Un Super Saiyan adorerait s’entraîner dans cette nouvelle salle d’expérimentation chinoise qui promet 300 fois la gravité terrestre

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Une centrifugeuse géante pour comprimer le temps, la gravité… et les expériences extrêmes.

300 fois la gravité terrestre, une charge de 22 tonnes en rotation, un bras de 6,4 mètres sous vide : bienvenue dans la salle d’expérimentation la plus extrême de la planète qui ferait pâlir d’envie un Saiyan de Dragon Ball (NDLR : Pour les néophytes, il s’agit d’une race d’extra-terrestres capables de détruire une montagne à coups de poings et qui s’entrainent dans des environnements avec 300 fois notre gravité terrestre).

La Chine vient de mettre en service la plus puissante centrifugeuse jamais construite (battant d’ailleurs son propre précédent record), baptisée CHIEF1300, capable de recréer en quelques jours ce que la nature mettrait des siècles à produire.

Derrière ce nom se cache une installation souterraine unique, pilotée par l’Université du Zhejiang, destinée à simuler les effets de séismes, de tsunamis, de pressions océaniques abyssales, ou encore d’évolutions géologiques lentes, le tout dans des conditions de laboratoire ultra-contrôlées.

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Pour se faire une idée, un humain en chute libre peut encaisser 2 ou 3 G pendant quelques secondes. Les astronautes au décollage ? Environ 5 G. La CHIEF1300, elle, atteint 300 G en continu, et vise à terme les 1 500 G. Autant dire qu’aucun corps humain n’y survivrait mais ce n’est pas l’objectif.

Dans ce contexte, la centrifugeuse devient un outil d’accélération du temps et de l’échelle. À 100 G, par exemple, une maquette de 1 mètre simule une structure réelle de 100 mètres. Une infiltration de polluant sur un siècle peut être observée en moins de 4 jours. Autrement dit, le CHIEF1300 permet de voir se dérouler des siècles d’évolution géologique ou hydrologique en quelques heures.

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Un laboratoire sous terre… pour créer de la gravité

L’installation est logée dans une chambre souterraine de 230 m², équipée d’un bras rotatif de 6,4 mètres de long. Ce bras peut accueillir des échantillons jusqu’à 22 tonnes, et les faire tourner à des vitesses vertigineuses. Pour éviter les turbulences, l’ensemble est placé sous vide et refroidi par les parois.

Ce choix souterrain réduit les vibrations, le bruit, et les interférences avec les instruments de mesure. Il permet aussi de maintenir une stabilité thermique et mécanique, indispensables à des expériences à très haute précision.

Le CHIEF n’est pas un projet isolé. Il s’inscrit dans une infrastructure plus vaste comprenant trois centrifugeuses, dix-huit dispositifs embarqués et six cabines expérimentales, avec deux machines supplémentaires déjà en construction.

Des applications qui touchent à tout

Les premiers essais ont été éloquents :

  • Simulation d’un séisme majeur sur les fondations d’un barrage hydroélectrique
  • Reconstitution des effets d’un tsunami de 20 mètres sur le plancher océanique, pour aider à implanter des parcs éoliens offshore
  • Reproduction de la pression des grands fonds (jusqu’à 2 000 mètres) pour étudier l’extraction des hydrates de méthane
  • Fabrication de nouveaux alliages métalliques avec moins de défauts et une meilleure résistance, destinés à l’aéronautique

Ce champ d’applications fait du CHIEF un outil transversal, au service de la géophysique, des matériaux, de l’énergie, de l’environnement, et même de la prospective spatiale.

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Un accélérateur de science à l’échelle planétaire

Chen Yunmin, chef scientifique du projet, insiste sur la dimension internationale de l’initiative. Le CHIEF sera ouvert à la recherche mondiale, et proposera des créneaux d’expérimentation aux laboratoires étrangers.

Il y voit une plateforme de convergence pour les grandes questions scientifiques : changement climatique, sécurité des infrastructures, stockage des déchets en profondeur, exploration énergétique.

L’ambition est claire : faire de Hangzhou un centre mondial de la recherche en hypergravité, au même titre que les grands synchrotrons ou les accélérateurs de particules.

Source : China Daily

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
Très curieux et tourné vers l'économie, la science et les nouvelles technologies, (particulièrement ce qui touche à l'énergie et les entreprises françaises) je vous propose de de découvrir les dernières actualités autour de cette passion

3 Commentaires

  1. Hello.
    “Pour se faire une idée, un humain en chute libre peut encaisser 2 ou 3 G pendant quelques secondes.”
    Si G désigne la gravité et que la définition de chute libre c’est bien une chute soumise qu’à une seule force, celle de l’attraction gravitationnelle ( bien que les forces de frottement avec l’air s’exercent contre l’accélération proportiellement a la vitesse)

    Alors un humain étant en état de chute libre ne devrait il pas subir au grand maximum 1G ?
    D’ailleurs nous subissons tous cette force sans être en chute libre, c’est juste équilibré par les forces qu’exercent nos pieds sur le sol.
    L’article est cool, et j’ai adoré cette prise de risques sur la référence pop culture très pointu dans le titre. ☺️

  2. Tu as raison. En chute libre stricte, un humain ne ressent pas “2 ou 3 G”, mais 0 G. Les “2 ou 3 G” évoqués correspondent en fait à la décélération brutale (parachute, impact, freinage), pas à la chute libre.

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