Le français Safran ouvre une nouvelle usine dans une des dernières zones géographiques où il lui manquait encore une pièce de puzzle : Dubaï

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Des sièges d’avion cousus main dans le désert !

Emirates et Safran ont signé le 18 novembre 2025 un accord visant à implanter une unité de production et d’assemblage de sièges d’avion directement aux Émirats arabes unis, dans la zone industrielle de Dubaï.

Une première pour Safran, une étape stratégique pour Emirates.

Lire aussi :

Safran va ouvrir une nouvelle usine en partenariat avec Emirates pour produire des sièges d’avion de luxe à Dubaï

Pourquoi Dubaï ?

Emirates est en plein chantier de rénovation de sa flotte, un projet gigantesque qui prévoit de moderniser les cabines de plus de 120 avions.

Monter une usine sur au plus près de la flotte, c’est gagner des mois sur la chaîne de production, éviter les livraisons en cargo, et surtout ajuster les fauteuils comme un tailleur italien ajuste une veste.

le cheikh Ahmed bin Saeed Al Maktoum a déclaré :

« […] Notre objectif est de continuer à développer la production aéronautique pour attirer des fournisseurs de composants, des entreprises technologiques et des professionnels qualifiés venus du monde entier »

Le contrat d’1,6 milliard d’euros décroché par le géant français Alstom va lui permettre d’utiliser à son plein potentiel sa méga-usine de Katowice-Chorzów

Une usine qui ne sortira pas de terre pour rien

L’usine sera prête fin 2027, sur une surface de 20 000 à 25 000 mètres carrés, c’est la taille d’un supermarché Auchan géant, sauf qu’au lieu de vendre des chariots de chips, on y assemblera jusqu’à 1 000 sièges de classe Affaires par an.

Et attention, un siège comme ça, c’est de la haute précision. Plus de 2 000 pièces par fauteuil, des moteurs, des textiles spéciaux, de l’électronique embarquée… Le tout testé, vérifié, calibré. On est plus proche d’un cockpit de F1 que d’un fauteuil IKEA.

Cette usine ne servira pas que les besoins d’Emirates. Elle pourra livrer toutes les compagnies du Golfe ou d’Asie clientes de Safran Seats. L’idée, c’est d’avoir un hub local, agile, prêt à répondre à la demande régionale sans passer par la France ou le Mexique.

Safran, un acteur déjà largement mondial

Quand on parle de Safran, on pense souvent à la France. À Villaroche, aux moteurs du Rafale, ou aux nacelles d’Airbus.

Mais ce groupe est bien plus vaste. Il a des racines partout. Voici un tableau qui donne une idée de sa présence dans le monde, et pourquoi l’étape Dubaï est loin d’être un simple coup de com’ :

Pays Villes principales / sites Activités Nombre approximatif de salariés
France Paris, Toulouse, Villaroche, Bordes, Le Creusot, Châtellerault Siège mondial, moteurs d’avion, équipements, R&D, défense Environ 42 000
États-Unis Dallas, Grand Prairie, Cincinnati, Walton, Sarasota Moteurs, trains d’atterrissage, câblage, sièges Environ 15 000
Mexique Querétaro, Chihuahua Production de pièces moteurs, nacelles, sièges Environ 8 000
Maroc Casablanca, Nouaceur Câblage, maintenance, services aéronautiques Environ 5 000
Chine Suzhou, Tianjin, Xian, Shanghai Partenariats moteurs (CFM), maintenance, câblage Environ 2 000
Inde Hyderabad, Bangalore Ingénierie, R&D, fabrication Environ 750
Pologne Sędziszów, Rzeszów Composants moteurs, pièces mécaniques Environ 1 500
Royaume-Uni Burnley, Pitstone Sièges, systèmes électriques Environ 1 000
Singapour Seletar Maintenance et réparations Environ 400
Émirats arabes unis (à venir) Dubaï Assemblage de sièges classe Affaires et Éco À définir (phase de montée en charge)

On comprend mieux pourquoi Dubaï entre dans la danse. C’est la pièce qui manquait au puzzle Moyen-Orient / Asie, où le trafic aérien est en plein boom et où les attentes en confort montent aussi vite que les prix du kérosène.

Une gamme de produits dans l’aéronautique très large

Safran, c’est un peu l’épine dorsale de tout ce qui vole dans le paysage français et même mondial. Des moteurs aux trains d’atterrissage, des freins carbone aux câblages embarqués, des nacelles à la robotique de maintenance.

Et surtout, il y a CFM International, sa coentreprise avec General Electric, qui équipe une grande partie des avions court et moyen-courriers dans le monde. Chaque minute, quelque part dans le ciel, un moteur Leap ou CFM56 rugit grâce à leurs usines communes.

La France et la Russie se livrent une bataille de titans nucléaires pour un marché estimé à plus de 172 milliards d’euros d’ici 2047 : l’Inde

Safran et sa production aéronautique en 2025

Famille de produits Marques / partenariats Utilisateurs principaux
Moteurs d’avions civils CFM56, LEAP (via CFM International) Airbus A320neo, Boeing 737 MAX, avions régionaux
Moteurs d’avions militaires M88 (Rafale), TP400 (A400M), Larzac Armée de l’air française, exportations (Égypte, Inde, etc.)
Nacelles moteurs Safran Nacelles Airbus A320neo, A330neo, Gulfstream G500/600
Trains d’atterrissage Safran Landing Systems Tous types d’avions civils et militaires
Sièges d’avion Safran Seats Emirates, Qatar Airways, Air France, Delta, etc.
Équipements électriques et électroniques Safran Electrical & Power Avions civils, hélicoptères, drones
Commandes de vol, actionneurs Safran Electronics & Defense Rafale, A400M, missiles, drones tactiques
Systèmes de freinage et roues Freins carbone, commandes électroniques Avions de ligne, jets d’affaires, avions militaires
Navigation inertielle, optronique Systèmes gyroscopiques, caméras infrarouges Char Leclerc, Rafale, satellites, sous-marins
Maintenance et services MRO Safran Aircraft Engines, Safran Nacelles Services Compagnies aériennes, armées, opérateurs privés

Source : Safran

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
Très curieux et tourné vers l'économie, la science et les nouvelles technologies, (particulièrement ce qui touche à l'énergie et les entreprises françaises) je vous propose de de découvrir les dernières actualités autour de cette passion

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