Au Maroc, le français Eiffage va construire quatre centrales solaires pour alimenter le réseau électrique

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225 mégawatts de panneaux photovoltaïques à installer dans le nord-est du Maroc d’ici mi-2027.

La filiale d’Eiffage, Eiffage Énergie Systèmes a été retenue par MASEN, l’agence marocaine chargée du développement des énergies durables, pour construire quatre centrales photovoltaïques dans le cadre du programme national NOOR Atlas. Au total, 225 mégawatts-crête de capacité installée, répartis sur quatre sites du nord-est du pays.

Le plus gros morceau s’appelle NOOR Ain Beni Mathar, avec ses 121 MW, soit plus de la moitié de la puissance du projet à lui seul. Suivent NOOR Enjil (42 MW), NOOR Boundnib (33 MWc et NOOR Bouanane (29 MW).

Les travaux ont démarré début 2026 pour une mise en service prévue à la mi-2027.

Centrale Localisation Puissance Province
NOOR Ain Beni Mathar Nord-Est 121 MWc Jerada
NOOR Enjil Moyen-Atlas 42 MWc Boulemane
NOOR Boundnib Sud-Est 33 MWc Errachidia
NOOR Bouanane Est 29 MWc Figuig

Eiffage va construire quatre centrales photovoltaïques « clé en main » dans le cadre du programme national NOOR Atlas

Le contrat ne se limite pas à planter des panneaux dans le désert puisqu’Eiffage Énergie Systèmes prendra en charge la totalité de la chaîne : conception, fourniture du matériel, construction, raccordement au réseau électrique, mise en service, puis exploitation et maintenance pendant sept ans.

Une formule dite « clés en main » qui sécurise la rentabilité de l’installation sur la durée, et qui constitue désormais la signature de l’entreprise sur ce type de marché.

Le groupe revendique plus de 130 centrales photovoltaïques construites à travers le monde, ce qui en fait, selon ses propres termes, le premier installateur européen de centrales au sol « clés en main ».

Le français Eiffage s’attaque à la plaque tournante du marché en plein boom des centres de données en Europe en achetant le spécialiste allemand Hand & Werk

Le Maroc, élève accéléré de la transition énergétique

Côté marocain, c’est un enjeu de souveraineté. Comme beaucoup d’autres nations africaines, le royaume importe la quasi-totalité de ses hydrocarbures et cherche depuis une quinzaine d’années à réduire cette dépendance énergétique qui pèse lourd sur sa balance commerciale. Avec un ensoleillement annuel parmi les plus élevés au monde, le pays a choisi de miser massivement sur le solaire et l’éolien pour diversifier son mix électrique.

La part des énergies renouvelables dans le mix électrique marocain est ainsi passée de 37 % en 2021 à 46 % en 2025, soit neuf points gagnés en quatre ans. La capacité additionnelle installée sous l’actuel mandat gouvernemental atteint 1 733 mégawatts, ce qui porte le total à 12,2 gigawatts en 2025. Le premier trimestre 2026 a même vu l’autorisation de nouveaux projets pour près de 3 gigawatts, avec 22 milliards de dirhams (environ 2 milliards d’euros) d’investissements à la clé. Le Maroc s’est même avec le temps imposé comme la deuxième destination arabe des investissements directs étrangers dans les énergies renouvelables entre 2003 et 2024, avec plus de 38 milliards de dollars captés.

L’objectif officiel reste fixé à 52 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030. Un rapport accompagnant le projet de loi de finances 2025 table même sur 56 % dès 2027, ce qui suppose un sérieux coup d’accélérateur. NOOR Atlas en fait partie : le programme global porte sur six centrales pour 305 MW au total, dont la mise en service s’étalera à partir de juillet 2027.

Déploiement solaire NOOR Atlas Maroc

Une vitrine africaine pour Eiffage

Pour le groupe français, ce chantier consolide une présence africaine déjà bien établie sur les grands projets d’infrastructure. Eiffage Énergie Systèmes, qui emploie 40 250 personnes principalement en Europe (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Pays-Bas), a réalisé 8,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Sa maison mère Eiffage, l’un des poids lourds européens du BTP et des services à l’énergie, a quant à elle bouclé l’année à 25,3 milliards d’euros, dont 36 % à l’international.

La construction des centrales NOOR Atlas est assurée par plusieurs consortiums associant entreprises marocaines et européennes, dans une logique de transfert de compétences et de développement du tissu industriel local. Côté financement, le programme repose sur un montage combinant prêts concessionnels de la KfW allemande et de la Banque européenne d’investissement, et apports commerciaux de Bank of Africa.

Sources :

  • Eiffage, Communiqué de presse Eiffage – Programme NOOR Atlas Maroc (mai 2026)  Annonce officielle de la signature du contrat entre Eiffage Énergie Systèmes et MASEN pour la réalisation de quatre centrales photovoltaïques de 225 MWc au total.
  • Le360, Lancement du programme solaire Noor Atlas : six centrales photovoltaïques pour 305 MW (mars 2026)
    https://fr.le360.ma/economie/lancement-du-programme-solaire-noor-atlas-six-centrales-photovoltaiques-pour-une-capacite-totale-de_GLLDVQGZZNFKNNEHXNAEUTCRH4/
    Signature des PPA et lancement officiel des travaux du programme NOOR Atlas par l’ONEE et MASEN, avec détail du montage financier (KfW, BEI, Bank of Africa).
  • Yabiladi, Maroc : La part des énergies renouvelables passée de 37 % à 46 % en 4 ans (mai 2026)
    https://www.yabiladi.com/articles/details/194972/maroc-part-energies-renouvelables-passee.html
    Bilan chiffré de la dynamique des renouvelables au Maroc sous l’actuel mandat gouvernemental.

Image de mise en avant : Centre-ville d’Ain Bni Mathar situé dans la province de Jerada, dans l’Oriental, au Maroc.
Crédit : أنس (Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International)

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
Très curieux et tourné vers l'économie, la science et les nouvelles technologies, (particulièrement ce qui touche à l'énergie et les entreprises françaises) je vous propose de de découvrir les dernières actualités autour de cette passion

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