La France va assurer l’approvisionnement en uranium de ce pays d’Asie qui dépend à 30% du nucléaire pour sa production d’électricité : la Corée du Sud

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La France et la Corée protocole d’accord de coopération dans le domaine du combustible nucléaire.

Le 3 avril 2026, le coréens Korea Hydro & Nuclear Power (KHNP) et  et le français Orano ont signé un protocole d’accord couvrant l’ensemble du cycle du combustible nucléaire.

Les deux entreprises veulent ainsi par ce biais sécuriser l’accès à une ressource devenue critique pour les décennies à venir.

Lire aussi :

KHNP et Orano signent un accord qui couvre toute la chaîne du combustible nucléaire

L’originalité de cet accord, c’est qu’il ne s’agit pas dans le cas présent d’un simple accord commercial, mais d’un cadre de coopération global.

Concrètement, les deux groupes vont collaborer sur l’ensemble du cycle du combustible :

  • approvisionnement en uranium
  • conversion chimique
  • enrichissement
  • préparation du combustible

Autrement dit, toutes les étapes nécessaires pour alimenter un réacteur nucléaire.

Dans l’industrie nucléaire, la sécurité d’approvisionnement ne dépend pas uniquement de la disponibilité de l’uranium brut. Elle repose sur toute une chaîne industrielle complexe, fragmentée et très capitalistique.

En s’alliant, KHNP et Orano cherchent à réduire les points de fragilité et à maîtriser davantage cette chaîne.

La France veut reprendre l’avantage dans le nucléaire avec des acteurs comme le provençal Otrera qui propose un SMR inspiré du projet Astrid

Sécuriser l’uranium dans un monde sous tension

Contrairement au pétrole ou au cuivre, l’uranium est un marché minuscule mais hautement stratégique : la production mondiale atteint environ 48 000 tonnes par an, pour une valeur d’à peine quelques milliards de dollars, très loin des centaines de milliards du cuivre ou du pétrole . Pourtant, cette ressource alimente près de 10 % de l’électricité mondiale via plus de 430 réacteurs nucléaires, ce qui lui confère un poids énergétique disproportionné par rapport à sa taille économique .

Autre particularité : le marché fonctionne majoritairement sur des contrats long terme (85 à 90 % des volumes), les exploitants privilégiant la sécurité d’approvisionnement plutôt que les opportunités de marché à court terme .

Dans ce contexte, sécuriser l’accès au combustible ne relève pas seulement d’une logique industrielle, mais d’une stratégie énergétique de long terme, où chaque partenariat devient une assurance contre les tensions futures.

Pour traduire ça en quelques mots : l’accès au combustible est devenu un enjeu de souveraineté.

Deux géants complémentaires au cœur du nucléaire mondial

Derrière cet accord, on retrouve deux acteurs aux rôles parfaitement complémentaires.

D’un côté, Korea Hydro & Nuclear Power incarne le modèle de l’opérateur-exportateur : fondée en 1982 l’entreprise, qui a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 10 milliards d’euros en 2024, exploite aujourd’hui 25 réacteurs pour environ 25 GW de capacité, assurant près de 30 % de l’électricité sud-coréenne. Elle s’impose aussi à l’international avec ses technologies OPR-1000 et APR-1400, déjà déployées notamment aux Émirats arabes unis.

De l’autre, Orano joue un rôle totalement différent mais tout aussi stratégique : celui d’intégrateur du cycle du combustible. Héritier d’Areva, le groupe français couvre toute la chaîne, de l’extraction de l’uranium jusqu’au recyclage des combustibles usés, avec un chiffre d’affaires autour de 3,5 à 3,8 milliards d’euros en 2023.

Une coopération franco-coréenne portée au niveau stratégique

Ce protocole d’accord s’inscrit dans une relation industrielle de long terme entre les deux groupes, forte de plus de 40 ans de collaboration mais cette fois elle passe un nouveau palier.

L’accord a été signé dans un cadre politique de haut niveau, à l’occasion d’une rencontre entre dirigeants français et coréens, en présence de Emmanuel Macron.

Ce qui prouve que le nucléaire est redevenu un outil diplomatique et stratégique, au même titre que les technologies de défense ou les semi-conducteurs.

Cela signifie concrètement :

  • une coordination renforcée entre États
  • une vision à long terme sur les approvisionnements
  • une volonté commune de peser dans l’équilibre énergétique mondial

Le nucléaire n’est plus seulement une question industrielle. C’est une affaire d’État.

