Le cuivre franchit les 11 000 €/tonne et les analystes anticipent désormais une hausse durable pour celui qu’on surnomme désormais « l’or rouge »

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Le métal rouge grimpe plus vite qu’un téléphérique alpin

Utilisé depuis l’époque qui porte son nom, le cuivre a (re)trouvé une célébrité inattendue depuis quelques années.

Son prix a ainsi atteint des niveaux historiques, dépassant brièvement les 14 500 dollars la tonne (environ 13 300 euros) en janvier 2026, après avoir franchi pour la première fois le seuil des 12 000 dollars la tonne (environ 11 000 euros) en décembre 2025, signe d’un marché mondial sous forte tension.

Pour comprendre ce phénomène, regardez autour de vous ! Chaque panneau solaire, chaque éolienne, chaque borne de recharge pour voiture électrique fonctionne grâce à des kilomètres de câbles capables de transporter l’électricité et cela pour UNE raison : c’est un des meilleurs métaux conducteurs au monde.

Cet article est là pour aider à mieux cerner les enjeux qui entoure ce métal qu’on surnomme parfois « l’or rouge », si anodin il y a encore 20 ans et qui semble soudain devenu si stratégique.

Lire aussi :

Le cuivre atteint des sommets historiques : pourquoi le marché mondial entre dans une zone de turbulences

Véritable « or rouge » de l’énergie, le cuivre continue de voir son prix augmenter et ce n’est pas près de s’arreter

Dans certaines technologies, les besoins explosent littéralement.

Prenons l’exemple le plus symptomatique : la voiture.

Un véhicule thermique classique contient environ 20 à 25 kilogrammes de cuivre. Un véhicule électrique peut en contenir 60 à 100 kilogrammes, donc jusqu’à quatre fois plus de métal rouge dans un seul véhicule !

Il est donc facile de comprendre la flambée des prix : si des millions de voitures électriques apparaissent sur les routes, la consommation de cuivre suit la même trajectoire.

Cette découverte majeure dans le nucléaire pourrait épargner aux générations futures d’avoir à gérer les déchets à haute activité pendant 100 000 ans

La transition énergétique transforme le cuivre en matière première stratégique

La voiture n’est que la face visible de l’iceberg, la transition énergétique est un véritable gouffre à cuivre.

Une éolienne terrestre contient environ 3 à 4 tonnes de cuivre, une éolienne offshore (plus grande) peut dépasser 8 tonnes. Les installations solaires utilisent également des kilomètres de câblage pour relier les panneaux entre eux.

Les réseaux électriques ne cessent également d’évoluer vu que l’électrification de nombreux usages impose d’augmenter la capacité de transport de l’électricité.

Chaque renforcement signifie plus de cuivre dans les transformateurs, les câbles et les sous-stations électriques.

Ajoutons les “« très souvent pointés du doigt » centres de données qui consomme également leur lot de métal rouge et vous avez l’équation parfaite pour une demande qui explose.

Les experts estiment que les besoins mondiaux pourraient doubler d’ici 2040 si les objectifs climatiques sont poursuivis.

L’offre minière avance au rythme d’un escargot

Lorsque les prix d’une matière première montent, la logique économique voudrait que la production augmente rapidement.

Dans le cas du cuivre, la réalité est bien différente.

Ouvrir une nouvelle mine n’a rien d’une insécure :

Il faut d’abord identifier un gisement, qui  peut prendre plusieurs années de prospection géologique, ensuite viennent les études environnementales, les autorisations administratives, la construction des infrastructures minières.

Entre la découverte d’un gisement et l’ouverture effective d’une mine, le délai peut dépasser dix ans, voire davantage !

Ce calendrier très long limite la capacité du secteur minier à réagir rapidement aux variations de la demande.

Ajoutons que les gisements faciles à exploiter deviennent plus rares, les nouvelles mines se situent souvent dans des régions isolées et que les minerais contiennent parfois des concentrations plus faibles de cuivre.

Cela signifie qu’il faut extraire davantage de roche pour obtenir la même quantité de métal.

L’énergie nécessaire à l’extraction augmente et les coûts d’exploitation suivent la même trajectoire.

Certains projets se retrouvent également confrontés à des tensions sociales. Des communautés locales s’inquiètent des impacts environnementaux et leurs gouvernements revoient parfois leurs politiques minières à la baisse.

Le résultat apparaît clairement sur les marchés : un déséquilibre progressif entre l’offre et la consommation.

