniel Křetínský et Patrik Tkáč, donnant à EPH une direction plus offensive et clairement tournée vers l’expansion européenne.

Le portefeuille visé par TotalEnergies regroupe ainsi aujourd’hui des centrales à gaz, de la biomasse et des batteries, réparties entre l’Italie, les Pays-Bas, l’Irlande, le Royaume-Uni et la France.

Carte des principaux actifs acquis en capacités brutes.
Carte des principaux actifs acquis par TotalEnergies en capacités brutes.
Pays Capacité totale Types d’actifs Statut
Italie 7,5 GW Centrales à gaz nouvelle génération 3,7 GW en opération, 2,4 GW en construction, 1,4 GW en développement
Royaume-Uni et Irlande 7,1 GW Gaz, biomasse, batteries 5 GW opérationnels, 0,4 GW en construction, 1,7 GW en développement
Pays-Bas 3,6 GW Gaz, batteries 2,6 GW opérationnels, 0,2 GW en construction, 0,8 GW en développement
France 1,1 GW Batteries 100 MW en construction, 1 GW en développement


L’électricité flexible comme objectif

Alors pourquoi TotalEnergies met-il autant d’argent sur la table ?  La réponse tient en un mot : flexibilité.

Les énergies renouvelables, qui représentent un poids de plus en plus conséquent dans le mix énergétique européen (48 % en 2024), ont un énorme défaut : leur intermittence. Vous le savez mais le solaire s’arrête le soir et l’éolien ralentit quand l’air se raréfie.

C’est précisément là que les centrales à gaz, la biomasse et les batteries deviennent stratégiques en servant d’amortisseurs. Elles montent vite, compensent les creux, absorbent des pics, soutiennent l’équilibre du système. Ces actifs flexibles deviennent donc les musiciens de l’ombre qui remettent l’orchestre à tempo quand un pupitre décroche. L’électricité moderne n’est plus seulement une affaire de volume mais une affaire de synchronisation.

TotalEnergies cherche ainsi à construire une chaîne complète, où des moyens de production pilotables et la commercialisation d’électricité se répondent.

Les syndicats appellent à la vigilance

En France, l’opération a aussi suscité des interrogations sociales et industrielles. La CFDT a notamment exprimé des craintes autour du projet de conversion au gaz de la centrale à charbon de Saint-Avold, en Moselle, redoutant qu’un changement d’équilibre actionnarial ou stratégique ne vienne fragiliser ce dossier sensible.

Ce feu vert de Bruxelles dit surtout où va le système énergétique européen

Le feu vert donné par la Commission à l’alliance TotalEnergies-EPH montre que l’Europe, devant l’évidence du problème posé par les énergies renouvelables, est désormais prête à accepter qu’un grand groupe se renforce dans cette couche intermédiaire de l’écosystème énergétique européen, cette zone « grise » qui sert à faire « tampon » lorsque il n’y a pas suffisamment de vent ou de soleil.

Pour faire tourner un système bas carbone dans le monde réel, il faut aussi des outils capables d’absorber l’imprévu.

Sources :

  • TotalEnergies, TotalEnergies accélère sa stratégie d’intégration gaz-électricité (5 mars 2026),
    https://totalenergies.com/fr/actualites/communiques-de-presse/totalenergies-accelere-sa-strategie-dintegration-gaz-electricite
    communiqué officiel détaillant l’accélération de la stratégie du groupe visant à intégrer ses activités gazières et électriques, avec un objectif de développement des énergies bas carbone et de renforcement de sa position sur les marchés de l’électricité.
  • Conseil de l’Union européenne (Consilium), Comment l’électricité est-elle produite et vendue dans l’UE ? (consulté en 2026),
    https://www.consilium.europa.eu/fr/infographics/how-is-eu-electricity-produced-and-sold/
    infographie pédagogique expliquant le fonctionnement du marché de l’électricité en Europe, les différentes sources de production et les mécanismes de fixation des prix au sein de l’Union européenne.

 

 

 

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
Très curieux et tourné vers l'économie, la science et les nouvelles technologies, (particulièrement ce qui touche à l'énergie et les entreprises françaises) je vous propose de de découvrir les dernières actualités autour de cette passion

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