Une turbine pas comme les autres.
Développée en Chine par MingYang Group, Jupiter I a battu le record de plus grosse turbine au monde fonctionnant à 100% à l’hydrogène avec une capacité de 30 MW.
Elle est capable d’avaler jusqu’à 30 000 mètres cubes d’hydrogène par heure, soit l’équivalent de 12 piscines olympiques, pour répondre à un besoin immédiat du réseau électrique.
Ici, pas de combustion de gaz fossile, pas de charbon ou de compromis intermédiaire hasardeux.
Uniquement de l’hydrogène, brûlé directement pour produire de l’électricité pilotable.
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MingYang Group bat le record de la plus grande turbine 100% hydrogène du monde
Beaucoup voient dans éoliennes et les panneaux solaires la panacée de l’énergie « verte »… seulement la réalité est plus complexe car au de là de la production, une question revient régulièrement : que fait-on de l’électricité quand elle arrive en trop grande quantité et que personne n’en a besoin à l’instant T ?
Les batteries pourraient être la réponse à cette question mais elles sont malheureusement coûteuses, gourmandes en matériaux, et difficiles à déployer à très grande échelle sur plusieurs heures ou plusieurs jours.
Dans de nombreuses centrales renouvelables, le scénario est absurde. Le vent souffle, le soleil tape, les machines pourraient produire. Elles sont parfois arrêtées volontairement faute de solution de stockage suffisante.
L’énergie existe mais le réseau ne peut l’absorber, elle est perdue… et basta !
Transformer l’électricité en hydrogène, une astuce simple sur le papier
Un des solutions envisagés depuis des décennies réside dans l’hydrogène et elle a le mérite d’être assez simple (sur le papier) : quand il y a trop d’électricité, on utilise cette dernière pour séparer l’eau en hydrogène et en oxygène grâce à l’électrolyse. L’hydrogène devient alors une batterie chimique, stockable, transportable, utilisable plus tard.
Dans la réalité, recombiner hydrogène et oxygène via des piles à combustible reste un processus relativement lent pour répondre à des pics brutaux de consommation. Le réseau électrique, lui, n’attend pas. Il a parfois besoin de puissance immédiate, en quelques secondes.
C’est là que la turbine à hydrogène entre en scène !
Brûler de l’hydrogène pour produire de l’électricité à la demande
Avec Jupiter I, l’hydrogène est brûlé directement dans une turbine à gaz, comme on le ferait avec du méthane ou du kérosène sauf que la combustion ne produit ici que de la vapeur d’eau.
Cette approche permet une montée en puissance rapide, parfaitement adaptée à l’équilibrage du réseau. Quand la production solaire chute en fin de journée ou quand le vent tombe sans prévenir, la turbine peut prendre le relais sans délai.
En fonctionnement en cycle combiné, Jupiter I génère jusqu’à 48 000 kilowattheures par heure. Cela suffit à couvrir la consommation électrique d’environ 5 500 foyers.

Une prouesse d’ingénierie
Brûler de l’hydrogène dans une turbine n’est pas un simple changement de carburant. L’hydrogène brûle plus vite, plus chaud, avec des flammes difficiles à stabiliser. Il peut fragiliser les matériaux et provoquer des phénomènes de retour de flamme.
Les ingénieurs de MingYang ont dû retravailler l’aérodynamique interne, la gestion thermique, les chambres de combustion, les systèmes de contrôle.
Jupiter I est le résultat de ce travail avec 30 MW de puissance, une combustion maîtrisée, et une stabilité suffisante pour une exploitation industrielle continue. La turbine fonctionne désormais de manière régulière en Mongolie intérieure, une région où les énergies renouvelables sont déjà déployées à grande échelle.
Rappelons que la Chine a une expertise reconnue dans le domaine des turbines comme avec l’exemple ci-dessous :
Un impact climatique mesurable, pas théorique
À puissance équivalente, Jupiter I permet d’éviter plus de 200 000 tonnes de dioxyde de carbone par an par rapport à une centrale thermique classique.
Il faut aussi noter un point souvent oublié. La turbine ne produit pas seulement de l’électricité verte. Elle stabilise un réseau fortement renouvelable. Sans cet outil, une partie des parcs solaires et éoliens resterait sous-utilisée.
Une nouvelle manière de penser l’électricité pilotable ?
Pendant des décennies, l’électricité pilotable rimait avec charbon, gaz ou nucléaire. Jupiter I avec ce nouveau record du monde ouvre une autre voie : une production pilotable sans carbone, basée sur une molécule simple et universelle.
L’hydrogène n’est pas une baguette magique. Il demande des infrastructures, de l’électricité en amont, des choix industriels clairs mais cette turbine montre que la chaîne complète commence à tenir debout.
Sources :
- https://www.stdaily.com/web/gdxw/2024-12/26/content_278958.html
- https://www.thepaper.cn/newsDetail_forward_32273129



