Une grande première pour la Chine qui la remet à hauteur des Etats-Unis dans la course à l’espace.
Ce vendredi 10 juillet 2026, à 12 h 15 heure locale, un lanceur de 70 mètres s’est arraché du sol de l’île de Hainan. Six minutes plus tard, son premier étage retombait vers la mer, nnon pas pour s’y écraser, ni même pour s’y poser sur des pieds, mais pour se faire attraper au vol par un filet !
La Chine vient de réussir la première récupération contrôlée d’un étage de fusée orbital de son histoire. Un exploit qui la hisse au rang de deuxième nation seulement, derrière les États-Unis, à savoir rattraper un lanceur.
À la différence près que l’Empire du Milieu a trouvé une voie pour récupérer ses précieuses fusées…
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La Chine réussit à récupérer le premier étage de sa Longue Marche 10 avec Ling Hang Zhe, un filet géant en pleine mer
Attraper plutôt que poser
Depuis que SpaceX a inventé le genre en décembre 2015, la réutilisabilité obéit partout à la même recette : l’étage rallume ses moteurs, freine sa chute et se pose délicatement à la verticale sur quatre pieds déployables. Le Falcon 9 fonctionne ainsi, tout comme le New Glenn de Blue Origin, récupéré pour la première fois en novembre 2025.
La Longue Marche-10B, elle, prend le contre-pied. Son premier étage descend bien à la verticale, moteurs allumés, mais il ne cherche pas le sol : il vise une plateforme flottante baptisée Ling Hang Zhe (« l’Éclaireur »), sur laquelle est tendu un vaste filet de câbles.
À l’approche, des crochets se déploient depuis le corps de la fusée et viennent s’accrocher aux câbles sous tension. L’étage est alors freiné, capturé, puis stabilisé. Un système de câbles absorbe l’énergie résiduelle du choc.
Aucune autre agence n’avait jamais tenté pareille manœuvre en conditions réelles.
Pourquoi se passer des pieds ?
Renoncer aux pieds d’atterrissage était une potion qui avait été considérée par de nombreux ingénieurs depuis des années. Les jambes déployables sont lourdes, encombrantes, et chaque kilogramme embarqué pour l’atterrissage est un kilogramme de charge utile en moins. En déportant la fonction de récupération vers l’infrastructure au sol, en l’occurrence, le navire et son filet, la fusée s’allège d’autant.
Les concepteurs avancent trois bénéfices : une structure embarquée simplifiée, un poids réduit qui augmente la capacité d’emport, et une tolérance plus grande aux écarts de position au moment de la capture. Le filet, plus large qu’un pas de tir, pardonne davantage qu’une cible de quelques mètres.
Reste que cette solution alternative aux pieds classiques n’a pour l’instant été démontrée qu’une seule fois.
Deux ratés avant la réussite
Ce succès efface deux déconvenues récentes. En décembre 2025, deux autres lanceurs chinois avaient tenté leur chance et échoué au moment crucial de la récupération : la Longue Marche-12A, développée elle aussi par le secteur public, et la Zhuque-3 de la société privée Landspace. Les deux avaient bien atteint l’orbite, mais leurs premiers étages n’avaient pas survécu à la descente. Elles misaient, l’une comme l’autre, sur des pieds d’atterrissage classiques.
Le pari du filet n’était donc pas gagné d’avance. La plateforme Ling Hang Zhe avait été livrée en décembre 2025, puis un essai d’amerrissage avait été mené en février 2026 pour valider le principe avant de risquer un étage complet. La capture de ce vendredi vient récompenser cette montée en puissance méthodique.
Détail qui ne trompe pas sur l’émotion du moment : des ingénieurs présents sur place ont été filmés en larmes devant les images de la descente.
Le vrai prix à décrocher
Attraper un étage, aussi spectaculaire soit-il, ne suffit pas. Tout se jouera lorsqu’il faudra prouver qu’un étage récupéré peut réellement repartir. L’équipe vise cette étape d’ici la fin de l’année 2026. C’est là, et seulement là, que la réutilisabilité tiendra ses promesses d’économies : réduction des coûts, cadence de lancement accrue, indépendance renforcée face à la domination américaine.
Derrière ce filet tendu au-dessus de la mer de Chine se dessine une ambition autrement plus vaste. La famille Longue Marche 10 n’a pas été conçue pour lancer des satellites de télécommunications : elle est la clé de voûte du programme lunaire habité chinois, qui vise à poser des astronautes sur la Lune avant 2030. Chaque étage récupéré, chaque technologie validée au-dessus de Hainan rapproche Pékin de cet horizon. Le filet de ce vendredi n’attrapait pas seulement une fusée. Il attrapait un morceau de la course à la Lune.
Fiche technique de la fusée Longue Marche-10B :
| Caractéristique | Longue Marche-10B |
|---|---|
| Hauteur | Environ 70 mètres |
| Diamètre | 5 mètres |
| Premier étage | 7 moteurs oxygène liquide / kérosène |
| Étage supérieur | 1 moteur oxygène liquide / méthane |
| Charge utile (mode réutilisable) | Jusqu’à 16 tonnes en orbite basse |
| Récupération | Capture par filet sur plateforme en mer (sans pieds) |
| Famille | Longue Marche 10 (premier étage partagé avec la 10A) |
| Vol inaugural | 10 juillet 2026, depuis Hainan |
Sources :
CGTN, China achieves reusable rocket breakthrough with Long March-10B (10 juillet 2026)
https://news.cgtn.com/news/2026-07-10/China-achieves-reusable-rocket-breakthrough-with-Long-March-10B-1OF9e3z0u2Y/p.html
Détails techniques de la fusée (moteurs, ergols, charge utile) et du déroulé de la récupération.
Global Times, China enters rocket recovery era as experts highlight breakthroughs of Long March 10B maiden flight (10 juillet 2026)
https://www.globaltimes.cn/page/202607/1365624.shtml
Explications des ingénieurs sur les avantages de la récupération par filet face aux pieds d’atterrissage.




