La France se positionne dans la course aux mini-réacteurs nucléaires de nouvelle génération grâce à ce partenariat de newcleo et NextChem

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NEXT-N : la mini-centrale nucléaire franco-italienne qui veut révolutionner l’énergie et la chimie.

Ni réacteur géant à la Flamanville, ni rêve de science-fiction à base de fusion. Le projet dont il est question ici est plus modeste avec un mini-réacteur (ou SMR en anglais) de génération IV : rapide, compact, refroidi au plomb, d’à peine 200 mégawatts et qui pourrait à terme fournir une énergie constante pour les usines du futur.

Son nom : LFR-AS-200 et il sera le fruit de l’alliance entre newcleo, jeune pousse nucléaire française, et Nextchem, expert italien de l’ingénierie chimique qui ont annoncé une joint-venture NEXT-N et la dot sera à la hauteur des ambitions du projet avec 70 millions d’euros contracté immédiatement auprès de newcleo pour la conception de la centrale.

Sur le plan capitalistique, le transfert croisé de participations sera finalisé d’ici la fin de 2025 : newcleo détiendra 40 % de Next-N, tandis que NextChem acquerra jusqu’à 5 % de newcleo.

Lire aussi :

Newcleo et NextChem créent NEXT-N pour préparer le terrain à leur futur réacteur nucléaire de génération IV

Le pari est audacieux. Créer une mini-centrale nucléaire de nouvelle génération, conçue dès le départ pour être rapide à construire, facile à intégrer dans un site industriel, et peu génératrice de déchets.

NEXT-N ne sera pas directement en charge de la conception du réacteur, ça, c’est le boulot de newcleo. La mission de la nouvelle entité touchera tout ce qui entoure ce réacteur : les échangeurs thermiques, la salle turbine, les systèmes de refroidissement, bref, ce qu’on appelle dans le jargon l'”île conventionnelle”.

Dès cette année, les équipes commenceront à dessiner les plans, acheter les premiers composants critiques, préparer l’usine pilote qui pourrait voir le jour en Italie dès 2026.

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Un prototype en Italie, une mise en service en France

Un démonstrateur sans combustible nucléaire sera assemblé à l’identique en Italie, dès 2026, pour tester les circuits, les matériaux, les systèmes de sécurité.

Ensuite, si tout se passe comme prévu, le premier véritable réacteur sera mis en service en France à l’horizon 2031. Un projet européen, dans la forme comme dans le fond.

Réacteurs + chimie = une alliance pleine d’énergie

Le cœur de la stratégie de l’alliance, c’est d’adosser ces petits réacteurs à des unités chimiques, comme des usines d’hydrogène ou de méthanol. Objectif : produire des molécules vertes à grande échelle, sans CO₂, sans gaz fossile, sans intermittence.

C’est ce que Nextchem appelle l’”E-factory for chemistry“. En clair, une boucle industrielle autonome où l’énergie nucléaire alimente la chimie du futur. Et tout cela, à proximité directe des industriels, sans avoir besoin de transformer le réseau électrique national.

À Nogent-sur-Seine, un carburant très spécial : le MOX

Qui dit petit réacteur rapide dit… combustible particulier. Le LFR-AS-200 n’utilise pas de l’uranium enrichi classique. Il fonctionne avec du MOX, un mélange d’uranium et de plutonium récupéré à partir de déchets déjà existants.

C’est pourquoi newcleo prévoit de construire une ligne de production de MOX à Nogent-sur-Seine, en France. Le site est en cours d’étude, les consultations publiques vont débuter. Ce choix stratégique s’inscrit dans une logique d’économie circulaire nucléaire : réutiliser ce que d’autres pays considèrent comme des déchets, pour produire une électricité bas-carbone et durable.

En Slovaquie, un tremplin pour l’Europe

Pendant que le prototype italien se prépare, newcleo avance déjà ses pions ailleurs. En Slovaquie, sur le site nucléaire de Bohunice, un accord a été signé pour installer jusqu’à quatre réacteurs LFR-AS-200. Là encore, l’enjeu est double : remplacer des réacteurs anciens, tout en développant une filière industrielle locale.

C’est une façon, pour newcleo, de démontrer que son modèle est réplicable. Petite puissance, construction modulaire, adaptation aux besoins du terrain. De quoi séduire d’autres pays européens dans les années à venir.

Une rupture avec le modèle français actuel

Le contraste avec les projets d’EPR est saisissant. Là où un EPR2 vise 1 650 MW, coûte plus de 13 milliards d’euros et met plus de 10 ans à sortir de terre, le modèle de newcleo est à l’opposé : réacteur de 200 MW, construction rapide, pas de subventions publiques pour démarrer, et un modèle pensé pour la décentralisation énergétique.

Ce n’est pas un concurrent à l’EPR, c’est un complément à un mix plus souple, plus modulaire, pensé pour une industrie électro-intensive ou des territoires éloignés.

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Liste non-exhaustive des projets de SMRs dans le monde en 2025

Nom du projet Pays Technologie Puissance (MW) Statut (2025)
NUWARD France Réacteur à eau pressurisée modulaire (PWR) 340 Phase de conception, prototype prévu vers 2030
Naarea XAMR France Réacteur rapide à sels fondus, à neutrons rapides 40 Prototype annoncé à l’horizon 2030
Newcleo LFR-AS-200 France / Italie Réacteur rapide au plomb (LFR) 200 Prototype en Italie (2026), mise en service France 2031
NuScale VOYGR États-Unis PWR modulaire 77 Licencié, attente de construction
Rolls-Royce SMR Royaume-Uni PWR modulaire 470 Ingénierie détaillée
CAREM-25 Argentine PWR intégré 32 Construction suspendue
BANDI-60 Corée du Sud PWR modulaire 60 Prototype prévu en 2030
Akademik Lomonosov Russie Réacteur à eau pressurisée flottant 70 Opérationnel
Linglong One (ACP100) Chine PWR modulaire 125 En construction à Changjiang, mise en service estimée 2026
Seaborg CMSR Danemark Réacteur modulaire à sels fondus compact 100 Prototype prévu sur barge à partir de 2028

Source : newcleo

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
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