Une usine sous la mer pour dessaler l’eau.
Flocean One vient de dévoiler la première usine de dessalement sous-marine au monde. Cette dernière entrera en service dès 2026, au large de Mongstad, en Norvège et a été classé par le prestigieux TIME magazine dans les meilleurs inventions de 2025.
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La première usine de dessalement sous-marine du monde verra le jour en 2026 en Norvège
L’océan comme allié, pas comme ennemi
Pour produire de l’eau douce à partir de l’eau de mer, il faut vaincre deux adversaires : la pression osmotique et les impuretés organiques. Les usines terrestres doivent pour cela pomper, filtrer, comprimer… et consommer énormément d’électricité. Flocean a pris le problème à l’envers : et si l’on exploitait directement la pression naturelle des profondeurs ?
À 300 à 600 mètres sous la surface, la pression de l’eau est naturellement suffisante pour forcer le liquide à travers des membranes d’osmose inverse, sans compresseurs énergivores. En prime, à cette profondeur, il n’y a plus de lumière. Plus de photosynthèse, moins d’algues et de bactéries. L’eau est plus propre avant même d’être traitée ce qui a pour conséquence : moins de prétraitement, moins de maintenance, et une consommation d’énergie réduite de moitié par rapport à une usine classique.
Une capsule modulaire qui respire comme une baleine
Flocean One ressemble à une grosse nacelle métallique, une capsule sous-marine autonome conçue pour produire 1 000 m³ d’eau douce par jour. Pas de tuyauterie géante, pas de barge flottante et une architecture modulaire.
En ajoutant d’autres unités, on peut facilement monter en capacité à 50 000 m³/jour, de quoi alimenter une ville, une usine, ou une exploitation agricole en crise.
Le tout fonctionne selon un modèle Build-Own-Operate : Flocean reste propriétaire des unités, assure leur entretien et vend l’eau dessalée comme un service. Pas d’achat d’infrastructure par les collectivités, pas de surcoût en cas de panne et surtout : plus besoin d’arracher du littoral pour construire une usine !
Une réponse aux pénuries à venir
D’ici 2030, selon les Nations Unies, la demande en eau dépassera de 40 % les ressources disponibles. On ne parle pas de sécheresse temporaire, mais d’un déséquilibre structurel : plus d’habitants, plus d’agriculture, plus d’industries et des nappes phréatiques à sec.
Dans ce contexte, le dessalement devient une solution vitale mais les technologies classiques sont malheureusement lourdes, coûteuses et polluantes.
Le système Flocean bouleverse cette équation : jusqu’à 8 fois moins de CAPEX (Capital Expenditures, en français « dépenses d’investissement ») par mètre cube d’eau, 95 % d’emprise foncière en moins, 60 % de réduction sur les installations de prétraitement, et surtout aucune saumure toxique rejetée près des côtes.
Une capsule, 37 500 personnes servies
Chaque capsule pourrait, selon les scénarios testés, produire assez d’eau potable pour environ 37 500 personnes par jour. Pas mal pour une machine invisible au fond de la mer. À grande échelle, un parc de 10 unités pourrait fournir une ville de 350 000 habitants, avec un bilan carbone divisé par deux par rapport à une solution terrestre classique.
Autre avantage : les sites insulaires ou les régions arides proches des côtes (notamment en Méditerranée ou dans la région du Golfe) peuvent installer rapidement des unités sans attendre 10 ans de procédures foncières et sans menacer la biodiversité locale.
Une reconnaissance internationale et des débouchés globaux
Ce projet n’est pas resté dans l’ombre puisque TIME Magazine a classé Flocean parmi les meilleures inventions de l’année 2025, la seule dans le domaine du dessalement. Xylem Inc., géant mondial de l’eau, a investi pour industrialiser la technologie. En Norvège, la municipalité d’Alver s’apprête à raccorder Flocean à son réseau local.
Des projets sont déjà en cours pour le bassin méditerranéen, la mer Rouge, l’océan Indien, les Caraïbes et les îles du Pacifique. La logique est simple : au lieu d’amener l’eau de mer à l’usine, amenez l’usine à l’eau.
Flocean One en chiffres :
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Profondeur de fonctionnement | 300 à 600 mètres |
| Production quotidienne | 1 000 m³ (extensible à 50 000 m³) |
| Population desservie (par unité) | Jusqu’à 37 500 personnes/jour |
| Économie d’énergie | –30 à –50 % vs usines classiques |
| Réduction CAPEX/unité | –7 à –8 fois |
| Réduction des besoins fonciers | –95 % |
| Rejets polluants en mer | Absents ou en profondeur, sans produits chimiques |
| Modèle économique | BOO (Build-Own-Operate), eau vendue en service |
Sources :
- Flocean, Communiqué de presse du 18 novembre 2025, https://www.flocean.green/post/flocean-adds-xylem-as-strategic-investor-and-extends-series-a-funding
- TIME, The Best Inventions of 2025, https://time.com/collections/best-inventions-2025/




C’est une très bonne idée. Elle est tellement bonne que Flocean ne servira bientôt plus à rien puisque c’est l’océan qui fait tout le boulot. Tout le monde va pouvoir copier
Le dessalement est une pollution trés dangereuses n’en déplaise aux journalistes, les fûts de déchets toxiques immergés en grande profondeur aussi. Il faut arrêter de croire que ce qui est immergé n’existe pas, c’est ceiminel’
Cool, on va pouvoir vider la mer pour arroser la terre pour faire pousser des céréales et fabriquer encore plus de carburant pour nicker la planète encore plus….
D’accord, mais le sel…il va où !? Dans la même !?
Ne va t’il pas modifier la salenisation de l’eau, et impacter à court, moyen, long terme sur la biodiversité ??
Très bonne analyse, car la zone autour de l’usine risque de devenir trop sallée et trop toxique. Va-ton transporté les déchets salés loin de l’usine pour les rejetter dans l’océan plus loin ?
C’est bien une plusieurs et suite étape d’utilisation de projet projecteur.
Merci pour cet article très intéressant. Bravo.
Je profite de l’occasion pour vous souhaiter une bonne et heureuse année 2026.
Cdlmt