Minerai de cuivre brut. En cinq ans, le prix du cuivre est passé d’environ 5 000 dollars la tonne (près de 4 600 euros) en 2020 à plus de 14 500 dollars (environ 13 300 euros) début 2026.
Minerai de cuivre brut. En cinq ans, le prix du cuivre est passé d’environ 5 000 dollars la tonne (près de 4 600 euros) en 2020 à plus de 14 500 dollars (environ 13 300 euros) début 2026.

Les fonderies prises dans un paradoxe industriel

On pourrait croire que la hausse des prix profite à toute l’industrie du cuivre.

La réalité est plus nuancée.

Entre la mine et le produit final, il existe une étape essentielle : la transformation du minerai en métal pur. Cette opération est réalisée dans des fonderies.

Le minerai extrait des mines contient seulement une petite proportion de cuivre. Les fonderies doivent le traiter à très haute température pour obtenir un métal utilisable.

Le minerai arrive sous forme de concentré. Il est chauffé dans des fours industriels. Les impuretés sont éliminées. Le cuivre liquide est ensuite raffiné.

Ce processus consomme énormément d’énergie.

Le modèle économique des fonderies repose en grande partie sur des frais de traitement et de raffinage.

Ces frais sont payés par les sociétés minières.

Lorsque l’offre de concentré devient insuffisante, les fonderies doivent se concurrencer pour obtenir la matière première.

Les frais de traitement diminuent.

Certaines installations voient leurs marges fondre malgré la hausse du prix du cuivre.

La situation est particulièrement visible en Asie où au cours des dernières années, de nombreuses nouvelles fonderies ont été construites, notamment en Chine. Cette expansion a augmenté les capacités de transformation mais l’approvisionnement en minerai n’a pas progressé au même rythme.

Certaines fonderies fonctionnent aujourd’hui avec des marges très faibles.

Les investissements nécessaires pour réduire les émissions industrielles augmentent encore la pression économique.

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Une production mondiale concentrée dans quelques régions du globe

La situation se complique encore quand on regarde où le cuivre est réellement produit sur la planète. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, la production mondiale n’est pas répartie un peu partout. Elle est concentrée dans quelques régions seulement.

Pays Production annuelle Part approximative du total mondial
Chili 5,3 millions de tonnes ≈ 27 %
République démocratique du Congo 3,3 millions de tonnes ≈ 17 %
Pérou 2,6 millions de tonnes ≈ 13 %
Chine 1,8 million de tonnes ≈ 9 %
États-Unis 1,1 million de tonnes ≈ 6 %

Cette concentration géographique rend le marché du cuivre particulièrement sensible aux événements locaux.

Une grève dans une grande mine chilienne, une crise politique au Pérou, une modification fiscale en Afrique centrale et c’est la panique sur les marchés mondiaux !

Un prix qui n’est pas encore près de redescendre d’après plusieurs experts

Au vu de ces dynamiques, la pression sur le marché du cuivre ne devrait pas retomber rapidement. La demande liée aux réseaux électriques, aux véhicules électriques et aux infrastructures énergétiques continue de progresser à un rythme élevé, tandis que l’ouverture de nouvelles mines reste lente et coûteuse.

Ce décalage entre production et besoins industriels laisse entrevoir un marché durablement tendu dans les années à venir. Si les investissements miniers n’augmentent pas suffisamment vite, les volumes disponibles risquent de rester limités.

Dans ces conditions, de nombreux analystes anticipent une poursuite de la hausse des prix du cuivre.

Le métal rouge pourrait ainsi rester l’une des matières premières les plus convoitées de l’économie énergétique mondiale !

Sources :

  • Agence internationale de l’énergie (IEA), Copper prices have hit record highs but smelters face mounting strategic pressures (02 mars 2025),
  • Ressources naturelles Canada, Faits sur le cuivre (05 janvier 2026),
    dossier statistique détaillant les données de production, de consommation et de commerce du cuivre à l’échelle mondiale,
  • World Mining Data, World Mining Data – Data Section (consulté en 2026),
    base de données internationale rassemblant les statistiques mondiales sur l’extraction minière, incluant les volumes de production de cuivre par pays, les réserves estimées et les tendances de l’industrie minière à l’échelle globale.

Image : Mine de cuivre et d’or de Saindak, au Pakistan.

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
Très curieux et tourné vers l'économie, la science et les nouvelles technologies, (particulièrement ce qui touche à l'énergie et les entreprises françaises) je vous propose de de découvrir les dernières actualités autour de cette passion

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