Un seul navire en France est digne en 2026 de recevoir le label Pavillon Bleu et grâce à lui vous pouvez découvrir ce genre de dauphins depuis Hendaye : l’Atalaya

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Troisième titre d’affilée pour le catamaran d’Hendaye.  

Sur les 485 sites français labellisés Pavillon Bleu en 2026, il y a 384 plages, 100 ports de plaisance, et… un seul bateau. Ce bateau, c’est l’Atalaya et c’est la troisième étoile d’affilée qu’il peut fièrement marquer sur sa proue.

Si ce fier vaisseau est récompensé une nouvelle fois, ce n’est pas que pour souligner une énième fois la qualité de ses prestations mais aussi pour attirer l’attention sur un type d’excursion qui n’est pas toujours au niveau dans notre pays : le whale watching.

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Le catamaran Atalaya est honoré pour la troisième fois d’affilée par le prestigieux label Pavillon Bleu

Observer les baleines et les dauphins depuis un bateau est devenu, en quelques décennies, une industrie mondiale qui pèse plus de 2 milliards de dollars par an et concerne plus de 13 millions de touristes répartis dans 119 pays.

Le problème, c’est que cette activité, présentée comme alternative douce à la chasse commerciale, n’est pas si inoffensive qu’on pourrait le croire pour les cétacés observés. Les études scientifiques s’accumulent sur ses effets : interruption des phases de repos, ruptures dans les comportements de chasse et d’allaitement, stress chronique, modifications des routes migratoires, voire collisions directes avec les coques.

Dans certaines zones très fréquentées, comme la baie de Tadoussac au Québec ou Kaikoura en Nouvelle-Zélande, les autorités ont dû imposer des moratoires temporaires ou des quotas stricts.

Le Golfe de Gascogne n’échappe pas à ces tensions. C’est un sanctuaire reconnu pour les cétacés. on y dénombre près d’une vingtaine d’espèces : dauphins communs, dauphins bleus et blancs, globicéphales, rorquals communs, baleines à bec de Cuvier, cachalots etc. Le canyon de Capbreton, situé à quelques milles d’Hendaye (et où les expéditions d’Explore Océan se dirigent), descend brutalement de 3 000 mètres en quelques kilomètres et constitue un point de remontée d’eaux froides et nutritives, donc un garde-manger naturel pour les grands mammifères marins.

Ce que vous voyez n’est pas un bateau ! Avec ses 385 mètres de long le Havfarm est tout simplement la plus grande ferme off-shore de saumons du monde

L’Atalaya, ancienne pêcheuse devenue observatoire

Le bateau lui-même a une histoire. L’Atalaya est un catamaran de 17 mètres, à l’origine un navire de pêche à la voile, reconverti en observatoire des cétacés.

Pensé pour une navigation stable et silencieuse, il limite naturellement les perturbations sonores qui constituent l’une des principales sources de stress pour la faune marine. Les cétacés, qui communiquent et chassent par sonar, sont particulièrement sensibles aux bruits de moteur. Un catamaran à voile reconverti, avec un tirant d’eau réduit et une motorisation modeste, génère bien moins d’émissions acoustiques qu’une vedette rapide thermique.

Autre particularité : sa jauge autorisée est de 79 passagers, mais Explore Océan en accueille volontairement 40 maximum. Le manque à gagner économique se compte en milliers d’euros par sortie, mais le confort des passagers et la qualité de l’observation y gagnent.

Moins de monde sur le pont, moins de bruit, moins de stress pour les animaux observés à distance respectueuse.

Le catamaran Atalaya.
Le catamaran Atalaya.

Un label exigeant, pas un autocollant marketing

Le Pavillon Bleu pour bateaux n’est pas une extension « banal » du label appliqué aux plages depuis quarante ans.

C’est une grille distincte, conçue à partir de 2015 par la coordination internationale Blue Flag et la structure islandaise, en réponse précisément aux dérives constatées dans l’observation des cétacés à travers le monde. Elle compte 47 critères dont 42 impératifs, répartis en 9 thématiques : gestion de l’eau et assainissement, biodiversité, sécurité, gestion des déchets, éducation au développement durable, équipements, sobriété, gouvernance responsable, pratiques responsables pour la faune sauvage.

Pour les bateaux observant les cétacés, des règles supplémentaires s’appliquent. Distances minimales d’approche, durées maximales d’interaction, comportements interdits (couper la route, séparer un groupe, suivre un animal sur de longues distances). L’évaluation est annuelle et indépendante. Pas de Pavillon Bleu obtenu une fois pour toutes, chaque renouvellement implique de prouver à nouveau le respect des critères.

