Grande première pour Boeing sur la fusée Artemis III qui vient de livrer les quatre cinquièmes supérieurs de l’étage principal sans moteur

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Artemis cesse d’être un objet « artisanale » pour devenir un projet industriel.

En Louisiane, Boeing a fait sortir de son usine l’étage central de la mission Artemis III, ou plus précisément ses « quatre cinquièmes supérieurs ». Une structure gigantesque, comprenant les réservoirs d’oxygène et d’hydrogène liquides, prête à entamer un voyage de plus de 1 400 kilomètres vers la Floride.

Un grand pas vers la concrétisation de ce programme qui sera l’ultime répétition générale avant ramener l’Homme où il était il y a presque 60 ans : sur la Lune !

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Boeing livre les quatre cinquièmes supérieurs de l’étage principal de la fusée d’Artemis III

Jusqu’ici, chaque fusée du programme Artemis ressemblait à un prototype. Assemblée lentement, testée dans les moindres détails, elle incarnait encore une logique héritée d’Apollo : celle de missions rares, uniques, presque artisanales.

Ce 20 avril a toutefois été différent puisque pour la première fois que le programme Space Launch System de Boeing a livré un étage central sans sa section moteur, un changement visant à accélérer la production pour les futures missions Artemis.

Les quatre cinquièmes supérieurs de l'étage principal sont constitués de la jupe avant, du réservoir intermédiaire, du réservoir d'oxygène liquide et du réservoir d'hydrogène liquide, tous assemblés, mais sans la section moteur.
Les quatre cinquièmes supérieurs de l’étage principal sont constitués de la jupe avant, du réservoir intermédiaire, du réservoir d’oxygène liquide et du réservoir d’hydrogène liquide, tous assemblés, mais sans la section moteur.

Cela devrait permettre à l’avenir de découpler les étapes de production, d’accélérer les flux, et surtout de préparer une montée en cadence. Autrement dit, passer d’un modèle expérimental à une logique industrielle.

Le gigantesque cylindre métallique a ensuite été chargé sur la barge Pegasus. Direction le Centre spatial Kennedy, où il sera assemblé verticalement avec le reste du lanceur. Ce trajet de 1 448 kilomètres matérialise ainsi une chaîne logistique désormais bien huilée, pensée pour se répéter.

La NASA ne prépare plus une mission exceptionnelle. Elle prépare une série de missions.

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Artemis, ou la reconstruction complète d’une capacité lunaire

Contrairement à son « aïeul » Apollo,  l’ambition d’Artemis dépasse largement le simple fait de retourner sur la Lune. Il s’agit de reconstruire une capacité d’exploration habitée en profondeur, en combinant technologies publiques et privées.

Le cœur du système repose sur le lanceur SLS et le vaisseau Orion mais pour cette missions, tout ne repose pas uniquement cette fois-ci sur les épaules de la NASA qui s’appuie sur un écosystème complexe avec de nombreux intervenants du privé, notamment SpaceX et Blue Origin pour les atterrisseurs lunaires et également sur de nombreux acteurs non-américains (dont de nombreux Français comme nous l’avions vu dans un précédent article).

Ce modèle permet d’aller plus vite, mais introduit aussi une dépendance à des partenaires dont les calendriers et les choix techniques ne sont pas toujours alignés.

Le Space Launch System est la fusée super-lourde de la NASA, conçue pour envoyer le vaisseau Orion vers la Lune dans le cadre du programme Artemis.Haute d’environ 98 à 111 mètres selon les versions, elle peut placer jusqu’à 95 tonnes en orbite basse en version Bloc 1, et plus de 27 tonnes vers la Lune. Son architecture reprend plusieurs héritages de la navette spatiale, dont les moteurs RS-25 et les grands propulseurs d’appoint.

Malgré ses coûts élevés et ses retards, le SLS reste le pilier du retour américain vers la Lune, avec un premier vol réussi en 2022 lors d’Artemis I.
Le Space Launch System est la fusée super-lourde de la NASA, conçue pour envoyer le vaisseau Orion vers la Lune dans le cadre du programme Artemis.
Haute d’environ 98 à 111 mètres selon les versions, elle peut placer jusqu’à 95 tonnes en orbite basse en version Bloc 1, et plus de 27 tonnes vers la Lune. Son architecture reprend plusieurs héritages de la navette spatiale, dont les moteurs RS-25 et les grands propulseurs d’appoint.
Malgré ses coûts élevés et ses retards, le SLS reste le pilier du retour américain vers la Lune, avec un premier vol réussi en 2022 lors d’Artemis I.

