enerÀ Yulin, Air Liquide continue de rendre l’oxygène plus verte.
Air Liquide vient d’injecter 25 millions d’euros dans son unité de séparation d’air à Yulin, au cœur du Shaanxi. Une somme importante pour ce qui ressemble, au premier abord, à un simple changement d’alimentation énergétique mais cette transformation en profondeur de l’usine promet en réalité 224 000 tonnes de CO₂ évitées par an, avec un potentiel qui grimperait même à 550 000 tonnes lorsque l’électricité deviendra bas carbone. Cela revient à retirer des routes l’équivalent de 120 000 voitures thermiques.
On va voir que ce projet est à l’image de la stratégie de ces dernières années chez d’Air Liquide : augmenter les rendements en “verdifiant” la production de ses gaz dont l’industrie moderne est si friande.
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Un nouvel investissement de 25 millions d’Air Liquide en Chine
L’oxygène industriel n’a rien du gaz anodin qui fait flotter les ballons d’anniversaire des enfants. C’est un accélérateur de réactions, un carburant pour flammes exigeantes, un partenaire qui transforme les hauts-fourneaux en de véritables cocottes-minute contrôlées. Les aciéries l’utilisent pour réduire la consommation de combustibles fossiles et augmenter le rendement. En bref, c’est un levier d’efficacité immédiate.
Dans les usines de verre, il permet de maintenir des températures stables, de l’ordre de plusieurs milliers de degrés, là où un mélange air-combustible serait trop instable. Dans la chimie lourde, il déclenche les réactions que l’air ordinaire n’initierait jamais. Chaque année, l’industrie mondiale en absorbe plus de 300 millions de tonnes, et la sidérurgie représente à elle seule près de 55 % de cette demande.
La montée en puissance de l’hydrogène, l’électrification des procédés et l’arrivée de chaînes de production de batteries augmentent encore la pression. Les experts estiment que la consommation pourrait dépasser 400 millions de tonnes d’ici 2030.
Une signature à Pékin qui raconte une trajectoire politique
Le contrat d’extension entre Air Liquide et Yanchang a été signé à Pékin, en marge de la visite d’État du président français. Une scène très diplomatique, mais qui résume bien la réalité énergétique chinoise. Pékin veut atteindre son pic d’émissions en 2030, avant une neutralité carbone en 2060. Pour y parvenir, moderniser ses industries reste indispensable.
Le groupe Air Liquide exploite plus de 140 sites en Chine, emploie 5 600 personnes et possède un campus d’innovation à Shanghai où défilent constructeurs automobiles, start-up de la santé et électroniciens qui travaillent sur des capteurs ultrasensibles.
Deux autres unités, notamment à Tianjin, ont déjà été électrifiées. Le schéma se répète : réduire la consommation énergétique, stabiliser les process, conserver le niveau de service. Quand on opère dans un pays où l’industrie tourne en continu, il n’y a aucune place pour l’improvisation.
Une stratégie mondiale qui dépasse largement la Chine
La modernisation de Yulin illustre une ligne directrice appliquée également en Inde, en Corée du Sud, aux États-Unis. Le groupe anticipe une demande d’oxygène bas carbone qui va grimper dans les aciéries électriques, les chimies vertes et les gigafactories de batteries. L’ASU électrifiée pourrait devenir le nouveau standard mondial, car elle s’inscrit dans un mouvement très clair : réduire le CO₂ sans toucher à la productivité.
Autre avantage. Ces unités dialoguent naturellement avec l’hydrogène vert, domaine où Air Liquide multiplie déjà les investissements, que ce soit dans les électrolyseurs géants ou dans la logistique.
Un acteur français présent dans le secteur économique du moment : les semi-conducteurs
Le grand public l’oublie souvent, mais une puce électronique exige une atmosphère presque plus propre qu’un bloc opératoire. Dans ces salles où la poussière ne doit pas exister, Air Liquide joue un rôle de premier plan grâce à ses gaz ultra-purs. L’azote, l’hélium, l’hydrogène, l’argon : tous doivent être filtrés jusqu’aux limites de la physique.
Le groupe détient désormais environ 35 % du marché mondial de ces gaz très spécifiques. Ce n’est pas un hasard. Des décennies de travail dans les laboratoires, puis la transposition de ces procédés en usine, ont permis d’atteindre une fiabilité dont peu d’acteurs peuvent se vanter.
En 2025, Air Liquide a d’ailleurs investi plus de 250 millions d’euros dans la microélectronique. Une somme qui consolide sa position auprès des fabricants européens, tout en renforçant son influence en Asie et aux Amériques.
Son envergure est impressionnante : 75 pays, 67 800 collaborateurs, plus de 140 usines en Chine, 42 TWh d’énergie produits chaque année, et 27,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024. Derrière cette présence, un constat. Dès qu’un secteur devient plus précis, plus exigeant, Air Liquide n’est jamais loin.

Sources :
- Air Liquide – Communiqué de presse officiel du 5 décembre 2025
- Fortune Business Insights – Semiconductor Gases Market (2025)
Analyse du marché mondial des gaz ultra-purs pour la microélectronique
fortunebusinessinsights.com