Explore Océan, fondée par Sophie Preato qui pilote elle-même l’Atalaya, détient également la certification internationale WCA Responsible Whale Watching, qu’elle est la seule entreprise française à posséder. La société transmet aussi l’ensemble de ses données d’observation aux programmes scientifiques qui étudient les mammifères marins du Golfe de Gascogne. Un bateau qui observe, sensibilise, et alimente la science. Le triptyque exact qu’attend le label.

À bord du catamaran Atalaya, vous pourrez participer à des expéditions naturalistes d'une journée à la rencontre des dauphins, baleines et oiseaux marins du Golfe de Gascogne.
À bord du catamaran Atalaya, vous pourrez participer à des expéditions naturalistes d’une journée à la rencontre des dauphins, baleines et oiseaux marins du Golfe de Gascogne.

Pourquoi un seul bateau en France ?

La France compte près de 5 800 kilomètres de littoral, des centaines d’opérateurs de sorties en mer, plusieurs zones d’observation reconnues mondialement (Méditerranée, Atlantique, Manche, outre-mer). Pourtant, depuis l’intégration du volet « bateaux » au Pavillon Bleu français en 2024, l’Atalaya reste le seul navire labellisé depuis trois ans…

À cela, plusieurs explications.

La grille est exigeante, parfois plus que ce que peuvent supporter de petites structures économiquement fragiles. Le label impose une transparence totale sur les pratiques, ce qui peut effrayer des opérateurs habitués à une certaine opacité commerciale.

La démarche implique aussi un investissement dans la formation des équipages, dans les protocoles d’observation, dans la collecte de données scientifiques.

Tout cela coûte du temps et de l’argent, sans garantie de retour direct sur investissement, sauf via la valeur réputationnelle.

Le résultat, c’est un secteur du whale watching français très inégal. Quelques opérateurs sérieux, beaucoup d’autres qui pratiquent une observation marketing-friendly mais peu encadrée.

Atalaya d’Explore Ocean

Cette « grue des mers » vient de réussir l’exploit de planter un pieu de 1 670 tonnes qui en appellera de nombreux autres sur le champ d’éoliennes offshore Hornsea 3

Hendaye, point de départ d’une biologie marine méconnue

Le port d’Hendaye est situé à un carrefour biogéographique exceptionnel, entre Golfe de Gascogne et versant atlantique pyrénéen. C’est l’un de ces points de bascule géographique où plusieurs influences marines se mélangent : eaux atlantiques profondes, remontées du canyon de Capbreton, courants côtiers basques, apports d’estuaires. Une biodiversité riche, parfois imprévisible.

Les expéditions d’Explore Océan durent une journée entière, encadrées par des guides naturalistes diplômés et des spécialistes de la biodiversité marine. La saison s’étend d’avril à octobre. Parmi les sorties partenaires, une excursion en collaboration avec le CPIE Littoral Basque permet de découvrir la Corniche basque depuis la mer, une perspective rare sur l’un des littoraux les plus protégés de France.

L’été approche et c’est probablement l’occasion de faire cette sortie unique en France si vous êtes de passage près d’Hendaye pour les vacances !

Sources :

  • Pavillon Bleu, Palmarès Pavillon Bleu 2026 (18 mai 2026)
    https://pavillonbleu.org/actualites/consultez-le-palmares-pavillon-bleu-2026
    Communiqué officiel détaillant les 485 sites français labellisés en 2026, la cérémonie de Saverne et la place montante du fluvial dans la démarche.
  • Explore Océan, Communiqué de presse – Atalaya décroche son 3ᵉ Pavillon Bleu consécutif (18 mai 2026)
    En savoir plus sur l’excursion : https://www.exploreocean.fr

 

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Matthieu Aigron
Matthieu Aigronhttps://www.bulle1924.fr/
Matthieu Aigron est un passionné de gastronomie traditionnelle française, "revisitée" ou non. Il a fait ses études chez Ferrandi avant de faire ses armes aux Plaza Athénée Paris et au Saint-James. Il est désormais Chef du restaurant "Bulle 1924" à Reims. Il vous donne rendez-vous sur Media24.fr pour vous parler des dernières nouveautés en matière de tourisme, de gastronomie ou tout simplement vous partager sa fameuse recette de la blanquette de veau !

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