Artemis II, le vrai test grandeur nature

Avant de penser à poser le pied sur la Lune, il fallait déjà prouver une chose : être capable d’envoyer des humains au-delà de l’orbite terrestre basse. C’est précisément ce qu’a accompli Artemis II au printemps 2026.

Le 1er avril, quatre astronautes ont décollé à bord du SLS pour une mission de neuf jours. Leur trajectoire les a emmenés à plus d’un million de kilomètres de la Terre, avec un survol de la face cachée de la Lune. Une première depuis plus de cinquante ans !

Tout a été testé dans des conditions réelles : le système de support de vie, la navigation, les communications, et surtout la rentrée atmosphérique à très haute vitesse. La capsule Orion a ainsi encaissé des vitesses supérieures à 39 000 km/h, avec une énergie comparable à celle d’une petite météorite.

Artemis III, une répétition générale avant l’alunissage

Initialement, Artemis III devait marquer le retour des astronautes sur la surface lunaire. Le calendrier a changé début 2026. La mission sera finalement une étape intermédiaire, mais essentielle au programme.

Son objectif est désormais de tester en orbite terrestre basse les opérations critiques entre Orion et les futurs atterrisseurs lunaires. Concrètement, il s’agira de réaliser des rendez-vous orbitaux, des amarrages, puis de vérifier les systèmes de vie, de propulsion et de communication dans des conditions proches de celles d’une mission lunaire.

En choisissant de tester ces interactions en amont, la NASA applique une méthode éprouvée puisqu’Apollo avait fait exactement la même chose avec la mission Apollo 9 en 1969.

Une course mondiale qui ne dit pas encore son nom

Le retour sur la Lune n’est plus seulement un défi scientifique mais un enjeu industriel et géopolitique (comme ce fut déjà le cas dans les années 60 entre États-Unis et URSS).

En 2026, les États-Unis avancent avec Artemis tandis que la Chine développe son propre programme lunaire avec un objectif d’alunissage habité avant 2030.

Depuis 2007, le Programme chinois d’exploration lunaire enchaîne les missions sans échec avec Huit lancements pour autant de succès. Une performance rare dans le spatial.
La série Chang’e a permis à Pékin de cocher, étape après étape, toutes les briques technologiques indispensables : mise en orbite lunaire, alunissage, exploration robotisée… jusqu’au retour d’échantillons sur Terre en 2020, puis à une première mondiale en 2019 avec un atterrissage sur la face cachée de la Lune..

Dans les prochaines années, la Chine vise les régions polaires lunaires, là où se trouvent des réserves de glace d’eau stratégiques dans le but de préparer des missions habitées autour de 2030, avec ses propres lanceurs lourds et un vaisseau de nouvelle génération. Le scénario est déjà dessiné : assemblage en orbite, descente à deux astronautes, puis retour vers une station lunaire.

Autrement dit, une architecture très proche de celle d’Artemis.

La nouvelle « course à la Lune » s’annonce ainsi particulièrement passionnante et bien malin qui saura qui gagnera cette dernière !

Sources :

Ciel & Espace, « Le programme lunaire chinois » (22 novembre 2023)
https://www.cieletespace.fr/dossiers/le-programme-lunaire-chinois
Dossier de vulgarisation détaillant les objectifs, les missions et les avancées technologiques du programme d’exploration lunaire de la Chine.

Boeing News Network, « Artemis III moon rocket rolls out of factory onto barge » (20 avril 2026)
https://onfirstup.com/boeing/BNN/articles/artemis-iii-moon-rocket-rolls-out-of-factory-onto-barge
Article décrivant le transfert de la fusée du programme Artemis III vers une barge, illustrant les étapes industrielles et logistiques du programme lunaire américain.

Wikipédia, « Artemis II » (consulté en avril 2026)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Artemis_II
Présentation de la mission Artemis II, ses objectifs, son équipage et sa place dans le calendrier du programme lunaire Artemis de la NASA.

 

 

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Eric GARLETTI
Eric GARLETTIhttps://www.eric-garletti.fr/
Je suis curieux, défenseur de l'environnement et assez geek au quotidien. De formation scientifique, j'ai complété ma formation par un master en marketing digital qui me permet d'aborder de très nombreux sujets. Depuis 2025 Ambassadeur du Spatial pour le CNES

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