De nouvelles installations pour un système plus résilient

Au-delà des intentions, l’accord prévoit des actions concrètes.

KHNP et Orano envisagent de collaborer sur le développement de nouvelles installations de production.

Dans ce secteur où les délais se comptent en années, voire en décennies, anticiper est essentiel.

Les axes de travail incluent :

  • diversification des sources d’uranium
  • sécurisation des capacités d’enrichissement
  • optimisation des chaînes logistiques

En d’autres termes, il s’agit de construire un système capable d’absorber les chocs.

Après dix ans d’errance, la France reprend la main dans ce secteur clé du nucléaire avec 350 millions d’euros injectés par EDF dans l’usine de turbines de Belfort

Une demande nucléaire relancée à l’échelle mondiale

Le contexte énergétique actuel redonne un rôle central au nucléaire, et les dernières projections le confirment clairement.

Selon Agence internationale de l’énergie atomique, la capacité mondiale pourrait atteindre entre 514 et 950 gigawatts d’ici 2050, contre 371 GW fin 2023, soit potentiellement plus du doublement du parc nucléaire mondial.

Cette révision à la hausse traduit un basculement : l’atome est désormais perçu comme un levier clé pour produire une électricité pilotable et faiblement émettrice de CO₂.

D’un côté, les pays déjà nucléarisés prolongent et renforcent leur parc.

De l’autre, près d’une trentaine de nouveaux États envisagent ou lancent des programmes, avec des projets déjà avancés en Turquie, au Bangladesh ou en Égypte. À cela s’ajoute l’essor des petits réacteurs modulaires (SMR), capables d’alimenter des sites industriels ou de produire de l’hydrogène.

Dans ce contexte de relance globale, sécuriser le combustible devient un enjeu encore plus critique, ce qui donne tout son sens aux accords industriels comme celui entre KHNP et Orano.

Comprendre les enjeux de l’accord signé par Orano et KHNP en un clin d’oeil : 

Comprendre les enjeux de l'accord signé par Orano et KHNP en un clin d'oeil

Sources :

  • AIEA, GC(69)/INF/9 – Rapport d’information (29 août 2025),
    https://www.iaea.org/sites/default/files/gc/gc69-inf9_fr.pdf
    document officiel présentant des informations relatives aux activités de l’AIEA, incluant des éléments sur la sûreté nucléaire, les politiques internationales et les programmes en cours.
  • Orano, KHNP et Orano signent un protocole d’accord de coopération dans le domaine du combustible nucléaire (03 avril 2026),
    https://www.orano.group/fr/actus/actualites-du-groupe/2026/avril/khnp-et-orano-signent-un-protocole-d-accord-de-cooperation-dans-le-domaine-du-combustible-nucleaire
    communiqué annonçant un partenariat entre Orano et KHNP visant à renforcer la coopération dans le domaine du combustible nucléaire, avec des objectifs industriels et technologiques.
  • SFRP, POLAK C – UR23 : étude sur le cycle du combustible nucléaire (2023),
    https://sfrp.asso.fr/wp-content/uploads/2023/02/POLAK_C_UR23.pdf
    document technique analysant les enjeux liés au cycle du combustible nucléaire, incluant des aspects de sûreté, de gestion des déchets et d’évolution des technologies.

Image de mise en avant :

La Centrale nucléaire de Kori, située à Busan en Corée du Sud, est l’un des plus grands complexes nucléaires au monde par nombre de réacteurs en service.

Exploitée par Korea Hydro & Nuclear Power, elle regroupe plusieurs réacteurs à eau pressurisée (PWR) pour une puissance totale d’environ 7 500 MW, avec des unités anciennes et de nouvelles générations comme les APR-1400.

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Guillaume AIGRON
Guillaume AIGRON
Très curieux et tourné vers l'économie, la science et les nouvelles technologies, (particulièrement ce qui touche à l'énergie et les entreprises françaises) je vous propose de de découvrir les dernières actualités autour de cette passion

1 COMMENTAIRE

  1. Comme si on etait producteur d’uranium…. on a fermé la dernière mine de France il y a plus de 20 ans., et le reste c’est du bidon…Le retraitement c’est je te prend les rognures qui reste je lui saupoudre un peut de plutonium , j’y ajoute 3 cuierrees d’uranium minier que je paie une blinde, et je te remets ca dans la fournaise… ca durera ce que ca durera.

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