Un contrat autoroutier, puis une station d’épuration stratégique… en quelques jours, le groupe français VINCI a enchaîné deux prises majeures au cœur de l’Europe.
En République tchèque, VINCI vient de décrocher coup sur coup deux chantiers importants pour un montant cumulé de 556 millions d’euros.
D’un côté, une autoroute de 20 kilomètres qui s’inscrit dans un corridor européen stratégique. De l’autre, la modernisation de la principale station d’épuration de Prague.
Deux projets différents, deux univers techniques, mais un point commun : la République Tchèque et une offensive du géant français qui semble accélérer en Europe centrale.
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Plus de 550 millions d’euros en quelques semaines : comment VINCI accélère discrètement sa conquête de l’Europe centrale
Autoroute D11 : un maillon clé entre Prague et la Pologne
Premier contrat, premier symbole.
Dans le nord du pays, VINCI via sa filiale Eurovia CZ va construire le dernier tronçon de l’autoroute D11, entre Jaroměř et Trutnov. Un segment de 20 kilomètres qui vient boucler un axe de 155 kilomètres reliant Prague à la frontière polonaise.
Ce chantier n’est pas une simple route mais un morceau du réseau TEN-T (Trans-European Transport Network), la colonne vertébrale des échanges en Europe.
Le chantier cmprendra :
- 31 ponts, soit 2,5 kilomètres cumulés de structures
- 1 tunnel de 767 mètres
- 20 kilomètres de chaussée neuve
- Démarrage en avril 2026, livraison prévue fin 2029
Un détail intéressant : le chantier intègre 12 kilomètres de murs antibruit et des corridors pour la faune. Aujourd’hui, construire une autoroute ne se limite plus à poser du bitume. Il faut composer avec l’environnement, parfois même négocier avec les animaux !

Une station d’épuration vieille de 50 ans remise à neuf
Pour le deuxième contrat, changement total de décor.
Direction Prague, où VINCI va moderniser la principale station de traitement des eaux usées de la ville pour un montant de 192 millions d’euros. Moins spectaculaire qu’une autoroute ? Pas vraiment.
Cette installation traite les eaux d’une métropole entière (et accessoirement capitale du pays). Elle fonctionne depuis plus de 50 ans mais elle arrive en fin de cycle.
Le chantier est plus important qu’il n’en a l’air :
- 40 structures démolies puis reconstruites
- 8 bassins de décantation entièrement refaits
- 4 autres rénovés
- remplacement complet des technologies de traitement
Durée prévue : 43 mois, à partir d’octobre 2026.
Derrière ces chiffres, un enjeu très concret : traiter mieux, consommer moins d’énergie et limiter l’impact environnemental.
Car une station d’épuration moderne, ce n’est plus seulement un filtre géant. C’est une usine complexe qui doit éliminer les polluants, récupérer certaines ressources et optimiser sa consommation énergétique. Une sinécure en somme !
Le projet prévoit d’ailleurs la réutilisation de matériaux sur site et l’usage d’eaux de pluie et d’eaux recyclées pendant le chantier.
Ce type d’approche devient la norme. L’époque où l’on reconstruisait « à neuf » sans réfléchir est révolue.
Les deux chantiers décrochés en avril 2026 en République Tchèque par VINCI :
| Projet | Localisation | Montant | Enjeu principal | Échéance |
| Autoroute D11 | Nord de la République tchèque | 364 M€ | Transport et logistique européenne | 2029 |
| Station d’épuration | Prague | 192 M€ | Gestion de l’eau et environnement | ~2030 |
Une implantation régionale qui dépasse largement la République tchèque
Ce double contrat n’est pas un coup isolé pour VINCI en Europe centrale et de l’Est qui y est présent dans plusieurs secteurs depuis des années.
En République tchèque, le groupe s’appuie sur une base solide, construite depuis des années autour d’Eurovia CZ. Avec plus de 5 400 salariés, VINCI ne joue plus le rôle d’acteur extérieur et fait partie du paysage de la construction du pays. L’autoroute D11 vient renforcer cette position, en s’inscrivant dans le réseau transeuropéen de transport.
En Hongrie, en Pologne ou dans les Balkans, VINCI multiplie les projets : bâtiments, infrastructures électriques, logistique, ouvrages d’art avec notamment un chantier sur le long terme pour l’aéroport de Belgrade (Serbie), avec 1,5 milliard d’euros d’investissements sur 25 ans (Vinci Airports).
Plus au nord, VINCI participe également à Rail Baltica, un projet colossal de 870 kilomètres de lignes électrifiées reliant les pays baltes. Via sa branche énergie Cobra IS, le groupe pilote une partie des travaux pour environ 885 millions d’euros, avec un calendrier qui court jusqu’à 2030.
En 2024, le groupe dégageait environ 3,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en Europe centrale et orientale, avec plus de 1,2 milliard rien qu’en République tchèque, confirmant son statut de poids lourd du BTP dans cette région du globe.
Sources : Données publiques de VINCI
Image de mise en avant : la station d’épuration de Prague bientôt rénovée par VINCI pour 192 millions d’euros.




