Colas remporte le chantier le plus ambitieux de Finlande.
Le long de la neige tassée, là où les rues de Vantaa frémissent encore sous les premiers gels de novembre, un chantier va bientôt bouleverser le quotidien. Un tramway flambant neuf va relier le cœur de la ville à l’aéroport d’Helsinki, en traversant des quartiers appelés à se transformer en profondeur.
C’est Destia, la filiale finlandaise du groupe français Colas, qui vient de décrocher la partie ouest du projet. Un contrat à 230 millions d’euros pour la première phase, 420 millions au total pour Destia sur la durée de vie du projet (sur 750 millions d’euros au total pour l’intégralité du Tramway). De quoi voir grand. Très grand.
Lire aussi :
- Le mastodonte français de la construction décroche un contrat de 1,77 milliard d’euros sur le plus grand projet ferroviaire d’Europe : le Rail Baltica
- Colas décroche un contrat prestigieux dans la région la plus peuplée du Canada pour l’entretien de son réseau routier
Un tramway à Vantaa pour faire la jonction entre aujourd’hui et demain
Ce n’est pas qu’un chantier. C’est une mue urbaine, une ligne de transport comme colonne vertébrale d’une ville en plein essor. Le tracé du tramway va relier Tikkurila, quartier historique et centre administratif, à l’aéroport international, avec un tunnel qui passera sous la gare, sans jamais interrompre son fonctionnement. Une prouesse logistique autant qu’un symbole : la vie continue, même quand on bâtit dessous.
Au total, 19 kilomètres de lignes, des rails à poser, des routes à refaire, des pistes cyclables à tracer, tous les réseaux souterrains à moderniser. Eau potable, câbles, télécoms, assainissement : tout passe sous les pieds des passants… et tout sera refait à neuf.
Une ville tournée vers 2050
Pourquoi un tramway ici et maintenant ? Parce que Vantaa change vite. En bordure d’Helsinki, cette ville souvent perçue comme secondaire s’est métamorphosée en hub résidentiel, économique et logistique. D’ici 2050, les autorités veulent accueillir 60 000 nouveaux habitants et créer 30 000 emplois le long de la ligne.
Pour que cette magie opère, il faut un système de transport efficace, propre et connecté au réseau ferroviaire national. Le tramway devient alors plus qu’un mode de déplacement : c’est le fil rouge du développement urbain, une promesse concrète d’avenir.
Un chantier exigeant par -15°C
Destia connaît la musique. L’entreprise a déjà mené le projet Kalasatama–Pasila, autre grand chantier de transport public dans la capitale finlandaise. Mais ici, les défis sont multiples : travailler en zone dense, en maintenant la gare de Tikkurila ouverte, avec des contraintes météo qui ne plaisantent pas. À −15 °C, un béton coulé trop tard peut fissurer, et le vent balaye les protections en quelques minutes. Autant dire que chaque phase doit être étudiée avec soin.
Pour Tero Kiviniemi, le PDG de Destia, ce projet est donc aussi une véritable vitrine du savoir-faire accumulé par le groupe :
« Le tramway de Vantaa est pour nous un projet stratégique, qui nous permet de
mettre à profit notre expertise en matière de construction ferroviaire dans un
environnement urbain exigeant. Ce tramway fluidifiera le trafic transversal dans la
ville et nous sommes également ravis de promouvoir ainsi les transports publics et
la transition écologique à Vantaa. »
Quand on regarde les plans, on comprend mieux : la ville entière va respirer autrement.

Une France bien ancrée dans les sols nordiques
Colas n’en est pas à son premier chantier sous pression. Présente dans 50 pays, avec 15,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024 et 45 000 chantiers par an, l’entreprise est devenue experte dans les chantiers de grande ampleur, en injectant l’ingénierie française dans des contextes parfois extrêmes.
Elle a ainsi déjà posé des rails dans la chaleur accablante du désert saoudien, sur le chantier de la ligne de fret Haramain, où les températures dépassaient les 50 °C. Elle a, à l’inverse, construit des routes sur permafrost en Alaska, où chaque coup de pelle doit tenir compte du sol gelé en profondeur et du risque de fonte différée.
Cette diversité d’environnements permet au groupe d’adapter son ingénierie, ses délais et ses outils aux terrains les plus exigeants, qu’il s’agisse de sable, de glace, d’altitude ou d’humidité.
Le directeur Europe–Moyen-Orient–Afrique de Colas, Francis Grass :
« Ce nouveau projet de construction de transport public remporté par le groupe Colas
en Finlande témoigne une nouvelle fois de l’expertise des équipes de Destia, et de
la capacité de notre Groupe à répondre à des projets structurants majeurs dans les
pays dans lesquels nous sommes implantés. »
En clair : la France ne construit pas que chez elle. Et quand elle le fait ailleurs, elle s’adapte, elle apprend, elle déploie, et elle laisse des fondations solides, au propre comme au figuré.
Exemples de chantiers Colas en conditions extrêmes :
| Pays | Projet | Environnement extrême | Particularité technique |
| Arabie saoudite | Ligne ferroviaire Haramain | Températures supérieures à 50 °C | Pose de rails sur ballast stabilisé en milieu désertique |
| Canada (Québec) | Réfection de pistes d’atterrissage | Hiver polaire, accès limité | Transport de matériaux par convois gelés ou avion |
| Alaska | Routes en région de permafrost | Sol gelé instable | Techniques d’isolation thermique du sol |
| Nouvelle-Calédonie | Infrastructures portuaires en zone cyclonique | Risque climatique élevé | Ouvrages renforcés et calendrier météo-dépendant |
| France (Alpes) | Modernisation du tunnel du Fréjus | Atmosphère confinée, sécurité | Travaux sous ventilation avec restrictions horaires |
Sources :
- Communiqué Colas – 4 décembre 2025
- Ville de Vantaa – Dossier d’aménagement 2025–2050



