Le Royaume-Uni parie 43 milliards sur le retour du nucléaire avec l’aide de la France.
Ils étaient nombreux à l’attendre mais le Royaume-Uni vient enfin de débloquer l’un des chantiers les plus emblématiques de son retour au nucléaire civil : Sizewell C, symbole d’un pari industriel hors norme.
Après des années de doutes, de négociations et de suspens financier, la machine est lancée et les bétonnières avec.
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Le projet Sizewell C valide son budget gargantuesque de 43 milliards d’euros
Avec un coût estimé à 38 milliards de livres sterling (environ 43 milliards d’euros), Sizewell C est le projet nucléaire le plus cher jamais entrepris au Royaume-Uni.
Et pour cause : il s’agit de construire deux réacteurs EPR d’une puissance totale de 3 200 MW, capables d’alimenter plus de 6 millions de foyers britanniques pendant au moins 60 ans.
Le montage financier finalisé début novembre 2025 comprend :
- 44,9 % de capital détenu par le gouvernement britannique
- 12,5 % pour EDF, à hauteur de 1,1 milliard de livres sterling
- 15 % pour Centrica
- ≈ 20 % pour la Caisse de dépôt et placement du Québec
- Et 5 milliards de livres d’assurance crédit export garanties par Bpifrance Assurance Export côté français.
Des acteurs français au cœur du béton
Côté génie civil, la France n’est pas en reste. Le groupe Bouygues Construction a été sélectionné via l’alliance CWA, aux côtés des britanniques Laing O’Rourke et Balfour Beatty, pour réaliser tous les travaux lourds :
- terrassements,
- tunnels sous-marins (dont trois de 3 km),
- îlots nucléaire et conventionnel,
- stations de pompage, voiries, réseaux…
On parle ici de plusieurs centaines de milliers de tonnes de béton et de structures métalliques. Le carnet de commandes de Bouygues Construction sur Sizewell C s’étalera jusqu’en 2030, pour un montant global estimé à 3,3 milliards d’euros.
Sizewell C : feuille de route d’un chantier hors norme
Voici les grandes étapes du projet, déjà partiellement engagées :
| Étape | Date | Description |
| Feu vert gouvernemental | 22 juillet 2025 | Approbation de l’investissement par Londres |
| Bouclage financier (Financial Close) | 4 novembre 2025 | Tous les financements publics et privés validés |
| Travaux préparatoires | 2024–2025 | Fondations, terrassements, tunnels maritimes |
| Démarrage du gros œuvre | 2025–2026 | Coulage du béton, structures principales |
| Livraison estimée | Fin des années 2030 | Mise en service progressive des réacteurs |
Le retour du nucléaire britannique ?
Sizewell C ne sera pas seul : il est le jumeau d’Hinkley Point C, actuellement en construction dans le sud-ouest du pays.
Ces deux projets visent à relancer une filière industrielle jadis prestigieuse, à remettre les écoles d’ingénieurs et les sous-traitants au travail, et à réduire la dépendance aux énergies fossiles et au gaz importé.
En plus de sa puissance installée, Sizewell C représente :
- 8 000 emplois directs en phase de pic,
- 60 000 emplois indirects,
- 1,5 milliard de livres sterling d’impact économique local
Mais les défis sont nombreux : les retards et dérapages budgétaires des EPR sont bien connus (voir Flamanville). Le gouvernement britannique s’est engagé à ne pas dépasser les 43 milliards, malgré une inflation qui reste soutenue dans le secteur BTP.
Une aventure franco-britannique au long cours
Le projet Sizewell C est le fruit de plus d’une décennie de préparation, d’études environnementales et de négociations politiques. C’est EDF Energy, la filiale britannique d’EDF, qui pilote le projet dans son ensemble. Le design du réacteur est basé sur l’EPR, un modèle français développé par Framatome (ex-Areva), avec un haut niveau de sécurité et d’efficacité énergétique.
Parmi les autres acteurs français engagés dans cette aventure :
- Framatome : en charge de la fourniture des équipements nucléaires majeurs et de l’ingénierie associée,
- Bouygues Construction : comme vu plus haut, pour les travaux de génie civil via l’alliance CWA,
- Equans (ex-Engie Services) : qui apportera son expertise sur l’installation technique, les systèmes industriels et le facility management.
Cette présence française massive sur le site témoigne non seulement du savoir-faire industriel hexagonal, mais aussi du rôle pivot de la France dans la relance nucléaire européenne.
À noter : Sizewell C sera construit juste à côté de Sizewell B, seul réacteur pressurisé en service actuellement au Royaume-Uni, également fourni par EDF. Le duo EPR de Sizewell C prolongera donc cette histoire franco-britannique du nucléaire entamée il y a plus de 30 ans.
Quelques incertitudes encore à affiner
Pour finir sur la petite touche « menace » autour du projet. Les autorités doivent encore gérer :
- Le risque d’opposition locale et les contraintes environnementales (zone côtière fragile)
- Le déploiement fluide des 40 lots de génie civil et leur coordination
- La transparence sur l’utilisation des fonds publics, dans un climat politique tendu
Et surtout, le défi technologique : réussir à industrialiser la construction d’EPR dans des délais soutenables.
Sources :
- https://www.sizewellc.com/news-views/sizewell-c-reaches-financial-close-with-5-billion-export-credit-backed-debt-raise-and-strong-investment-grade-credit-rating
- https://www.bouygues.com/wp-content/uploads/2025/11/bouygues-construction-will-carry-out-the-civil-engineering.pdf
- https://www.edf.fr/en/the-edf-group/dedicated-sections/journalists/all-press-releases/edf-announces-the-financial-closing-of-the-sizewell-c-project





Et dire que ça cherche des sous pour la défense!
C’est garantie, le projet sera déficitaire et nos enfants et petits enfants payeront …
Sur la base de 1,1milliards pour edf qui représente 12,5% la totalité en pourcentage de répartition du budget est égal a 149% c’est très fort.
Doit-on en déduire que le vrai pourcentage de EDF est de 9% ?
Vos chiffres sont erronées. La participation de EDF, soit
12,5% de 38 milliards, n’est pas de 1,1 milliards, mais de 4,75 milliards de livres sterling…
Bonjour, cette question nous a été posée plusieurs fois et nos chiffres sont corrects. Nous parlons des 12,5% du capital de Sizewell C et non du budget du projet qui lui sera estimé à 38 milliards de livres sterling.
La réussite de ce grand projet nucléaire est fondamentale pour la productiô d’énergie non carbonée au Royaume-Uni