Une expérience américaine confirme une prédiction folle vieille de 50 ans : de la matière peut jaillir du « vide quantique »

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Et si le vide n’était pas vide… mais un bouillonnement invisible capable de créer de la matière ?

C’est exactement ce que viennent d’observer des chercheurs du Brookhaven National Laboratory. Pour la première fois, des physiciens ont réussi à identifier des particules issues directement du vide quantique, lors d’expériences menées dans un accélérateur de particules.

Une observation qui confirme une prédiction fondamentale de la physique moderne… et qui pourrait éclairer l’origine même de la masse !

Lire aussi :

Des particules surgissent du vide : une expérience américaine confirme une prédiction vieille de 50 ans

Le vide quantique : un faux calme

Dans la physique classique, le vide est simple : c’est l’absence totale de matière.
En physique quantique, c’est une toute autre histoire.

Le vide est en réalité une sorte de mer invisible en perpétuelle agitation, où apparaissent et disparaissent constamment des particules dites  « virtuelles ».

Ces particules vivent extrêmement peu de temps. Elles surgissent, puis disparaissent presque instantanément.

En théorie, si on injecte suffisamment d’énergie dans ce système, ces particules peuvent devenir réelles, c’est-à-dire mesurables.

Jusqu’ici, c’était une belle théorie sur le papier… mais difficile à observer directement !

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Une expérience au cœur d’un collisionneur américain

L’expérience a été menée dans le collisionneur RHIC (Relativistic Heavy Ion Collider), un gigantesque anneau de 3,8 kilomètres situé aux États-Unis.

Les chercheurs ont utilisé le détecteur STAR, une machine capable de suivre des milliers de particules issues de collisions à très haute énergie.

Le principe est simple :

  1. on fait entrer en collision des protons à très haute vitesse
  2. l’énergie libérée recrée des conditions extrêmes
  3. on observe les particules produites

Dans ce chaos, les physiciens ont détecté quelque chose d’inhabituel :
des paires de quarks et d’antiquarks qui ne provenaient pas des protons eux-mêmes et semblaient donc… venir du vide.

Une signature invisible : le spin

Pour comprendre l’origine de ces particules, les chercheurs ont utilisé une propriété fondamentale : le spin.

Le spin est quelque sorte le sens de rotation quantique propre à chaque particule.

Les paires quark-antiquark créées dans le vide possèdent une signature particulière : leurs spins sont corrélés, comme deux danseurs parfaitement synchronisés dès leur naissance.

Cette signature s’est retrouvée dans les particules observées, appelées hyperons, formées après la collision.

Même après leur désintégration, en moins de un dixième de milliardième de seconde, cette corrélation était toujours visible.

C’est ce détail qui a permis aux chercheurs de remonter à l’origine :
ces particules ne venaient pas des protons mais bien du vide lui-même.

De l’énergie pure à la matière

Ce résultat illustre une idée centrale de la physique moderne : l’énergie peut se transformer en matière.

Ce principe est connu depuis Einstein, avec la célèbre équation E = mc².
Ce que cette expérience montre, c’est que cette transformation peut se produire directement à partir du vide quantique.

Dans les collisions, l’énergie injectée agit comme un « coup de fouet » qui stabilise temporairement les fluctuations du vide.

Ce qui n’était qu’une apparition fugace devient alors une particule réelle, détectable.

Une piste pour comprendre l’origine de la masse

Cette découverte touche à une question fondamentale : d’où vient la masse des particules ?

Dans la théorie appelée chromodynamique quantique (QCD), qui décrit l’interaction forte, la masse des quarks ne vient pas uniquement de leur nature intrinsèque.

Elle provient en grande partie de leurs interactions avec le vide quantique.

En d’autres termes, une partie de la masse de la matière que vous voyez autour de vous est liée à ce vide en agitation permanente.

Cette expérience fournit un moyen concret d’étudier ces interactions.

Elle ouvre une nouvelle voie pour comprendre comment la matière acquiert ses propriétés fondamentales.

Vue en bout d’une collision entre deux faisceaux d’or à 30 milliards d’électronvolts dans le détecteur STAR detector du Relativistic Heavy Ion Collider.
Vue en bout d’une collision entre deux faisceaux d’or à 30 milliards d’électronvolts dans le détecteur STAR detector du Relativistic Heavy Ion Collider.

Une observation encore à confirmer, mais déjà majeure

Les chercheurs restent prudents. D’autres phénomènes pourraient encore expliquer partiellement les observations.

De nouvelles campagnes d’expériences sont prévues pour confirmer ces résultats et affiner les mesures.

Plusieurs axes vont être explorés :

  • améliorer la précision des mesures de spin
  • comparer avec d’autres collisionneurs
  • tester différentes énergies de collision

Même avec ces précautions, l’importance de cette observation est déjà claire.

Pour la première fois, les physiciens ont réussi à suivre tout le processus de création de matière à partir du vide.

Ce nouveau record pour la fusion nucléaire en provenance de Chine vient briser un plafond de verre jugé infranchissable il y a quelques années sur la densité du plasma

Résumé de ce que cela change pour la physique moderne

Cette découverte confirme que :

  • le vide est un système actif, pas un néant
  • la matière peut émerger de fluctuations quantiques
  • les théories actuelles décrivent correctement ces phénomènes

Elle ouvre aussi de nouvelles perspectives expérimentales.

Les accélérateurs de particules ne servent plus seulement à casser la matière.
Ils deviennent des outils pour observer la naissance même des particules.

Et si l’on pousse l’idée un peu plus loin, cela touche à une question vertigineuse :
comment l’Univers a-t-il créé la matière à partir de presque rien, juste après le Big Bang ?

Sources :

  • STAR Collaboration. Measuring spin correlation between quarks during QCD confinement.
    Nature 650, 65–71 (2026).
    https://doi.org/10.1038/s41586-025-09920-0
  • Brookhaven National Laboratory, STAR experiment at RHIC (date non précisée),
    https://www.bnl.gov/rhic/star.php
    page officielle présentant l’expérience STAR menée au collisionneur RHIC, dédiée à l’étude de la matière nucléaire à très haute énergie, notamment le plasma de quarks et de gluons et les propriétés fondamentales de la matière.

 

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Eric GARLETTI
Eric GARLETTIhttps://www.eric-garletti.fr/
Je suis curieux, défenseur de l'environnement et assez geek au quotidien. De formation scientifique, j'ai complété ma formation par un master en marketing digital qui me permet d'aborder de très nombreux sujets. Depuis 2025 Ambassadeur du Spatial pour le CNES

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