Et si notre salut venait de l’or ? Grâce à lui une équipe de scientifiques canadiens est parvenue à multiplier par 50 la résistance de cette batterie zinc

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De l’or dans vos batteries : une révolution à portée de main ?

Des chercheurs canadiens viennent de démontrer qu’une infime couche de nanoparticules d’or suffirait à multiplier par 50 la résistance des batteries zinc et à les faire tenir plus de 6 000 heures !

L’occasion pour nous de faire un article pour vous parler de cette découverte et des dernières avancées en termes de matériaux pour les batteries.

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Une fin couche d’or pourrait multiplier par 50 la résistance des batteries zinc et à les faire tenir plus de 6 000 heures

Chaque fois qu’une batterie se recharge, des structures microscopiques en forme d’aiguilles qu’on appelle des dendrites, peuvent se former à la surface des électrodes. Invisibles à l’œil nu, elles progressent à chaque cycle jusqu’à provoquer un court-circuit, souvent fatal pour la batterie.

Ce phénomène est l’un des obstacles majeurs au développement des batteries zinc-ion, pourtant très prometteuses : non toxiques, peu coûteuses, et capables de fonctionner avec des électrolytes aqueux. Sans solution efficace contre les dendrites, leur durée de vie reste limitée et leur adoption à grande échelle, compromise.

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L’or, mais en quantité infinitésimale

Des chercheurs de l’Université Concordia (Montréal) ont mis au point une technique d’une simplicité déconcertante : déposer une couche ultra-sparse de nanoparticules d’or sur la surface interne de l’électrode. Pas un revêtement continu, seulement quelques points stratégiques couvrant moins de 10 % de la surface.

C’est précisément cette dispersion qui fait toute l’originalité de l’approche. Plutôt que d’enrober l’électrode uniformément, les nanoparticules agissent comme des points de contrôle localisés, guidant le dépôt de zinc pendant la charge et empêchant la formation des structures irrégulières qui donnent naissance aux dendrites.

« La quantité de matériau sur la surface est si faible que c’est presque impossible à caractériser par d’autres moyens », explique Ayse Turak, co-auteure de l’étude publiée dans le Journal of Materials Chemistry A.

Pour visualiser ces nanoparticules et confirmer leur disposition, l’équipe a eu recours aux rayons X ultra-intenses de la Canadian Light Source, à l’Université de Saskatchewan, l’un des rares outils capables de détecter une présence aussi ténue sur une surface.

Un revêtement en or presque gratuit

L’argument économique est aussi fort que le résultat scientifique. Contrairement aux revêtements classiques qui nécessitent des quantités significatives de matériaux nobles, cette méthode ne demande qu’une fraction infime d’or.

Coût estimé par rapport à un revêtement or traditionnel : 1/100ème du prix.

Le procédé ne requiert en outre aucune condition de laboratoire particulière, ce qui ouvre la voie à une fabrication accessible à grande échelle.

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Au-delà des batteries zinc

L’équipe ne s’arrête pas là. Forte de ces résultats, elle explore déjà d’autres applications pour cette technique de dépôt de nanoparticules :

  • Les électrodes en cuivre pour les batteries sans anode de nouvelle génération
  • Les capteurs de surface, où les interactions à l’interface jouent un rôle critique
  • Les cellules photovoltaïques et les systèmes d’éclairage avancés

Dans tous ces domaines, la logique est identique : une présence minime mais stratégiquement placée peut transformer les performances d’un système sans en alourdir le coût.

Comment marche une batterie ? Exemple avec une batterie lithium-ion :

Comment marche une batterie ? Exemple avec une batterie lithium-ion

Des matériaux de batteries en pleine révolution

Cette avancée s’inscrit dans une transformation plus large du monde des batteries. Aujourd’hui, les chercheurs explorent de nombreuses pistes pour dépasser les limites des technologies lithium-ion classiques.

Du côté des cathodes, plusieurs chimies dominent. Le NMC (nickel-manganèse-cobalt) offre une densité énergétique élevée, mais dépend de métaux critiques. Le LFP (lithium-fer-phosphate), lui, privilégie la sécurité et la longévité, au prix d’une densité légèrement inférieure. Le NCA (Nickel-Cobalt-Aluminium), souvent utilisé dans l’automobile, vise un compromis entre performance et stabilité.

Côté anodes, le graphite reste la référence pour sa fiabilité et son coût. Mais il atteint ses limites. Le silicium attire donc beaucoup d’attention : il peut théoriquement stocker jusqu’à 10 fois plus d’énergie, mais sa tendance à se dilater lors des cycles pose encore des défis techniques.

Enfin, les électrolytes évoluent eux aussi. Les versions liquides dominent encore, mais les électrolytes solides progressent rapidement. Ils promettent des batteries plus sûres, moins sensibles aux incendies, et potentiellement rechargeables plus vite.

En parallèle, de nouvelles technologies émergent. Les batteries sodium-ion utilisent des matériaux abondants et moins coûteux, tandis que les systèmes lithium-soufre offrent des perspectives intéressantes en densité énergétique, malgré des défis de stabilité.

Dans ce contexte, la solution à base de nanoparticules d’or apparaît comme une approche complémentaire : elle n’invente pas une nouvelle chimie, elle améliore profondément le comportement des matériaux existants.

Les nouveaux matériaux des batteries : 

Solution Avantages Inconvénients
NMC (Nickel-Manganèse-Cobalt) Haute densité énergétique, bonne puissance Coût élevé (cobalt), moins sûr, dégradation
LFP (Lithium-Fer-Phosphate) Sécurité élevée, longévité, coût bas, sans cobalt Densité énergétique plus faible, sensible au froid
NCA (Nickel-Cobalt-Aluminium) Très haute densité énergétique, utilisé par Tesla Instabilité thermique, dépendance cobalt/nickel
Graphite (anode) Stable, mature, bon marché Capacité limitée
Silicium (anode) Capacité 10x supérieure au graphite Expansion volumique (300%), cycles limités
Électrolyte solide Sécurité accrue, densité potentielle élevée, recharge rapide Conductivité ionique faible, coût de production
Sodium-ion Abondant, bon marché, durable Densité énergétique inférieure
Lithium-Soufre Très haute densité théorique, soufre abondant Dégradation du soufre, faible conductivité

 

Source :

Lee, S., Oliveira, P., Shamekhi, M., Manickam, R. R., Kim, W. Y., Lim, J. H., & Turak, A. (2026). Sparse Au nanoparticle arrays modulate Zn nucleation pathways and ion transport: a mechanistic approach to dendrite-free aqueous battery cycling. Journal of Materials Chemistry A, 14(20), 11975-11986. https://doi.org/10.1039/D5TA08137H

Image : Capture écran de la vidéo Making Gold Nanoparticles to Calibrate My SEM de la chaine  Youtube ProjectsInFlight

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Eric GARLETTI
Eric GARLETTIhttps://www.eric-garletti.fr/
Je suis curieux, défenseur de l'environnement et assez geek au quotidien. De formation scientifique, j'ai complété ma formation par un master en marketing digital qui me permet d'aborder de très nombreux sujets. Depuis 2025 Ambassadeur du Spatial pour le CNES

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